Poème ''Soleil de mai'' (178)
(Encore une fois "Merci au Bateau Ivre",
dans la coque dispersée duquel
j'épuise gouvernail et grappin)
Ma lyre, hélas, si sans peur...
Tu suis les pas du voyageur,
J'oublierai les chemins,
Pleurant ma puissance perdue,
À mes désirs rendue.
Ma baguette renvoie à mon rouet
Défloré, qui origine mon chant.
Archange désincarné,
Enfermé dans des passions
Qui messagères de pureté
Désincarnée et détachée
D'un égarement, me reconstruit.
.
Je te réécris quand même, dans le mouvement de
L'instant où je te perds.
Je t'use déjà et je te répète
Les motifs familiers
Qui meurent de mon amour,
Se manifestent
Dans la fête qui de la main
Festoie dans les ballades,
À venir des chants _
Auxquels je dis adieu -
Dans mon délire insatisfait
Identifié et défini
par des limites hideuses,
Dans la stupeur tartare,
De mon ailleurs barbare.
Ma révolte illégitime-
Hymne- qui rythme
À la faveur de la liberté,
Dont elle peut mourir,
-Météore ardent-
D'un ciel qui crève en éclairs,
Pour une Floride torride
et glauque qui pourrit
Dans les joncs d'une nasse
Où se lave la peau bleuie
d'un étang où se noient,
En se heurtant, les ciels bas
D'un Léviathan, se cataractant
En se déchirant vers l'océan.
( Mai 2017)
