Extrait d'un article de Guy Massat trouvé ''à l'époque ...en 2012''sur le site psychanalyse.com sous le titre ''Artémis d’Éphèse, déesse de la castration''. Du même auteur sur le site psychaanalyse.com ''Mythe, psychanalyse et mythologie'' Lien 3 fr.wikipedia.org la déesse, sa représentation; lien 4 : la Diane d'Ephèse de Danièle Vogler, claireantoine.com

Publié le par Claire

Guy Massat, « Artémis d’Éphèse, déesse de la castration », cinquième séance du séminaire « Psychanalyse et Mythologie » au Cercle psychanalytique de Paris, le jeudi 22 février 2007.

Artémis c’est donc la coupure la plus élevée c’est-à-dire celle qui produit le langage, la richesse, l’expansion, la division créatrice.

Artémis d’Éphèse est d’Éphèse, ville célèbre pour avoir donné Héraclite,

il décrit  la dérive de l'humanité à travers sa violence aveugle qu'elle soit militaire, politique, financière et dénonce la perpétuation de la souffrance, dans une confusion où se côtoient indistinctement le meilleur et le pire, les découvertes médicales et les atrocités de la guerre, et toute autre forme d'injustice qui se répète au travers des siècles                                             

 philosophe du devenir, le premier a avoir défendu le discours inconscient... 

...Topos, logos, topologie signifie ici que ce sont les mots qui créent les lieux, et non l’inverse. Le discours, le logos, est le devenir qui fait apparaître les lieux, comme l’a si bien enseigné Héraclite, le premier psychanalyste...
... Mais, résumons-nous : Il y a différentes castrations. Celles qui ne sont que des amputations : comme celle de Cronos et d’Atropos ; et celle qui est productrice, la castration créatrice d’abondance et de richesse, la castration du langage figurée par Artémis. C’est la coupure mobile entre signifiant et signifié, la castration du devenir à laquelle sont soumis les signifiants et les signifiés, les sons et les sens.

C’est cette castration qui dans l’inconscient réalise le terme du désir en nous faisant accéder à la jouissance. Jouissance qui n’est pas suivie de culpabilité parce qu’elle nous laisse vierge au sens mythologique.

Celui qui est passé par cette castration est délivré de son complexe d’inhibition et peut assurer véritablement l’acte sexuel. C’est ce qu’enseigne Lacan et Artémis. Il n’y a de castration que par effets de langage. C’est ce que Lacan appelle « le plus de jouir ». Puisque le sujet se trouve sans cesse renvoyé d’un signifiant à un autre signifiant, il ne peut se situer réellement que dans la coupure entre les signifiants. Et par là il se révèle être un « être sans essence » dans un devenir heureux. Le mythe d’Artémis et la pensée d’Héraclite, prônent donc la castration vivifiante du langage qui nous réconcilie avec la jouissance créatrice du devenir.

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