Notes : Le théâtre entre le textuel et le spectaculaire cf Josette Feral et André Helbo

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  Dispositif dans l'attente d'une présence. Matérialité de voix à venir

Dispositif dans l'attente d'une présence. Matérialité de voix à venir

Je relis ces notes, prises en 2008, à l'occasion de ma participation*  à une lecture spectacle proposée, le dimanche 5 octobre à 15 h au Centre Culturel de Queuleu, 

                                    par "L'Atelier Action Théâtre" 

                        "Femmes de Lettres : Parcours de femmes" 

 J'ai l'honneur et le plaisir, pour ma part de lire/dire un texte de Jacqueline Martin, fondatrice de l'Atelier Action Théâtre : "Souvenirs de poche". 

Le concept de lecture/spectacle pose précisément les questions de la distance entre  texte/discours et théâtralité

 

                                "Epaisseur essentielle du signe théâtral"

                                              Pour Roland Barthes, 

la scène de théâtre est le lieu d'une "polyphonie informationnelle" 

où s'opère la transmission de messages multiples, différents, simultanés, 

constituant l'"épaisseur du signe" qui caractérise l'essence même de la théâtralité.


       Les rapports entre théâtralité et spectaculaire ( josette FERAL)


La théâtralité est un type particulier de fiction instaurant dans la représentation un espace clivé, une béance qui met face à face dans un univers non quotidien, un regardant et un regardé...

Dans cette hypothèse  si " la notion de théâtralité déborde le théâtre, c'est qu'elle n'est pas une  propriété dont le sujet ou les choses peuvent se doter sur le mode de l'avoir..."


La théâtralité résulterait d'un discours installant le cadre de référence (permettant la construction d'une  fiction) spectaculaire. 

Ce cadre fictionnel conçu comme mise en oeuvre de signaux déclenchant la construction de compétences : j'énonce un discours qui signale une  situation de pratique à percevoir comme spectaculaire.

                           D'où le problème du "discours" spectaculaire.

                 Distinguer la création théâtrale et celle du texte littéraire :

On mesurera de la sorte à sa juste valeur la résistance qu'implique l'écriture.

                               Le texte offre des points d'appui :
 - Au metteur en scène : le premier  à accomplir la scène imaginaire, à inventer des images soumises au regard des autres.
-  Au comédien : il ouvre des pistes qui pourront être intériorisées, conduire à l'émotion et traduites en actions.
-  Au spectateur : il propose des indices de sens, des (éventuelles fausses) pistes et l'invite à choisir les moyens de sa lisibilité.


  Le texte refuse des points d'appui :
-  Au metteur en scène : il pose le défi de refuser le coup de force de la vraisemblance; art de la dénégation, le théâtre crée des distances qui troublent la construction du personnage  et des mondes possibles.( si par exemple 100 personnes  doivent monter sur la scène ou si le lieu du jeu est bateau sur la mer ...)
- Au comédien, il ménage des territoires de liberté, évite l'enfermement, propose des rythmes, des spatialités assimilables dans le jeu. ( exemple Koltès et le point virgule )
-  Au spectateur, le texte l'empèche de se satisfaire de la transparence du sujet : il sous-informe sur le plan narratif pour présenter des repères permettant de construire la relation entre des personnages, le système spatio-tempo et la mécanique de l'écriture.


                                    L'écriture est la métaphore du jeu. 

Point d'appui du comédien, elle empêche le spectateur d'entrer dans une logique de vraisemblance. Le sens s'affirme en quelque sorte postérieur à l'écriture, soumise au regard de l'autre. Le théâtre  diffère l'identité du personnage , et montre ce dernier comme une distance à construire.