En marge des questions sur la ''fin de vie'', en voilà d'autres... - Vocabulaire : ''le transhumanisme'' : entre ''humanisme'',''hyperhumanisme'' et ''posthumanisme : une perspective anthropologique repensée..' 2 liens 1) books.openedition.org, très bon article d' Elaine Després : ''Quand l'humanité diverge Posthumanités''; 2) la couverture du livre de J-B Zeke ''Loi naturelle et post-humanisme'

Publié le par Claire Antoine

En dépit de leurs différences biophysiologiques, qui constituent la mosaïque de l’humanité, les hommes disposent tous, en leur for intérieur, d’une intuition du bien : bien en direction duquel l’humanité est appelée à travailler par le biais de l’intelligence et de la raison.

En dépit de leurs différences biophysiologiques, qui constituent la mosaïque de l’humanité, les hommes disposent tous, en leur for intérieur, d’une intuition du bien : bien en direction duquel l’humanité est appelée à travailler par le biais de l’intelligence et de la raison.

La posthumanité (les posthumanités) s’inscri(ven)t dans une réflexion sur le devenir humain, sur les transformations physiologiques, cognitives, génétiques ou technologiques de ce que nous sommes, soulevant la question de notre définition en tant qu’espèce et celle de nos limites, qui formeraient la frontière au-delà de laquelle nous ser(i)ons autre chose. 

                                              Prise de notes panachées : bricolage
 
Le post-humanisme et le trans-humanisme sont des courants de pensée qui s'intéressent à l'impact que les nouvelles technologies et la science pourraient avoir sur la vie humaine : des utopies technologiques toxiques ?
                               Redéfinir l'humain/réécrire ''notre société'' ou revenir à l'animal biologique ? 
(Par opposition à un hyperhumanisme : pour plus d'humanisme grâce aux hyperliens qui augmentent la conscience planétaire en temps réel. Notion que j'évoquerai à un autre moment.) 
                                                             En commun : ''l'humanisme''
 
Ce courant de pensée, artistique et culturel qui s'est développé en Europe à la Renaissance. Il se caractérise par un retour aux approches gréco-romaines de la civilisation qui occulte le long Moyen-Âge plutôt religieux. Penser que l'Homme est moteur de toute chose, mettre l'accent sur l'importance de ses capacités intellectuelles, c'est s'éloigner de l'idée de ''Création divine''. S'éloigne ainsi celui qui ''créa l'Homme à son image'' et qui a son projet pour une humanité ''dont la postérité sera aussi nombreuse que le sable de la mer''.
 
Quand arrivera la période appelée celle ''des Lumières'', (anthropocentrée) loin de ''l'obscure'' religieux devenu ''obscurantisme'', la figure d'un humain détaché de la volonté divine et qui avance, progresse en s'appuyant uniquement sur sa raison et ses capacités intellectuelles pour représenter la réalité et se représenter lui-même, comme libre, sera validée par les intellectuels et les scientifiques.
 
                           Aujourd'hui, les définitions des concepts venus ''des Lumières'' vacillent un peu...
 
En fait, ils se métamorphosent au vu des avancées technologiques et scientifiques (par le génie génétique par exemple) qui ne cessent de pousser plus loin les réflexions sur la notion d'Humain/humanité. 
 
                                  ''L'humanisme en évolution'' ... À la fin de son histoire ?
 
''Le vieil humanisme reste-t-il une philosophie pertinente, ou doit il être ressourcé, réinventé, voire abandonné ?'', Hervé Fischer 
''Les discours bio-catastrophistes dominent le monde […] la nature humaine serait menacée dans tous ses aspects : procréation, sexualité, alimentation, vieillissement, mort… L'humanité serait appelée à disparaître […]. La post-humanité [serait] inhumanité''...Mais l'éthique a vocation à explorer et affiner de nouveaux modes d'être. Cela relève de la responsabilité de tous'', Dominique Lecourt.

              Deux mouvements critiques émergent : le post-humanisme et le transhumanisme
 
                             Le pos-thumanisme une proposition de redéfinition des ''sciences humaines''.

Le post-humanisme est un courant de pensée né à la suite des grandes tragédies du xxe siècle (holocauste, génocides, bombe atomique). Il est notamment issu des champs de la science-fiction, de l'art contemporain et de la philosophie. 

Il s'inscrit dans une critique de la définition de l'Homme, ''universaliste'', émanant des Lumières, produite par des sujets européens, masculins et privilégiés qui soutiennent la suprématie de l'Homme sur son environnement.  Son pouvoir doit être remis en question, car il mène l'humanité à sa perte (catastrophe naturelle, épuisement des ressources), engendrant des traumatismes et des catastrophes naturelles qui mettent en danger la pérennité de l'humanité et son habitat.

