Première étape - Pour une réflexion sur le transhumanisme : religion ? Philosophie ? 2 liens 1) academia.edu, article de Paulo Rodrigues : ''Anthropologie chrétienne et transhumanisme''; 2) books.openedition.org : Jean-Michel Besnier, Édouard Kleinpeter ''Transhumanisme : une religiosité pour humanité défaite'' et couverture du livre de Yohan Picquart ''Le transhumanisme vu par les Chrétiens'
Anthropologie chrétienne et transhumanisme
Anthropologie chrétienne et transhumanisme. L'être humain a été " créé créateur " par Dieu. Son pouvoir créateur s'exerce sur le cosmos et sur lui-même, en configurant sa propre existence ...
https://www.academia.edu/40629116/Anthropologie_chre_tienne_et_transhumanisme
La théologie chrétienne se voit ici interpellée par une problématique inédite. La question anthropologique la concerne : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » (Ps 8,5).
Transhumanisme : une religiosité pour humanité défaite Entretien de Jean-Michel Besnier avec Édouard Kleinpeter le 28 février 2013 Jean-Michel Besnier
Quelques notes
Le transhumanisme suscite une pluralité d’interprétations contradictoires : religion ? philosophie ? Essai de définition(s)/éclaircissement(s) :
''Le transhumanisme encourage sur base volontaire l’amélioration ou l’augmentation des capacités et facultés physiques et psychologiques de l’individu par tous les moyens technoscientifiques, indéfiniment.
Il poursuit l’avènement effectif de transhumains.
Philosophie progressiste, dans la continuité de l’humanisme laïque moderne et contemporain, il en dénonce toutefois certaines limitations et insuffisances''.
Visant le dépassement des limitations imposées par l’évolution (dont la condition mortelle), l’amélioration/augmentation de l’humain, voire la sortie de la condition humaine (post-humanisme), il serait donc ainsi un état de transition entre l’humain et le post-humain qui marquerait l’affranchissement de la condition humaine.
Mouvement/expérience religieux/se, qui pourrait être perçu comme l'accomplissement immanent du christianisme, ou une nouvelle hérésie.
Philosophiquement , les transhumanismes contemporains ne se proposent pas d’emblée comme un ''discours philosophique'', mais on peut constater qu'ils se rattachent à des mouvements philosophiques comme :
- *le rationalisme critique, * l’utilitarisme, *l’hédonisme, *le pragmatisme et *néo-pragmatisme, *le monisme et *le matérialisme technoscientifique.
Certes, il est possible de se construire sans Dieu (...)
Le transhumanisme convoquant les ressources de la science et de la technique, propose l’''apothéose de l’humain'' signifiant un ''posthumain'' ou peut-être un être humain ''déshumanisé'', soumis à des projets idéologiques. La transcendance s'étant déplacée
Le discours transhumaniste, construit sur les ruines des humanismes de jadis est soutenu par la désillusion d’un monde ''déshumanisé'', ''désenchaîné'' de son corps.
Il se fonde sur la science-fiction plutôt que sur les progrès (réels et possibles) de la technoscience.
''L’être humain augmenté'' est au stade actuel un être humain ''liquide'', à l'image d'un glaçon qui fond au soleil, dont les molécules d’eau se désorganisent et passent à un état liquide.
Certes, les interfaces homme-machine et l’intelligence artificielle, étant donné la complexité de leurs ''innovations'', connaitront de réels développements qui risquent de bouleverser notre conception de la nature humaine, et de déstabiliser profondément l’éthique.
Mais, si l'on prend en compte le fait que ''le progrès de l’humanité'' dépend de la technoscience et de ses promesses liées à l' expansion de ses propres pouvoirs et au recul indéfini de ses limites, peut-être serait-il préférable, selon les principes de responsabilité et de précaution, de choisir la ''non-puissance''.
L’opposition entre les humanismes et les trans/post-humanismes est radicale :
''En décrivant les fantasmes d’une autonomisation sans limites de l’humain par rapport à ce qui l’enchaînait à la nature corporelle, les utopies post-humaines seraient révélatrices du vieux rêve métaphysique d’une abolition de la finitude.
L’humanisme, lui, était persuadé que la liberté existait au prix de la réconciliation avec ce qui s’impose à nous comme une nécessité'' (Besnier).