Notes prises dans l' ''Atlas de la philosophie'' . Quelques idées de Alfred North Whitehead (1861-1947), puis éclaircissements de Maurice Elie, article intégral en lien books.openedition.org
''Le terme et l'idée de « philosophies de la nature » paraissent renvoyer, strictement et précisément, aux temps et aux œuvres de l'ère postkantienne en Allemagne. Du coup, le concept pourrait en sembler à première vue périmé. Tout se passe comme si l'on avait à faire ici à un chapitre de l'histoire des idées qui serait irrémédiablement antérieur à celui (censément plus récent et plus essentiel) des ''philosophies de l'histoire''. ''
Processus et Réalité explication spéculative du monde.
bifurcation esprit/matière
tout comme division substance/accident...échapper à l'illusion qui naît de la confusion abstrait/concret
Il élabore système qui saisit tout le réel, pas seulement ce qui est individuel et concret, mais ''événement'' à l'intérieur d'un processus dans lequel il acquiert une "immortalité objective"...
En lui se rencontrent les déterminations,
issues du passé,
de l'objet concerné,
et les possibilités tendues vers le futur.
Les choses réelles que représentent les événements
choisissent à la fois librement une de ces possibilités
et atteignent l'état de plénitude quand cette possibilité est concrétisée.
Processus bipolaires possédant dans la sensation subjective,
un pôle spirituel à côté du pôle physique.
Processus qui permet de recevoir de nouveaux contenus et d'en limiter d'autres.
Le rapport entre ces événements = nexus (simultanéité)
La durée est garantie par le degré de complexité et d'action réciproque des événements, conçus comme sociétés...
... Il conçoit le monde et chacun de ces éléments comme organisme dans lequel à chaque composant revient une signification propre pour lui-même et pour le tout.
Il est déterminé par une créativité englobante.
Sur la philosophie de la nature d’A. N. Whitehead par Maurice Elie ''On croit reconnaître comme des reflets déformés des ''Philosophies de la Nature'' du XIXe siècle : le ''cœur schellingien'' de la création, la ''potentialisation'' devenue ''actualisation'', le modèle ''organique'', etc. ''Je considère le sujet-objet nommé Nature dans son activité d’auto-construction''.
Notes prises dans l'article en lien de Maurice Elie
''Il existe incontestablement un « esprit du temps » (...)commun à des penseurs du XXe siècle, d’abord formés aux sciences, mais ayant ensuite remis en question l’image scientifique du monde, penseurs dont A. N. Whitehead fait précisément partie.''
Bifurcation ou division en deux natures ?
les théories relativistes de l’espace et du temps aboutissent à ''un ensemble de rapports apparents entre éléments apparents. La nature apparente est un songe, les relations apparentes de l’espace sont celles d’un songe, et l’espace est celui de ce songe''.
''Il n’y aurait bien ''qu’une seule nature, la nature apparente, tandis que les atomes et l’éther ne seraient que les noms attribués aux termes logiques constituant les formules entrant dans les calculs''.
Si les lois scientifiques sont vraies, les molécules et les électrons doivent être de réels facteurs de la nature, et non de simples abstractions.
Les « objets éternels » sont des idéalités de type platonicien,
qui tirent tout leur sens de leur « ingression » dans le processus naturel.
Les ''éléments naturels'' sont les événements, les objets des sens, objets de la perception et objets scientifiques.
Whitehead parle bien d’« objets », et non de sujets de la perception.
Il existe ''une analogie entre le transfert d’énergie d’occasion particulière à occasion particulière dans la nature physique
et le transfert de tonalité affective, avec son énergie émotionnelle, d’une occasion à une autre dans une personne humaine''.
Analogie qui répond à la bifurcation entre la nature physique et le ''vécu'' de la nature humaine ;
car l’expérience y est ''vécue''.
Chaque particule semble étendre son influence jusqu’aux confins de l’univers.
Notion de champ organique, lié à l’énergie.
''En dehors des expériences des sujets, il n’y a rien, rien, rien, absolument rien''
La philosophie de Whitehead, ''philosophie de l’acte ou de l’actualité'', toujours en train de devenir. Elle exprime le ''passage'' de la Nature.
''Nous ne percevons jamais des choses, mais seulement des événements'','' extensions'' : ''chaque événement s’étend sur les autres événements qui en font partie, et les autres événements s’étendent sur chaque événement qui en fait partie''.
L’événement lui-même ne ''change'' pas, mais il ''passe'' et ne revient jamais.
''occasions actuelle'', ces ''choses réelles finales dont est constitué le monde'', ''autocréatrices'', et ''sujets'' de leur ''propre immédiateté''
L'''extension'' devient ''continuum extensif''
Les objets sont porteurs des ''permanences reconnues dans les événements''.
Par soi, l’objet est donc indifférent au flux temporel :
''Considérez une tache rouge. En elle-même, en tant qu’objet, et indépendamment d’autres facteurs d’attachement, cette tache rouge, simple objet du présent acte de perception, ne dit rien du passé, ni du futur. Sa nature propre ne révèle ni comment elle naît, ni comment elle disparaîtra, ni même s’il fut un passé ou s’il y aura un futur''.
''Le Procès de la Nature'' consiste en de multiples séries d’actes discontinus (et rythmiques) de devenirs et de ''périrs'' (cf. Locke).
''La créativité du monde est l’émotion vibrante du passé se précipitant dans un nouveau fait transcendant''
''Nous sommes devant le fait unique qui englobe tout : l’histoire progressive de l’univers un''.
Le procès est donc créateur, ''avancée créatrice'', ''vectoriel''.
L'''être'' entité actuelle est constitué par son ''devenir'', c'est le principe même du ''procès''.(...)
Whitehead exprime l’''inclusion''mutuelle du monde et de Dieu.
Des miroirs inversés, mais dynamiques, l’un de l’autre.
''Pour Dieu, le conceptuel prédomine sur le physique, alors que pour le monde, les pôles physiques prédominent sur les pôles conceptuels''.
Le flux provient du monde, et la permanence, de Dieu.
Dieu et le monde effectuent, en somme, ''ensemble'', leur concrescence (croissance en commun), mais en sens inverse.
Une seule nature primordiale de Dieu, qui est à l’origine de la pluralité des actualisations
et inversement
la pluralité des actualisations doit aboutir à une ''histoire'' commune.
En un sens, la création réalise la ''réconciliation'' de la permanence et du flux.
Dieu, comme le monde, demeurent soumis à ''l’avancée créatrice dans la nouveauté''.
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