Texte-Slam un peu théâtral avec 9 mots ( minou/blanc/dindon/ventre/bingo wings/rides/varices/truelle/seins) sur le thème du vieillissement de la femme

Publié le par Claire Antoine

Texte-Slam un peu théâtral  avec 9 mots ( minou/blanc/dindon/ventre/bingo wings/rides/varices/truelle/seins) sur le thème du vieillissement de la femme

 À l'occasion de l'anniversaire de Christine Kirmann, du bar "Le Royal" à Nancy, ce petit texte à partir des 9 mots ( minou/blanc/dindon/ventre/bingo wings/rides/varices/truelle/seins) qu'elle a proposés et dont nous avons été nombreux à nous emparer.

Voici le mien qui peut être assez, heu... un peu long et confus, difficile à lire et à entendre quand on est un tant soit peu logique, et rationnel, mais bon ..., je le publie quand même, parce qu'il m'amuse... et que c'est déjà ça de pris... 

 

     À une petite fille imaginaire qui, évidemment, n'est pas obligée d'écouter 

Tout commencerait quand tu serais encore un bébé                                                                  

- Oh ! comme elle a grandi, tous les jours un centimètre de plus…,

- On pourra bientôt parler, découvrir le monde ensemble, je te montrerai, tu verras…

10 ans plus tard...

- Elle est grande, maintenant !!

- Alors ? Les garçons ? Tu as un chéri ?

Et puis elle grandirait, elle grandirait... Et "On" lui parlerait de ses seins, « des petits bouts de [s]a peau bien cachée… que les autres n’ont pas touchés… », comme aurait dit, ce miso. de Brassens.

              Et là, comme elle est grande, elle argumenterait avec un de ces "...ons":

 - Oh ! Je sais, tu dis ça juste juste pour pouvoir toi y toucher toi... ! Salop, obsédé, persécuteur...                                   Là, le persécuteur expliquerait en aparté - Elle ne comprend généralement pas tout tout de suite. Il faut lui expliquer                                                                                                                                                                           - et il lui expliquerait à elle - Ma chérie, c'est le progrès ! Contre l'obscurantisme, les préjugés des sales ''...ons'' de rétrogrades. 

- Progrès, progrès ...lui dirait-il aussi, en chantonnant, cette fois tu crois au progrès, non ? Tu n'es pas ''...onne'' à ce point là ?                                                                                                                                                                     - À nouveau en aparté - Elle y arrivera, petit à petit... Mais, oui ! Il ne faut pas brusquer le peuple ou ses équivalents...ils finissent tous, pour tout, toujours par dire, par confier à un·e journaliste : ''Oui, au début c'était un peu rude, mais j'ai adoré, ''ça s'est bien passé...'', une expérience de plus ! Merci merci merci.''                                   - Continuer à faire reculer les pudeurs, forcer l’ intimité, voilà ma mission civilisatrice, finirait-il peut-être par par avouer.                                                                                                                   Et à elle - "Mais tout est bien, normé normal, ma chérie, ma petite oie blanche…"                                                            - Eh ! lui répondrait la chérie, Toi Dindon... et moi Dinde ? Tu te moques de moi !!! Et après et après quand tout aura été montré, de ce qui était caché… Il se passera quoi ?  Hein ? Bref !, conclurait la chérie en voulant devancer sa réponse à lui pour s'éviter à elle la blessure de le voir satisfait de formuler des vach...ies sous la forme de banales évidences, après... il n'y a plus rien, après...

- Mais enfin, s'acharnerait encore alors le persécuteur, qui refuserait bien évidemment qu'elle ait le dernier mot, tu ne t'imagines quand même pas être la seule à pouvoir me satisfaire, moi qui suis ..Merde, je n'ai pas la prostate...Bon ! On arrête là. Tu comprends. Allez ! Salut ! Bon vent…"C'est la vie, Chérie..." 

Elle accuserait quand même le coup, avant qu'il continue ( Pff ! Quand il est lancé, lui...

- Je vois à ton petit visage crispé ...

