NANCY. "Le Livre sur la Place". Des pistes de réflexion pour participer au débat de vendredi 14 à 16 h : " La Lorraine Terre d'écrivains".

Publié le par Claire (C.A.-L.)

 

                                                             affiche livre sur la place 2012

 

 

 

Le doctorat d'Adeline CLERC ( NANCYII) interroge le lien paradoxal que les auto et "petits" édités entretiennent avec les salons littéraires.                                   

 

Gilles LAPORTE, Steve ROSA, Pierre HANOT,Elise FISCHER et  Philippe CLAUDEL et également entre autres Bernard APPEL et  Florence LHOTE.

Ils sont tous dans le panel d'auteurs interrogés par la chercheuse lorraine.  

      http://ajccrem.over-blog.com/pages/fiche-adeline-2181094.html

                               ***                   

 

Il est préférable, si vous voulez approfondir la question, de consulter vous mêmes les 2 volumes, dont je donne successivement les liens.

 Je n'ai pris ( copié/collé ) - comme d'habitude - que ce qui m'intéressait à divers points de vue.

 

                                            Grâce au doctorat d' Adeline CLERC,

http://cyberdoc.univ-nancy2.fr/htdocs/docs_ouvert/doc568/2011NAN21009_2.pdf 

il est possible d'approcher un peu les stratégies déployées par les auteurs auto édités,

ou dont le livre est paru chez de petits éditeurs régionaux et de les comparer à d'autres plus connus.          

Cette jeune universitaire  a soutenu, à NANCY,  en juillet 2011,

un doctorat  en sciences de l’information et de la communication

 dont le titre est :

 LE MONDE DU LIVRE EN SALON

LE LIVRE SUR LA PLACE À NANCY   (1979-2009) 

                                       Quelques idées clés

 

                              1. Être considéré comme  "régional" est une quasi insulte

Les  auteurs se déclarent indépendants, refusent d'être catalogués .
Ils ne cherchent pas à  imaginer quel(s) type(s) de lecteurs est/sont intéressé(s) par leurs livres.
Que les propos soient justes ou non importe peu. Ce qui intéresse ici c’est le « refus d’être catalogué », - pour Gilles Laporte  et Florence Lhote, représentant l'archétype de l'auteur récemment publiée -, d’être réduit à un genre ou encore d’être associé à un type de lectorat. Une fois de plus, on note que la figure de l’artiste indépendant, libre, universel et indifférent à l’opinion commune est encouragée et exacerbée.
Chez les habitués des salons grâce à un attaché de presse qui s'est " battu" pour eux, des ambitions plutôt nationales, voire plus. Plutôt centre que périphérie, donc.
 
Les propos de G. Laporte sont en ce sens particulièrement véhéments.
Celui-ci rejette frontalement la dénomination d’« auteur régional ».
Ici, l’adjectif « régional » est clairement associé à celui, connoté négativement dans le milieu littéraire, de « régionaliste ».
En effet, pour nombre d’auteurs, la littérature régionale est opposée, à tort, à la littérature parisienne. « Un Parisien qui écrit sur le faubourg Saint-Germain est tout aussi régionaliste que le Lorrain qui écrit sur le faubourg de Nancy. Donc pas de classement s’il vous plaît ! ».
 
Pour Florence Lhote : "…on fait toujours un peu la distinction entre les auteurs qui sont plus auteurs nationaux et les auteurs régionaux. Donc pour les gens, quand on leur parle d’auteurs, ils ont souvent aussi envie de voir des auteurs nationaux, donc des personnes qu’ils voient passer à la télé, dans les médias, qui sont plus médiatiques, disons. Mais c’est vrai que c’est aussi important d’avoir des auteurs, je ne dirais pas locaux, mais disons régionaux…parce qu’il y a aussi le roman du genre régionaliste, bon, ce n’est pas mon type. Mais c’est vrai qu’il y a aussi des écrivains qui sont situés dans cette quête-là... Moi, c’est vraiment le roman…Non, non, non, je ne suis pas du tout écrivain régional,  je suis jeune, je suis intéressée par la littérature en général. Je n’aime pas du tout le roman régionaliste, absolument pas." 
 
 Relation aux lecteurs
Si certains écrivains disent ne jamais tenir compte de l’avis des lecteurs dans la rédaction de leur prochain livre, Florence Lhote,... Gilles Laporte et Bernard Appel, dont la quête de reconnaissance est grande et la popularité encore faible  concèdent ne pas être indifférents aux remarques de ces derniers.
« Un lecteur, entre guillemets, peut vous apporter des conseils."
Dans le même ordre d’idée, F. Lhote aborde les visiteurs par une accroche verbale
« Du type : “Ah, vous connaissez telle chose dont je parle dans mon livre ?”.
Et là, vous accrochez. Mais c’est vrai que d’une manière générale, j’en ai fait l’expérience, quand les gens regardent et empoignent votre livre, vous avez plus de chances de vendre »
 
"Être sur les salons" Un signe de reconnaissance.  Haut rendement symbolique. 
et désinformation 
 Être présent au Livre sur la Place, obtenir l’autorisation d’y présenter un livre, peut être perçu par un écrivain, a fortiori lorsqu’il est nouvellement publié, comme une porte d’entrée dans le monde du livre. Ainsi la plupart des auteurs interrogés voient-ils en la participation à ces salons une règle à suivre, s’ils veulent obtenir ou conserver leur place en tant qu’écrivain à l’intérieur de ce monde.
De ce fait, bien plus qu’un instrument de promotion, il semblerait que la participation à un salon du livre soit considérée par les auteurs comme une nouvelle  forme de reconnaissance, voire comme une pratique distinctive.
 
