La post-apocalypse, l'après-catastrophe : 4 liens: 1) fr.wikipedia.org, une définition de l'apocalypse; 2/3/4 : books.ugaeditions Imaginaires postapocalyptiques, Nikou, Christos « Habiter post-apocalyptiquement le monde''; - Vidal, Bertrand ''Le post-apocalyptique : réflexions sur les apocalypses sans apocatastase''; - Boulard, Anaïs ''Récits et images de l’après : représenter la catastrophe
Couverture : Jean-Christophe Monnier. Illustration : John Martin, The Great Day of His Wrath (1850-1853), huile sur toile, Tate (numéro d’inventaire : No5613).
Nous vivons non pas ''la fin du monde'', mais dans un monde où ''la fin ne finit jamais''. Où l’apocalypse est un climat. Où nous sommes, comme chez Jean-Paul Sartre, le si critiqué, condamnés à un présent sans issue. Réintroduire du futur, ''Penser l'après'', comme le propose le livre en lien, quand le temps n'ouvre plus ses/sa porte/s, où la vie (pour chacun et pour tous et tout) se présente comme un présent au clapotis perpétuel, toujours recommencé, sans horizon, sans projection possible. Le progrès n'est plus une histoire à raconter là où la dialectique du dépassement est saturée mais/et où la culture vit « au‑delà de sa propre fin ». Le futur alors n'est plus désirable, ni même imaginable :''No futur''
Un ''Temps immobile'' *, pour un ''Après'' qui n’ouvre sur rien, sans possibilité de transformation ni même d'apocatastase (restauration finale). La seule ouverture dernière étant ''le trou'' dont parlait mon grand-père paternel qui aimait bien Jacques Brel (et François et Claude Mauriac) ... ''Quand c'est qu'on me mettra dans le trou...'' ? Individuel et collectif. Ne vous bousculez pas : ''Y en aura pour tout le M/monde''😶
* Ici je pense au Temps immobile de Claude Mauriac, au tome 2 les espaces imaginaires dont voici un extrait de la 4e de couverture
''Quarante ans de notations quotidiennes ont en effet persuadé Claude Mauriac que le temps n’existe pas,
que les différences entre un « avant » et un « après » sont illusoires,
que la vie d’un homme se construit par de fulgurants raccourcis entre des événements,
des rencontres, des aventures qui lui sont arrivés à des années d’intervalle. (...) Il offre, grâce à sa technique du montage, bien plus qu’une somme d’instants privilégiés : une tentative pour saisir dans l’actualité, dans le temps, les coïncidences et les répétitions cycliques qui nous entrouvent l’éternité.''
Claude Mauriac est le fils aîné de François Mauriac. Il a reçu à sa naissance, le 25 avril 1914, un nom qui allait devenir prestigieux. Toute sa vie il s'efforcera de se faire un prénom. Entr...
''(...) notre époque, depuis Hiroshima, à cause de la menace nucléaire, vit dans l’attente d’une apocalypse sans royaume, c’est-à-dire d’une destruction absolue qu’aucun salut ne viendra racheter ». ''
Résumé copié/collé
''Pandémie, fléaux, holocauste nucléaire, volcanisme, astéroïde ou comète entrant en collision avec la Terre, réchauffement climatique, violences cataclysmiques, crise malthusienne, invasion extraterrestre, cybergeddon… autant de scénarios postapocalyptiques qui nourrissent de manière exceptionnelle l’imaginaire de bon nombre d’écrivains, de cinéastes (films ou séries télévisées), de créateurs de BD ou de jeux vidéo.
Le genre postapocalyptique, dont Le dernier Homme (1805) de Jean-Baptiste Cousin de Grainville et The Last Man (1826) de Mary Shelley sont les premières manifestations.
Raconter un monde différent, interroger la réalité actuelle (écologique, politique, morale, sociale, théologique, psychique, philosophique, etc.) et notre rapport au monde, c’est désormais, à l’ère de l’Anthropocène* et du Capitalocène**, une conscience et une angoisse : celles d’habiter post-apocalyptiquement le monde.''
Définitions plus ou moins admises si j'en crois le très pratique wikipedia (très critiqué/ orienté) : *L'anthropocène se réfère ''à une nouvelle période où l'activité humaine est devenue la contrainte géologique dominante devant toutes les autres forces géologiques et naturelles qui avaient prévalu jusque-là.''
** Le capitalocène, quant à lui, est un concept qui, désignant sensiblement la même réalité phénoménologique que le précédent sous-entend que c'est le capitalisme en tant que système économique et organisation sociale du monde qui est principalement responsable des déréglements envirionnementaux actuels, et non l'humanité dans son ensemble.
L' Apocalypse est le dernier livre du Nouveau Testament. Son titre en grec ancien, Ἀποκάλυψις Ἰησοῦ Χριστοῦ / Apokálupsis Iêsoû Khristoû, vient du mot ἀποκάλυ...
Les textes apocalyptiques, tels que l'Apocalypse de Jean, offrent des visions et des messages qui peuvent interroger la situation mondiale actuelle. Ces textes, qui ont été composés pour répondre à un contexte ressenti comme mena çant, dévoilent souvent des catastrophes et des épreuves qui pourraient être liées à des événements récents. Ils invitent à réfléchir sur la nature des changements historiques et à considérer la continuité et la survie dans un monde en mutation.
