(Ecriture en légère transformation) Saynète satirique, provocatrice, qui joue sur un absurde ringard sur 9 mots ( transformation d'un slam pour Nancy de novembre 2019 en lien claireantoine.com)
Saynète satirique, provocatrice, qui joue sur un absurde ringard,
à partir des 9 mots suivants : minou/blanc/dindon/ventre/bingo wings/rides/varices/truelle/seins.
destinée à une fillette imaginaire qui évidemment n’est pas obligée d’écouter.
Genre : critique sociale du regard porté sur les femmes, leur corps, leur vieillissement, et les injonctions normatives.
5 Voix : Narratrice : ton complice, ironique, parfois grave /Persécuteur : voix doucereuse, condescendante, parfois agressive/Fillette / femme : voix évolutive, de l’innocence à la révolte/Apartés : chuchotés, murmurés, ou au contraire très directs/Voix ‘’sourde’’ / chœur final : grave, collective, presque slamée.
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Tout commencerait quand tu serais encore un bébé :
- Oh ! comme elle a grandi, tous les jours un centimètre de plus…,
- On pourra bientôt parler, découvrir le monde ensemble, je te montrerai, tu verras…
10 ans plus tard... :
- Elle est grande, maintenant !!
- Alors ? Les garçons ? Tu as un chéri ?
Et puis elle grandirait, elle grandirait... Et "On" lui parlerait de ses seins, « des petits bouts de [s]a peau bien cachée… que les autres n’ont pas touchés… », comme aurait dit, ce miso. de Brassens.
Et là, comme elle est grande, elle argumenterait avec un de ces "...ons":
- Oh ! Je sais, tu dis ça juste juste pour pouvoir toi y toucher toi... ! Salop, obsédé, persécuteur...
Là, le persécuteur expliquerait en aparté
- Elle ne comprend généralement pas tout tout de suite. Il faut lui expliquer
- et il lui expliquerait à elle - Ma chérie, c'est le progrès ! Contre l'obscurantisme, les préjugés des sales ''...ons'' de rétrogrades.
- Progrès, progrès ...lui dirait-il aussi, en chantonnant, cette fois tu crois au progrès, non ? Tu n'es pas ''...onne'' à ce point-là
- À nouveau en aparté - Elle y arrivera, petit à petit... Mais, oui ! Il ne faut pas brusquer le peuple ou ses équivalents...ils finissent tous, pour tout, toujours par dire, par confier à un·e journaliste : ''Oui, au début c'était un peu rude, mais j'ai adoré, ''ça s'est bien passé...'', une expérience de plus ! Merci merci merci.'' - Continuer à faire reculer les pudeurs, forcer l’intimité, voilà ma mission civilisatrice, finirait-il peut-être par par …avouer.
Et à elle - "Mais tout est bien, normé normal, ma chérie, ma petite oie blanche…" - Eh ! lui répondrait la chérie, Toi Dindon... et moi Dinde ? Tu te moques de moi ?
Elle le regarde, yeux clairs, cœur lourd. Il parle de progrès, elle entend contrôle. Il dit "liberté", elle voit "invasion".
"Après qu’on a tout montré, tout touché… il reste quoi ?"
Elle sent qu’on lui vend l’intime comme un produit.
Qu’on lui dit "t’es belle"
mais qu’on pense "t’es utile".
Et quand elle vieillit ?
On lui propose des retouches,
des filtres,
des bistouris.
Hein ? Bref ! conclurait la chérie en voulant devancer sa réponse à lui pour s'éviter à elle la blessure de le voir satisfait de formuler des vach...ies sous la forme de banales évidences, après... il n'y a plus rien, après...
- Mais enfin, s'acharnerait encore alors le persécuteur, qui refuserait bien évidemment qu'elle ait le dernier mot, tu ne t'imagines quand même pas être la seule à pouvoir me satisfaire, moi qui suis ..Merde, je n'ai pas la prostate...Bon ! On arrête là. Tu comprends. Allez ! Salut ! Bon vent…"C'est la vie, Chérie..."
Elle accuserait quand même le coup, avant qu'il continue (Pff ! Quand il est lancé, lui...)
- Je vois à ton petit visage crispé ...
