En marge des questions sur la ''fin de vie'', en voilà d'autres... - Vocabulaire : ''le transhumanisme'' : entre ''humanisme'',''hyperhumanisme'' et ''posthumanisme : une perspective anthropologique repensée..' 2 liens 1) books.openedition.org, très bon article d' Elaine Després : ''Quand l'humanité diverge Posthumanités''; 2) la couverture du livre de J-B Zeke ''Loi naturelle et post-humanisme'
Elaine Després, Université de Montréal :''Quand l’humanité diverge. La spéciation des posthumains''
En dépit de leurs différences biophysiologiques, qui constituent la mosaïque de l’humanité, les hommes disposent tous, en leur for intérieur, d’une intuition du bien : bien en direction duquel l’humanité est appelée à travailler par le biais de l’intelligence et de la raison.
La posthumanité (les posthumanités) s’inscri(ven)t dans une réflexion sur le devenir humain, sur les transformations physiologiques, cognitives, génétiques ou technologiques de ce que nous sommes, soulevant la question de notre définition en tant qu’espèce et celle de nos limites, qui formeraient la frontière au-delà de laquelle nous ser(i)ons autre chose.
(Par opposition à un hyperhumanisme : pour plus d'humanisme grâce aux hyperliens qui augmentent la conscience planétaire en temps réel. Notion que j'évoquerai à un autre moment.)
En commun : ''l'humanisme''
Deux mouvements critiques émergent : le post-humanisme et le transhumanisme
Le post-humanisme est un courant de pensée né à la suite des grandes tragédies du xxe siècle (holocauste, génocides, bombe atomique). Il est notamment issu des champs de la science-fiction, de l'art contemporain et de la philosophie.
Il s'inscrit dans une critique de la définition de l'Homme, ''universaliste'', émanant des Lumières, produite par des sujets européens, masculins et privilégiés qui soutiennent la suprématie de l'Homme sur son environnement. Son pouvoir doit être remis en question, car il mène l'humanité à sa perte (catastrophe naturelle, épuisement des ressources), engendrant des traumatismes et des catastrophes naturelles qui mettent en danger la pérennité de l'humanité et son habitat.
C'est là qu'une redéfinition des rapports relationnels qu'entretient l'être humain avec la nature et les espèces non humaines ( une déhiérarchisation entre les êtres vivants et leurs environnements techniques, sociaux, culturels et écologiques qui comprend une remise en question des dualismes entre Nature/Culture, Homme/Animal, Homme/Machine) est nécessaire pour envisager un concept d'être humain qui puisse aller au-delà d'une vision anthropocentrique, aujourd'hui complètement dépassée, du monde. Il remet en question les notions d'humains et de non-humains.
Traitant ainsi aussi du rapport de l'humain aux technologies (biotechnologies incluses) et du changement radical et inéluctable que cette relation a provoqué ou risque de provoquer dans l'avenir, le post-humanisme imagine un nouveau système de valeurs pour des êtres nouveaux qui bénéficieront des technologies ''d'augmentation'' de l'être humain. Et pour cela, il faut réviser ses conceptions ''sociologiques, éthiques, politiques et culturelles dans son rapport avec lui-même et la machine''.
Le résultat du mouvement naturel de l'évolution des espèces ?
Pour Jean-Paul Baquiast le post-humanisme va de soi, indépendamment des contextes historico-politiques : ''c'est un produit de l'évolution biologique darwinienne[...], un ''changement inévitable qu'impose aux sociétés traditionnelles le développement explosif et multiforme des sciences et des techniques, notamment dans le domaine du numérique et de l'artificiel''.
Si l’homme est actuellement le seul représentant du genre ''Homo'', le paléoanthropologue Pascal Picq explique qu' '' il y a 40 000 ans(...)il y avait sur cette Terre plusieurs espèces d’hommes, c’est-à-dire biologiquement différentes, mais […] tout aussi humaines. Ils s'échangeaient des outils, des parures.'' Ils cohabitaient. Le processus de spéciation*, par lequel pourrait advenir une posthumanisation, conduit logiquement au retour d’une telle cohabitation.
*La spéciation posthumaine fait référence à la transformation de l'humanité en raison des avancées technologiques et des innovations. Elle soulève des questions sur la définition de l'espèce humaine et ses limites, posant des questions sur notre rapport aux technologies et à la nature de l'humain. (cf. transhumanisme, cyborgisation, quand l'humanité pourrait évoluer au-delà de ses limites physiques et mentales, entraînant des changements radicaux dans notre perception de l'existence humaine.
Les premières représentations du post-humain sont ''littéraires'', nés de la science-fiction, notamment de la dystopie et , au XXIe siècle de la fiction cyberpunk, où apparaissent des humains « connectés », mi-hommes, mi-machines qui s'organisent en société, ce sont ''des espèces qui transcendent l'humain par ses capacités d'action et son degré de liberté''.
Les utopies post-humaines nous obligent à affronter ces questions à l'endroit où se joue la grandeur de l'humain
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