(courte interruption de la réplique directe), en aparté - Je n'aime pas, ça, elle n'était pas comme ça au début où je l'ai connue, 

... Babie, que tu m’en veux. Arrête ! Tu me fais flipper. Je suis juste honnête, ( c'est ce qu'on s'est fixé, comme règle, à nos débuts : jamais de mensonges, entre nous ) et je te le dis : Ça m’intéresse plus, c'est quoi ce judéo christianisme dans tes yeux ? Tu vois, j’ai pu de désir, tu t'en es rendu compte. Tu me fais pu rêver, quoi. Aujourd'hui, tu peux comprendre ça, non ? J’ai besoin de nouveauté, d’espaces vierges...Mais ne sois pas triste, chérie, tu veux un mouchoir ? 

Vous, je vois que vous pensez : "En effet, c’est triste !!!!"

Et là, je vous réponds : "Peut-être, sur le coup, mais ..."

Ecoutez-la continuer :

"Allez, c'est bon, c’est bon, fous le camp ''...onnard.''

Va "cueillir un nouveau jour" ailleurs...

Et s'appuyant maladroitement sur des autorités incontestées, elle ajouterait encore : 

De toutes façons Juliette Greco

L’avait bien dit : "Si tu t’imagines fillette fillette

K’ça va k’ça va k’ça va k'ça va va va va durer toujours"... 

Bon tu vois le tableau, ''fillette…''

Hein  ? 

Après avoir grandi, tu "stagnes" un peu, tu te la coules douce, tu es belle, jeune, c'est cool, la belle vie, pourrais-tu croire...

Mais, à la manière du jour qui, après le solstice d’été, s’attarde, avant de commencer inéluctablement "à raccourcir", ( chez une femme on dit "à vieillir") tu entames ta descente vers l’hiver, 

(Une voix rauque intervient) - Le ver était dans le fruit... Sauf que ta comparaison est ''...on'' (En fait, là j'enlève le dernier mot et je case" ici, minou", sinon je ne saurais pas où le mettre). En effet, dans la nature, l’année suivante tout recommence … Elle a de la chance, la nature, avec son ''éternel recommencement'', enfin tant qu’on ne l’a pas remplacée par du béton, qui lui s’en fiche, clairement, des saisons.

Mais alors... ( !!! ) peut-être que nous aussi, les femmes, si on était remplacées par du PVC, de la fibre de quelque chose de solide, enfin je sais pas, moi, on resterait toujours fraîches et roses, sans rides, sans varices. Ce serait chouette ! (Il faut creuser l’idée, les gars à la truelle, pour les finitions)

Ça simplifierait tout...

Reprenons, parce que, toi, fillette, oui, toi, après avoir tant espéré grandir

Tu commences à percevoir

Que, comme si c’était un autre côté de la montagne que tu viens de gravir…toute ravie,

Tu es dans la descente...

Que, changement de décor... Tu as vieilli...

Mais alors au lieu de te laisser tranquillement assumer tes vergetures, tes petits bourrelets, tes ridules d’expression, "On" te conseille de te "refaire une beauté"... de confier tes organes et ta peau à la chirurgie pour tenter de corriger cette affreuse image de vieille qui colle à ta peau décollée, façon bingo wings…

« Ailes de bingo » ! Cette image violente, sexiste, agressive, méprisante pour les femmes et les animaux ailés, dont je vous donne - tant pis pour ceux qui savent - ce que j’en ai trouvé comme définition dans un "Dictionnaire" dit « urbain » !!! 

L'urbanité représentant aujourd'hui, la douceur de vivre dans le global, réconcilié avec le local (des pêcheurs du bord du canal coin coin... ). 

C'est bon, j'y vais, mais vous n'allez pas le croire ! 

Ailes de Bingo ... :  "Chair lâche( genre "nous on n'aime pas les balances"), et flasque ( genre "flasque de rhum qui pend à la selle")  au niveau du bras de femmes , (généralement) grosses en blouses bon marché à manches courtes qui fréquentent les salles de bingo.  Le développement des ailes peut être accéléré en consommant de grandes quantités de Coca et de hamburgers".

Ca fait rêver, hein, les gars !

"Courage fuyons" vous dites-vous peut-être ?

Moi, c'est ce que je fais, je tire ma révérence

et  « je m’en bats lèk »

comme le clament les jeunes filles, aujourd'hui, dans les rues des villes

 

Claire Antoine, Août, pour novembre 2019

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :