" Logocratie et amphigouri, pour éviter de penser " : l'oxymoron avec Michel Heller cf. Lettres en folie ( a.duchesne et th.leguay ) ''Petite fabrique de littérature 2'' aux éditions Magnard

Publié le par Claire

 

 

                                             caisse ouverte



in LETTRES EN FOLIE ( a.duchesne et th.leguay )

Petite fabrique de littérature 2 chez Magnard

Alliance qui réunit deux termes contradictoires : un silence éloquent
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Pierre Corneille)
Un affreux soleil noir d'où rayonne la nuit (Victor Hugo)
Le soleil noir de la mélancolie (Gérard de Nerval) 

" L'oxymore, présent dans le discours politique sous une forme estompée, révèle un trouble du langage : lorsque les mots commencent à "flotter" pour désigner des réalités floues.
...Cette maladie des mots...dans la sphère politique, de l'idéologie (où mots et choses sont étroitement liés)
les politiques soucieux de changer radicalement le monde
s'emploient d'abord à transformer ce qui offre le moins de résistance : le langage.

Le phénomène est très présent dans le discours totalitaire, caricaturé dans ''1984'' de Georges Orwell:
La guerre c'est la paix
La liberté c'est l'esclavage
L'ignorance c'est la force

cf Michel Heller :

En substituant des clichés, qui plus est, inexacts, aux réalités, l'utilisation du langage ... empêche toute pensée logique.
C'est la loi de la logocratie...qui détruit les structures mentales.
...ont le génie de cette figure de rhétorique ''l'oxymoron'' qui consiste à unir des mots contradictoires :
la lutte pour la paix, le centralisme démocratique...
Quand on ne s'exprime plus que par clichés, qu'on ne pense plus que par clichés, on construit un univers clos, mythique sans communication possible avec le réel.
...Des phrases "universelles" sorte d'espéranto qui permet d'éviter de penser.

L'amphigouri proche du cliché (par le fait qu'il souligne l'absence d'originalité) qui par accumulation d'idées ou d'arguments produit un discours obscur/confus, utilisant métaphores, hyperboles ou litotes, ainsi que asyndètes juxtapositions ou hypotaxes...créant un contraste entre forme alambiquée et banalité concrète du sens.

Si le procédé est délibéré dans l'intention d'égarer lecteur ou interlocuteur, il appartient à la rhétorique de l'ironie. Mais il se peut qu'il manifeste tout simplement l'ignorance ou la prétention et il devient logorrhée ou verbiage. 

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C
<br /> Cet article me fait penser au travaille de l'écrivain Jean-charles MASSERA notamment "We are the france"<br /> <br /> <br />
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