[t] comme traquer ( suite) les déchets. Petite réflexion avec en support 3 liens : ''Futura'', ''CCSP'' (Cyrille Harpet), ''Tout Molière''

Publié le par Claire Antoine

                                                                                                                             P.S. antéposé : Je me suis acheté un anti Track                                                              Où il est question de traquage, de traçage et de déchets          

      1. Covid-19 : les marins-pompiers de Marseille à la traque des variants en Moselle ( RL)                                                   2. La Nasa veut traquer les extraterrestres via la pollution atmosphérique de leur planète ( futura-sciences.com)        

Au cours de la semaine dernière( ou encore un peu avant), ces deux titres ont attiré mon attention. D'abord parce qu'ils contiennent tous les deux le verbe "traquer" ( qui me tracasse toujours autant par ce qu'il contient de violence aveugle) et ensuite parce que les actants de ces traques sont différents et ouvrent  l'imagination sur d'autres horizons...avec comme point de convergence, les traces, les empreintes, les signatures, que sont, en quelque sorte, les déchets.  

                                  Alors comme ça, les marins-pompiers et la Nasa !  Eux aussi, sont dans le coup.

Les uns - ceux qui combattent et maîtrisent, au péril de leur vie, les deux forces élémentaires que sont "l'eau" et "le feu" -  souvent appelés les "soldats  du feu"  participent à la chasse au virus-mutant (qui appartiendrait plutôt à l'élément "air"), agressif, insaisissable et  imprévisible qui panique et nargue virologues et politiques du monde entier,  et l'autre à la chasse aux créatures ( peut-être vertes... ) dérangeantes ( existent/existent pas...) dont on craint qu'elles n'existent bel et bien et qu'elles ne nous soient peut-être, hostiles, à nous, gentils Terriens. Du coup, tous les deux sont mandatés pour pour... chasser, chercher à identifier, pour enfin, peut-être, "neutraliser", "écras[er] les infâmes" ( comme aurait pu dire Voltaire, même si, évidemment, lui c'était bien avant et ... dans un autre domaine).  

Selon quelle méthode ? La même pour les deux, le traquage qui est devenu  un synonyme de traçage ( de ce qui laisse des traces, à savoir, ici, - oui, on y arrive enfin - ! les déchets). 

                                                                               En long aparté...

Tout d’abord un peu d’étymologie... Le mot déchet vient du latin cadere  qui veut dire tomber et la confirmation de « sa chute » se fait à l’aide du préfixe « de » qui le destine à la séparation (de haut en bas) et de ce fait à la « déchéance » et donc à l’abandon.

...puis, pour enfoncer le clou, une définition (trouvée à l'article 4 II du code de l'environnement) et ses conséquences... :  "Est un déchet(...) tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné, ou que son détenteur destine à l'abandon", a priori inutile. Or, dans les sociétés productivistes, ce qui ne trouve pas « d’utilité » est disqualifié, considéré comme impropre, souillé, impur, déchu et déchet. C’est, j'ai trouvé ça ailleurs : « la quantité perdue dans l’emploi d’un produit » ( tous ces mots sont  intéressants mais le participe "perdu" sert davantage notre propos parce qu'il est très plastique, aussi bien  : "j'ai perdu la partie, je n'ai plus qu'à mourir" que "Je vais te donner à manger du pain perdu" qui sent bon la revanche et l'art d'accommoder les restes...).   

...suivie immédiatement d’un correctif adversatif général... - Toutefois des penseurs comme Marcel Mauss, (1872 – 1950), le « père de l’anthropologie française » ont trouvé une utilité particulière à ces-dits déchets en les désignant comme des « témoins d'une culture et de ses valeurs ». Ce même Marcel Mauss ne disait-il pas : « Ce qu'il y a de plus important à étudier dans une société, ce sont les tas d'ordures " ?  (Montre-moi ce que tu jettes, humain, et je te dirai qui tu es !  Ce que tu caches dans les égouts, sous le tapis, dans les tréfonds de la terre ou de ton âme, te révèle. )

... suivi d’un cas particulier permettant enfin d’en arriver au fait. Mais encore ?

- Le déchet peut aussi, concrètement, devenir encore plus utile, quand il est abordé, par exemple, au regard de sa... "nature chimique".  

- Je crois comprendre où tu veux en venir. La définition que tu nous as donnée supra laisse, en effet, entendre que l'on peut parler de détritus, de rebut, d'ordures, d'immondices... dans tous les domaines, au sens propre comme au sens figuré, mais ne voudrais-tu pas, là, parler d'un "déchet" en particulier ? 

