"Traverser le corps de la mère"... "apprendre à écrire sous son nom". Refus du "oui".

Publié le par Claire (C.A.-L.)

Ce n'est pas compliqué...
Ce genre de texte...
J'adore ! Eh oui ! On n'en sort pas 
Dévotement et sans recul. Paradoxalement. Mais tant pis
  Trouvé sur 
                                  http://www.maulpoix.net/autobiographie.html
                                                                      AMOUR DU NOM ET TRAVAIL DU NOM
                                                                  ( Amour et travail du non. Refus absolu du oui )
La verticalité lyrique est solidaire du travail du nom, ou plutôt de ce que Martine Broda appelle " l'amour du nom ". Car le nom est nom du père, nom propre, nom où s'instaure et se nomme le propre, surtout quand il devient nom d'écrivain. Or Claude Royet Journoud intitule l'une des sections de La notion d'obstacle " Le travail du nom ". On y trouve notamment ces mots:
ensevelissement de la filiation! Masque; Le travail au noir de l'écriture est ici travail pour se soustraire " à l'enveloppement biographique " tel que s'y livrent maints lyriques. Manière obstinée, répétitive et théâtrale de faire en sorte que " les chambres refroidissent dans l'énigme ". Ce geste d'atterrement qui ramène tout au noir entend précisément substituer de l'horizontalité (planitude) à la verticalité (plénitude). S'établir à distance, entretenir la surface, travailler la page comme un sol, telle est ici la seule façon de forcer et de traverser " le corps de la mère ". Il s'agit d'apprendre à " écrire sous son nom "
Mais écrire sous son nom, c'est précisément s'efforcer de se libérer de tout un héritage symbolique qui contraint et qui parasite. C'est violemment s'en prendre à l'enveloppement du corps de la mère tel qu'il retient aussi bien dans une nasse de signes convenus ou imposés. Il s'agit alors de pratiquer un systématique " épierrage du jardin familial ", de désencrasser et de " nettoyer la langue ", cela afin de " parvenir à se réveiller " ainsi que l'aurait dit Michaux. Le poète littéraliste se constitue en " spectateur d'une annulation " pour reprendre le titre d'un ouvrage de Royet-Journoud intitulé Le Renversement , qui précisément s'ouvre par ces mots : sans offrandes ni traversée parentale  hors de l'écart  hors de l'implosion rurale

Désireux de ne pas mentir et de simplement faire face à " ce qui est devant nous ", le poète littéraliste procède à une espèce d'effacement génétique.
Ecrire sous son nom c'est écrire dans le neutre, se déprendre du symbolique et signer en définitive de son propre nom cette " approche difficile ".


Publié dans citations. Notes.

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