C'est là qu'une redéfinition des rapports relationnels qu'entretient l'être humain avec la nature et les espèces non humaines ( une déhiérarchisation entre les êtres vivants et leurs environnements techniques, sociaux, culturels et écologiques qui comprend une remise en question des dualismes entre Nature/Culture, Homme/Animal, Homme/Machine) est nécessaire pour envisager un concept d'être humain qui puisse aller au-delà d'une vision      anthropocentrique, aujourd'hui complètement dépassée, du monde.   Il remet en question les notions d'humains et de non-humains.

Traitant ainsi aussi du rapport de l'humain aux technologies (biotechnologies incluses) et du changement radical et inéluctable que cette relation a provoqué ou risque de provoquer dans l'avenir, le post-humanisme imagine un nouveau système de valeurs pour des êtres nouveaux qui bénéficieront des technologies ''d'augmentation'' de l'être humain. Et pour cela, il faut réviser ses conceptions ''sociologiques, éthiques, politiques et culturelles dans son rapport avec lui-même et la machine''. 

                           Le résultat du mouvement naturel de l'évolution des espèces  ?

Pour Jean-Paul Baquiast le post-humanisme va de soi, indépendamment des contextes historico-politiques : ''c'est un produit de l'évolution biologique darwinienne[...], un ''changement inévitable qu'impose aux sociétés traditionnelles le développement explosif et multiforme des sciences et des techniques, notamment dans le domaine du numérique et de l'artificiel''.   

Si l’homme est actuellement le seul représentant du genre ''Homo'', le paléoanthropologue Pascal Picq explique qu' '' il y a 40 000 ans(...)il y avait sur cette Terre plusieurs espèces d’hommes, c’est-à-dire biologiquement différentes, mais […] tout aussi humaines. Ils s'échangeaient des outils, des parures.'' Ils cohabitaient. Le processus de spéciation*, par lequel pourrait advenir une posthumanisation, conduit logiquement au retour d’une telle cohabitation.

*La spéciation posthumaine fait référence à la transformation de l'humanité en raison des avancées technologiques et des innovations. Elle soulève des questions sur la définition de l'espèce humaine et ses limites, posant des questions sur notre rapport aux technologies et à la nature de l'humain. (cf. transhumanisme, cyborgisation, quand l'humanité pourrait évoluer au-delà de ses limites physiques et mentales, entraînant des changements radicaux dans notre perception de    l'existence humaine.        

           
                                                           Apparition du post-humain

Les premières représentations du post-humain sont ''littéraires'', nés de la science-fiction, notamment de la dystopie et , au XXIe siècle de la fiction cyberpunk, où apparaissent des humains « connectés », mi-hommes, mi-machines qui s'organisent en société, ce sont ''des espèces qui transcendent l'humain par ses capacités d'action et son degré de liberté''.

 
Alors, si la science-fiction d'hier devient notre réalité, comment préserver une définition de l'humain qui n'ait pas honte de lui, honte d'être seulement un pauvre humain-humaniste, ''non augmenté''... (cf. Anders)
 
(Entre parenthèses, refuser le progrès technique au nom de l'humanisme n'est-ce pas manquer de profondeur dans sa réflexion, ou même d'intelligence, puisque la technique permet, effectivement, à l'homme d'être libre et de s'arracher à la nature ?  C'est permettre enfin à ''l'esprit de triompher de la nature'')

 Les utopies post-humaines nous obligent à affronter ces questions à l'endroit où se joue la grandeur de l'humain
 
                                                             Le trans-humanisme 
 
Pour certains nous serions actuellement des transhumains, en transition vers un statut de post-humain.
Trans souligne la phase intermédiaire du corps en dépassement de sa condition humaine
Post se réfère aux entités dont les limites du corps seraient augmentées, voire dépassées de manière radicale.
Le trans-humanisme pense/repense la condition humaine à une ère de l'augmentation technologique.
Seconde critique de l'humanisme, le transhumanisme est davantage un courant culturel et intellectuel.                        Les transhumanistes ont plutôt tendant à considérer les nouvelles technologies comme une occasion d'améliorer la condition humaine. Ainsi, l'ensemble des évolutions technologiques et scientifiques est plutôt considéré comme une opportunité pour éviter le vieillissement et éloigner la mort en allant bien plus loin qu'avec la cryogénisation.
 
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