- Tu as raison. Je veux pointer ces déchets que l'on évite d'évoquer. Laissons de côté le cas particulier du jeune enfant pour lequel les selles revêtent une importance primordiale. Elles sont comme une partie de lui-même qu'il expulse ou retient selon qu'il veut plaire à ses parents ou les punir.  "Faire popo" est une opération qui tient du sacré ! En général, à peu près jusqu'au 4e, (voire 5e) âge, où tout change, c'est un sujet tabou, qu'on n'aborde plus... (Fini ! Abject ! Répulsif !) ... plus qu'avec son médecin, et encore à mots couverts; médecin pour lequel "popo" devient ( urines comprises, bien sûr), précieux sujet d'analyse, capable de révéler les pathologies les plus secrètes. C'était, en fait, déjà un "sujet" (précieux et

sérieux) au temps d'Hippocrate, dont Molière se servira pour faire rire, dans Le Malade imaginaire. (Et tout de suite, une question me vient aux lèvres : Peut-on rire de tout ?) On évitera pour l'instant Perrault et son âne-machine à transmutation du crottin en or. 

Donc, tout cela pour en finir par dire qu'il n'y a rien d'étonnant, au bout du compte, à ce que, pour « traquer » le virus, on donne une visibilité aux déchets excrémentiels, après s'être affranchi de la répulsion que de prime à bord, comme ça sans réfléchir, ils inspirent. 

||| L'anthropologie fait aux déchets une place entière, en tant "qu'indicateur ( signe) des modes d'existence et d'expériences humaines" à cartographier ( un mot de la géographie, qui s'est généralisé depuis Gilles Deleuze). De ce fait, le déchet devient l'objet privilégié d'une aventure intellectuelle et humaine, situé au cœur des enjeux contemporains qui prêtent une attention particulière à toutes les formes de discriminations ( quand "l'autre" à l'intérieur et en dehors de soi est envisagé plus ou moins consciemment comme " déchet ") et aux atteintes à l'environnement et aux espaces de vie.|||

                                                  La petite histoire dans la grande

C'est donc dans ce cadre, brièvement tracé, décrit que prend place la scène qui suit, qu'un bref instant j'ai captée par la vitre de ma voiture. En fait, non, j'ai trouvé la photo dans le journal. 

Il est encore tôt et par cette froide et sombre matinée d'hiver, quelque part dans un quartier de M..., deux hommes vêtus d'une combinaison blanche soulèvent une bouche d’égout.

Ce sont des marins - pompiers, dépêchés en urgence de la cité phocéenne pour aider (dans le cadre d'une coopération nationale, dépassant, ignorant les frontières départementales et régionales),  les messins à comprendre ce qui leur arrive. Dans la presse et dans les communiqués officiels, on parle de "variants", de mutants qui auraient supplanté, ici, (mais pas que, d'autres villes sont touchées), la/le bonne/bon  vieille/vieux Covid 19, ( Est-ce que c'est le plus intelligent qui aurait cédé... comme le conseillent les parents aux enfants ? Allez savoir ! ) et qui mettraient à mal, les rendant obsolètes, toutes les stratégies imaginées depuis 2019, afin d'en diminuer la dangerosité ( celle du virus, évidemment).  

Entourés par quelques dizaines de micros et de caméras, une silhouette fait descendre, dans un collecteur, situé au pied de la maison de retraite, ( Ehpad ) dont il reçoit "les eaux usées",  ("Qu'en termes galants ces choses-là sont dites") un petit récipient, accroché à une chaînette*

*(Note personnelle) : comme une sorte de petit pendule.

 Les pompiers ont ensuite envoyé le prélèvement en urgence dans un laboratoire spécialisé afin de l'analyser.  Ils ont procédé ainsi, durant 3 jours, dans les collecteurs de 28 autres Ehpad et de 35 écoles ( où sont rassemblées pour toujours ou pour un temps, dans ce milieu urbain, les têtes chenues et les têtes blondes des poèmes et des chansons). 

Le plus merveilleux avec les eaux usées, c'est qu'elles pourraient, permettre de prédire l'avenir. Je cite le RL qui a interrogé un des pompiers :  "[Nous pourrions ainsi] déceler la présence de la Covid jusqu’à six jours avant que n’apparaissent les premiers symptômes. Cela permettrait de gagner un temps précieux. (...) À partir des résultats de l'analyse, on pourra réaliser une cartographie « avec une avance de six jours sur ce que pourra être la contamination »." 

PS. Aux dernières nouvelles, cf France Bleue en ligne : Les prélèvements réalisés n'ont révélé que de très faibles traces de "Covid", ... malgré une forte présence des "variants" !   

   Voilà qui devrait donc nous rassurer et en même temps, nous inquiéter pour les 6 jours à venir*.

(Note* !!!! Super  😁. Vive la science !)

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                             Deuxième agent traceur-traqueur, encore plus prestigieux : La Nasa 

 "La Nasa a une idée pour débusquer des civilisations extraterrestres intelligentes" : "[elle] veut [les]traquer via la pollution atmosphérique de leur planète."

En lisant l'article en lien, j'ai compris qu'il s'agissait de retrouver leurs déchets et en particulier leurs excréments.

On pourrait comme ça savoir ce qu'ils mangent, boivent, s'ils ont un ADN comme nous, s'ils sont carnivores, porteurs de maladies contagieuses etc. , s'ils sont un peu comme nous. De quoi avoir moins peur, peut-être ... 

 

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