Quand le mot ''récit'' m'insupporte... Lien 1 avec une lecture de Nelly Quemener du (lien 2) livre de Christian Salmon ''Storytelling. La machine à fabriquer les images et à formater les esprits'' et lien 3 avec le site ''eternels-éclairs'' pour ''Le pouvoir des fables'' de Jean de La Fontaine

Publié le par Claire Antoine

                                Quand j'entends aujourd'hui le mot récit ...

                                      Juste un p’tit air une fine couche…  

 Les commentaires qui s’agrègent autour des discours politiques, utilisent à foison les termes de “récit”: “Le récit national”.../ “La république a besoin d’un récit...” /“Le récit a changé”...  

Ceci après des décennies de travaux universitaires notamment structuralistes et déconstructivistes, "déniaisant", évidemment, en Littérature, Philosophie... sans oublier l'Histoire- travaux pris en main par des socio-ethno-psycho-logues et vulgarisés comme "culture G"... dans les Grandes Ecoles, en particulier celles centrées, sur “le/la politique”. 

Je ressens une impression bizarre d’inconsistance. Des mots lancés comme "ça". Des mots comme des étiquettes, sans le produit, dans des rayons vides.  

Est-ce que ce ne serait que "ça" ? Peut-être seulement est-ce dû à un manque de connaissances en "narratologie".  En fait, cette "discipline" fait couler beaucoup d'encre. Tout le monde se l'arrache. Des colloques de spécialistes expliquent qu'elle n'est pas spécifiquement littéraire...contrairement à ce que véhiculent les facs de Lettres (en déclin...Ceci expliquant cela...).  

 Est-ce qu'il peut être satisfaisant, pour tout un chacun, de penser que le président, le gouvernement changent de récit et que maintenant, oui, contrairement à la semaine précédente, le tir a été corrigé et que "c'est sûr, croix de bois croix de fer... J'ai fait les corrections qu'on  m'a demandées, alors là, bon, si vous me critiquez encore, c'est que c'est vrai que vous êtres ignares et surtout ingrats." Sales gosses ! 

  

Alors, j’ai regardé un peu partout (je veux dire sur internet ! ) avec l’entrée “récit”, “narration” qui connote “littéraire”, en bref, ma formation de jeunesse, l'initiale initiatique. Voilà, d’ailleurs, certainement pourquoi ces mots me mettent ainsi en émoi (mea culpa !) que je survalorise le “narratif littéraire” et “artistique” (Que voulez-vous, quand on devient vieux c’est ça, le nostalgique retour aux sources, dû à une mémoire qui remonte le temps vers le noyau dur du “limbique”) et voilà donc pourquoi le fait de voir arriver tout ce champ dans l’univers médiatique du commentaire politique de tous les jours, – dans ma tête, ça fait court circuit. (Je me rends compte, à la relecture, que je suis très atteinte, parce qu’en train de traiter ce passage, qu’on pourrait dire “de frontière”, somme toute super contemporain+++, comme une infraction, voire un sacrilège. Et je “mea coulp’à nouveau”. Mais, abrégeons, je verrai plus tard avec mon psy/confesseur...)  Toutefois cette transgression n’est pas étonnante dans un pays géré (c’est le cas pour de très nombreux pays) comme une entreprise...  

Cette dernière phrase s'explique par le fait qu'à ce moment-là, j'ai rencontré, sur internet, toujours,  Christian Salmon et le “Storytelling”, soit « l’art de raconter des histoires », dans les entreprises et aussi en politique, depuis le dernier quart du XXe siècle.   Un “nouveau” mode de direction des hommes, enfin du peuple,  par définition léger, insensé, irrationnel et donc prêt à croire toutes les "fables".   

Finalement pas si nouveau que ça, si on pense à La Fontaine qui, sous Louis XIV, avait fait rimer la lourde légitimité politique et l'illégitimité légère des vers dans “Le pouvoir des fables”, apologue qui met la fable en abyme. 

Les liens : le premier avec le livre de Christian Salmon, le deuxième avec l'excellent article commentaire de Nelly Quemener et le troisième avec la fable de La Fontaine, (conteur sponsorisé par le Roi soleil,  qui  donc en connaissait un rayon en "pouvoirs", mises en scène et démonstrations de force) "Le pouvoir des Fables", ou l'art du détour, adressé à un ambassadeur.    

 

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