D’une certaine manière, ils viennent y chercher le constat et l’assurance qu’ils sont lus et qu’ils ont un lectorat, qui plus est incarné. Autrement dit, la pratique des salons rassure, car elle confirme qu’ils appartiennent à la catégorie des écrivains :  
 
...Les salons peuvent être considérés comme une martingale au sens où les écrivains sont presque à coup sûr gagnants en termes de reconnaissance et de retombées économiques, si minimes soient-elles.
 
Intégration de l’impératif de médiation, reconnaissance, légitimité, le salon comme lieu de construction du statut d’écrivain et  capital symbolique associé au terme « écrivain ».    
"C’est extra de pouvoir dédicacer, être considéré comme tel. On voit votre nom. Rien que le fait de voir votre nom sur un livre, c’est un moteur. Être présenté comme auteur, c’est une fierté, [...] c’est extrêmement gratifiant ». Et quelle plus belle occasion que les salons du livre pour offrir autant de signes de reconnaissance ?" ( Florence Lhote )
 
Livres imprimés, nom sur la couverture, lecteurs présents physiquement, 
achat de livres, présence d’auteurs (re)connus, conférences et débats littéraires, lectures publiques, remise de prix, dédicaces et sollicitations extérieures (médiation décentralisée), tels sont les indices majeurs de reconnaissance que viennent chercher les auteurs le temps d’un événement public.
Trois critères de légitimité – marqueurs du statut d’écrivain – émergent : la sélection des auteurs qui précède tout événement littéraire d’importance, côtoyer et rencontrer des écrivains d’expérience et enfin, recevoir les 
compliments de son lectorat.  
Plus la sélection est rude, pour être présent à un  salon, plus le succès est grand 
                                                                                         
Pour augmenter son capital symbolique, certains mettent l'accent sur  la sélection qui précèderait chaque salon, supposant ainsi que le droit d’entrée n’est pas donné à tous les auteurs candidats.
" D’après ce que j’ai compris,... à Metz, il y avait pour L’Été du Livre un comité de sélection pour les différents auteurs. "  
                                
 En croyant et en affirmant que  la participation à un événement littéraire tel que celui de Nancy ou de Metz s’opère de la même façon que pour un prix littéraire (un jury d’une dizaine de lecteurs lit l’intégralité des livres en lice, puis vote), Ce qui accroît le prestige d’en faire partie.
Sa sélection, alors que d’autres – qui plus est nombreux – 
sont restés sur le banc de touche, la rassure quant à la trajectoire qui la mènera jusqu’au glorieux statut d’écrivain. ...les « grands » salons sont particulièrement prisés et les candidatures nombreuses : « On m’a dit que c’était relativement difficile de participer au Livre sur la Place […] parce que c’est un salon qui a une grosse cote, une renommée importante, donc du coup, les auteurs se battent et s’y précipitent ». 
 
Pierre Hanot  pense quant à lui que ce sont les organisateurs qui contactent directement les éditeurs pour sélectionner les auteurs les plus prometteurs. Cet aspect technique du salon est donc particulièrement flou. On peut se demander s’il ne s’agit pas, pour les organisateurs, de garder le contrôle sur une zone d’influence, de négociations, de sélections et de décisions.  La plus grande des appréhensions n’est pas la confrontation publique  mais l’indifférence du public.
En effet, le désintérêt est considéré comme l’affront suprême :
« Ce qui peut être plus dur en revanche, c’est la personne qui ne réagit pas, qui à la limite vous a acheté votre livre et s’en fout, et ne regarde pas spécialement ».
La ritualisation des rapports sociaux qui prend corps dans les salons peut donc froisser les susceptibilités du lecteur et de l’auteur.   
 
L’angoisse de la critique négative est aussi très présente :
Cependant rares sont  les visiteurs qui viennent à la rencontre d’un auteur (qui font le déplacement) pour lui faire des reproches au sujet de son livre.
 
                               2. Les auto édités cf le sommaire du tome 1
              Pages plus spécialement centrées sur
        Bernard APPEL et l'aspect militant dur et paradoxal
                          de   l'Association Plumes à Connaître 
                                      
                                       
3.2. Autoédition : une pratique située à la frontière du monde inspiré .. 396
3.2.1. Contrôler l’entrée du salon .. 396
3.2.2. Un compromis paradoxal .. 398
3.3. L’autoédition ou l’autonomie de l’écrivain. Portrait d’un autoédité militant .. 401
3.3.1. L’autoédition ou la voie de la liberté .. 402
3.3.2. Réintroduire des valeurs issues du monde de l’édition. L’exemple du comité de lecture .. 403
3.3.3. L’attitude paradoxale d’un militant littéraire .. 405
 

Publié dans Activités diverses

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