(courte interruption de la réplique directe), en aparté - Je n'aime pas, ça, elle n'était pas comme ça au début où je l'ai connue,
... Babie, je vois que tu m’en veux. Arrête ! Tu me fais flipper. Je suis juste honnête, ( c'est ce qu'on s'est fixé, comme règle, à nos débuts : jamais de mensonges, entre nous ) et je te le dis : Ça m’intéresse plus, c'est quoi ''ce judéo-christianisme'' ( y paraît que c'est faux, complètement, ce double adjectif descriptif, que ça ne correspond pas au vrairéel et tout...Mais je ne trouve pas mieux. Ohohohoh tu ne cherches pas... ) dans tes yeux ? Tu vois, j’ai pu de désir, tu t'en es rendu compte. Tu me fais pu rêver, quoi. Aujourd'hui, tu peux comprendre ça, non ? J’ai besoin de nouveauté, d’espaces vierges...Mais ne sois pas triste, chérie, tu veux un mouchoir ?
Vous, je vois que vous pensez : "En effet, c’est triste !!!!"
Et là, je vous réponds : "Peut-être, sur le coup, mais ..."
Ecoutez-la continuer :
"Allez, c'est bon, c’est bon. Fous le camp ''...onnard.''
Va "cueillir un nouveau jour" ailleurs...
Et s'appuyant maladroitement sur des autorités incontestées, elle ajouterait encore :
De toutes façons Juliette Greco
L’avait bien dit : "Si tu t’imagines fillette fillette
K’ça va k’ça va k’ça va k'ça va va va va durer toujours"...
Bon tu vois le tableau, ''fillette…''
Hein ?
Après avoir grandi, tu "stagnes" un peu, tu te la coules douce, tu es belle, jeune, c'est cool, la belle vie, pourrais-tu croire...
Mais, à la manière du jour qui, après le solstice d’été, s’attarde, avant de commencer inéluctablement "à raccourcir", (chez une femme on dit "à vieillir") tu entames ta descente vers l’hiver,
(Une voix rauque/sourde intervient) - Le ver était dans le fruit... Sauf que ta comparaison est ''...on'' (En fait, là j'enlève le dernier mot et je case, ‘’minou", sinon je ne saurais pas où le mettre). En effet, dans la nature, l’année suivante tout recommence … Elle a de la chance, la nature, avec son ''éternel recommencement'', enfin tant qu’on ne l’a pas remplacée par du béton, qui lui s’en fiche, clairement, des saisons.
Mais alors... ( !!! ) peut-être que nous aussi, les femmes, si on était remplacées par du PVC, de la fibre de quelque chose de solide, enfin je sais pas, moi, on resterait toujours fraîches et roses, sans rides, sans varices. Ce serait chouette ! (Il faut creuser l’idée, les gars à la truelle, pour les finitions)
Ça simplifierait tout...
Reprenons, parce que, toi, fillette, oui, toi, après avoir tant espéré grandir
Tu commences à percevoir
Que, comme si c’était un autre côté de la montagne que tu viens de gravir…toute ravie,
Tu es dans la descente...
Que, changement de décor... Tu as vieilli...
Mais alors au lieu de te laisser tranquillement assumer tes vergetures, tes petits bourrelets, tes ridules d’expression, "On" te conseille de te "refaire une beauté"... de confier tes organes et ta peau à la chirurgie pour tenter de corriger cette affreuse image de vieille qui colle à ta peau décollée, façon bingo wings…, qu’ils disent.
Comme si ses bras étaient des blagues.
Comme si ses rides étaient des fautes.
Alors elle dit : ‘’C’est bon, c’est bon "Fous le camp, ...onnard."
« Ailes de bingo » ! Cette image violente, sexiste, agressive, méprisante pour les femmes et les animaux ailés, dont je vous donne - tant pis pour ceux qui savent - ce que j’en ai trouvé comme définition dans un "Dictionnaire" dit « urbain » !!!
L'urbanité représentant aujourd'hui, la douceur de vivre dans le global, réconcilié avec le local (des pêcheurs du bord du canal coin coin... ).
C'est bon, j'y vais, mais vous n'allez pas le croire !
Ailes de Bingo ... : "Chair lâche ( genre : "nous on n'aime pas les balances"), et flasque ( genre : "flasque de rhum qui pend à la selle " ?) au niveau du bras de femmes , (généralement) grosses en blouses bon marché à manches courtes qui fréquentent les salles de bingo. Le développement des ailes peut être accéléré selon les experts nutritionnistes, en consommant de grandes quantités de Coca et de hamburgers".
Ça fait rêver, hein, les gars ( terme ‘’neutre’’, si l’adjectif a un ‘’sens’’, pour dire girls and boys)
"Courage fuyons" vous dites-vous peut-être ?
Moi, c'est ce que je fais, je tire ma révérence.
Elle se lève, elle s’en va pour cueillir un nouveau jour.
Dans la rue, elle crie avec les autres : "Je m’en bats lèk."
Claire
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