Nikou, Christos. « Habiter post-apocalyptiquement le monde ». Imaginaires postapocalyptiques, édité par Christos Nikou, UGA Éditions, 2021,
Vidal, Bertrand. « Le post-apocalyptique : réflexions sur les apocalypses sans apocatastase ( restauration finale)». Imaginaires postapocalyptiques, édité par Christos Nikou, UGA Éditions, 2021,
Boulard, Anaïs. « Récits et images de l’après : représenter la catastrophe naturelle dans l’Anthropocène ». Imaginaires postapocalyptiques, édité par Christos Nikou, UGA Éditions, 2021,
Quelques notes (début)
Le genre ''post-apocalyptique'' trouve sa source dans la partie du Nouveau Testament intitulée ''l'Apocalypse de Jean''. (Les flambées apocalyptiques de cette époque s'expliquant par l'Histoire (...) de la fin du 1e siècle, au temps de Domitien, qui n'apporte, en Judée, qu'humiliations et persécutions.) Ce livre a fait l'objet de multiples interprétations et réécritures. - Le mot apocalypse lui-même signifie '' dévoilement'' ou, dans le vocabulaire religieux, ''révélation'']
''La post-apocalypse'' tient compte de ce que le livre de Jean annonce/présente comme étant les marques de la fin du monde : violences, désordres cosmiques et catastrophes naturelles, en oubliant qu'après une étape d'évaluation, en quelque sorte, appelée ''le jugement dernier'', il y a instauration/création d'un nouveau monde hors du temps et des vicissitudes terrestres, la Jérusalem céleste.
Elle ne propose pas non plus, comme certains mythes antiques, la restauration à son état originel du monde ancien.
Quelques notes (suite) pour vous donner envie de lire les articles que l'on trouve en accès libre sur internet
''Comment habiter post-apocalyptiquement le monde'' d’aujourd’hui.
(...) Pour le post-apocalyptique (...) l’eschatologie et l’apocalypse sont ''sécularisées'' :
La première, (l’eschatologie) qui concerne ''la fin de la vie terrestre de l’individu'' et la seconde, (l’apocalypse) ''l'après destruction de ce monde terrestre''
À la fin des Temps qui révèle des horreurs, le temps disparaît et donc, de facto, la possibilité du récit aussi.
Pouvoir raconter l'après...c'est récupérer le temps
Mais quel temps, celui de l'après ? Un temps finalement immobile, long/interminable/infini ?
et donc l’histoire/Histoire.
L’après-catastrophe devient alors un déclencheur du récit,
et aussi un opérateur de lisibilité de la peur existentielle,
récepteur et révélateur des modifications du présent qui ont des incidences sur la Planète et sur la vie humaine.
C’est l’ère de l’Anthropocène - néologisme formé à partir du grec (''anthrôpos'', ''être humain'' et ''kainos'' ''nouveau'') - qui désigne une période où l'influence humaine sur le climat, les écosystèmes est devenue significative à l'échelle planétaire.
La situation post-apocalyptique met les humains en position de ''survivants''.
Et, elle évoque plutôt l’hystéricisation de la plénitude,
la persistance structurelle du réel
et l’angoisse vécue d’une “véritable” fin à venir ».
Ce monde, où l’invasion du réel raconté fait peur, ce monde en pleine apocalypse, la plupart du temps sans espoir ni rétablissement de l’ordre, est l’un des topoï les plus courants dans la littérature du xixe au xxie siècle, le cinéma, la bande dessinée, les jeux vidéo.
Sans évoquer les nombreuses allusions ou références littéraires qui, de tout temps, se sont inscrites dans une perspective apocalyptique, et si l’on exclut de ce corpus les récits inspirés du déluge qui, sans être apocalyptique, a pu inspirer certains auteurs, il convient de citer le premier roman apocalyptique de la littérature moderne et contemporaine : Le Dernier Homme de Jean-Baptiste-Xavier Cousin de Grainville, qui date de 1805.
Comme il a été précisé, la littérature post-apocalyptique est intimement liée à un contexte de crise, de malheur, de catastrophe, l’apocalypse se transformant ainsi « en crise sans fin : elle est la réalité de notre présent ». (...)
L’imaginaire post-apocalyptique fut longtemps considéré comme étant opposé au réel ou à la spéculation philosophique qui limite son déploiement esthétique au seul « imaginaire de la fin », alors que, depuis quelques décennies, il se fait l’instrument permettant d’interroger le réel, de penser l’après dans l’histoire, « de restaurer de l’histoire dans le présentisme contemporain ».
Non seulement le monde post-apocalyptique est le miroir de notre monde – l’après est présentifié –, mais il favorise aussi la rencontre entre la catastrophe et le sentiment croissant d’un risque global et globalisé qui met l’humanité en état de précarité.
La fiction post-apocalyptique est ainsi implantée dans l’ère de l’Anthropocène et devient un lanceur d’alerte, un mécanisme régulateur pour l’humanité en universalisant les conséquences des activités de celle-ci.
Les fictions d’apocalypse anglophones ou francophones étudiées par Anaïs Boulard sont liées à des catastrophes naturelles, comme l’ouragan Katrina, et interrogent le rapport à la nature, la société et, en général, à l’individu ; elles dépeignent l’après-catastrophe dans le contexte de l’Anthropocène et finissent même par détraquer le réel.
(...)
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