( FC Les chemins de la connaissance du 06 04 2012 avec Emmanuel Terray, ethnologue ) Paradigmes pour savoir, comprendre de quoi on parle

Publié le par Claire (C.A.-L.)

                    ( ICI :  copié/collé d'extraits de la présentation France Culture )         

                                             Penser à droite

                              " Définir la pensée de droite, en rétablir la cohérence. "

 selon Emmanuel Terray, 


http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/03/31/emmanuel-terray-etre-de-droite-cest-avoir-peur-230692


 anthropologue et ethnologue qui revendique un engagement à  "gauche",


                           pour qui "L'ennemi est toujours le meilleur des maîtres 

                                formé à la philosophie par Louis Althusser.

                     Il procède en effet selon une méthode axiomatique

                                                          Penser à droite et penser à gauche

sont-ils des invariants constitutifs de la pensée politique ?

 

Pour répondre... un premier principe, un présupposé fondateur ... à la manière d’un raisonnement hypothético-déductif.

 

S’agissant de la gauche,

ce principe est généralement l’égalité.

Il fonde l’accès au droit autant que l’égalité des hommes devant la parole.


S’agissant de la pensée de droite,

le premier principe est le suivant, les autres s’engendrent logiquement :

le réel est supérieur au possible,

parce qu’il peut être connu par la raison alors que le possible affole l’imagination.


 =>  vision de l’homme qui privilégie l’héritage,

la dette,

l’ordre,

l’autorité,


et une conception de l’individu soutenue par la croyance en une nature humaine intangible. 

 Comme les moralistes,

la pensée de droite ne fait pas confiance à la nature humaine

et cette méfiance envers l’épanouissement des passions de l’homme

est évidemment lourde de conséquences.

La pensée de droite a toujours trouvé sur son chemin un ordre à défendre. 

Mais ce serait une erreur d’en faire une pensée monolitihique, indépendante des circonstances, et sans contradictions.

elle valorise la modernité, c'est-à-dire le fait accompli. 


 "La pensée de droite est d'abord un réalisme : elle accorde un privilège à l'existant, et tend à s'incliner devant la " force des choses", la puissance du fait acquis."

 Il y aura toujours un écart entre sa version libérale et sa version conservatrice. 

Il y aura toujours un écart entre son appétit pour l’économie et son souci de l’odre.

 

 

                                                    Ordre, patrie et individu

De ce premier principe, il découle que la pensée de droite valorise l'ordre plutôt que le désordre, et s'incline devant l'autorité qu'elle distingue de la force. Elle considère l'inégalité comme un fait de la nature, et cherche à l'encadrer par une hiérarchie du supérieur vers l'inférieur. Elle considère la patrie comme un prolongement naturel de l'individu, et se méfie des entités collectives comme les droits de l'homme ou la justice internationale.

Au fil de sa démonstration, Emmanuel Terray remarque cependant que la pensée de droite développe un certain nombre de contradictions lorsqu'elle passe de l'ontologique - ce qui est - au politique - ce qu'il faut faire.

Ainsi le réalisme conduit la pensée de droite à considérer l'individu comme la seule chose existante, mais son goût pour l'ordre la fait s'incliner devant l'Etat.

De là vient que la droite moderne ait accepté avec réticence la théorie du contrat social selon laquelle les individus renoncent à leurs droits pour les transférer à l'Etat.

Et, lorsque la libéralisation l'a contrainte à renoncer d'encadrer l'économie, elle demande à l'Etat de renforcer sa surveillance sur les individus - en particulier sur les travailleurs migrants, entité qu'elle a toujours regardée avec méfiance alors même qu'elle sait que l'économie en a besoin.

Ainsi Emmanuel Terray relit-il avec bonheur et ironie un grand nombre de penseurs de droite, de Joseph de Maistre à Chantal Delsol en passant par Charles Maurras ou Antoine de Rivarol.

On peut se demander comment l'anthropologue lui-même se situe face à cette pensée de droite.

Les grands fondateurs de sa discipline, Auguste Comte et Claude Lévi-Strauss, sont cités pour des idées qui relèvent clairement de cette pensée.

Vladimir Lénine et Karl Kraus apparaissent dans la conclusion pour rappeler que la pensée de droite n'est jamais aussi raisonnable que quand elle se confronte à un ennemi,

ce que le communisme russe lui a un moment fourni,

alors que le capitalisme débridé la plonge dans une folle agitation.

Emmanuel Terray dédie son livre à Elisabeth Allès, sinologue avec laquelle il a partagé son engagement auprès des sans-papiers, décédée le 1er janvier.

Il le conclut par les Mémoires de Zhao Ziyang, qui a tenté de réformer le système chinois.

On se dit, après avoir fermé ce livre, qu'il faut inverser la tendance : la pensée est à droite et l'action est à gauche.

            voir également sa bio et une  intro à son livre par les éditions Galilée:

                               http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=3366

Publié dans citations. Notes.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article