(Suite 2 et fin) Notes - article de Claude Plouviet - ''Métahorétique versus métahorhétique - le tiers inclus''. Pour rendre la démocratie habitable. 3 liens claireantoine.com : 1) début prise de notes ''la logique du contradictoire''; 2)''l'utilisation'' de la ''Fenêtre d'Overton ; 3) ciret-transdisciplinarity.org, Basarab Nicolescu, Le tiers inclus - De la physique quantique à l'ontologie
Métahorétique - Métahoréthique
Un seul signifiant (sonore) pour deux concepts.
Au-delà de la métahorétique, cette dynamique qui se situe dans l’écart d’antagonismes (non absolutisés), portée par une troisième valeur, le tiers inclus (non absolutisé),
il faut imaginer le concept de métahoréthique, avec ''h'' qui serait l'éthique de la dynamique, agissant, en profondeur, entre bornes/pôles non absolutisées. Loin de la morale classique qui fonctionne par exclusion (A ou non-A, pas les deux).
''L’action''(permettant le déplacement des normes sociales ) ne va pas valider un choix pour l'un ou l'autre/résoudre un conflit, ou figer la fenêtre d’Overton, mais maintenir la vitalité de l’intervalle, la justesse de la trajectoire entre les pôles.
La métahoréthique ne devenant pas un nouveau dogme ''absolu'' peut ainsi prétendre au statut de garde-fou contre les nouveaux totalitarismes.
Elle devient une pratique conceptuelle de l'équilibre instable qui rend caduque autant la critique radicale réactionnaire (qui veut fixer, transformer en sacré) autant que la critique progressiste radicale (qui ne veut pas fixer).
L’éthique, dans cette perspective, n’y est donc pas considérée comme un substitut à la morale. Elle accompagne le mouvement, naviguant dans l'espace de l'écart entre des limites mouvantes, échappant à ''l’étiquetage''.
Renoncer au confort de la certitude et à l'impasse qu'est ''l'étiquetage''
Passer d'une ascèse individuelle, pour esprits capables de supporter l'impensable vide (de substance) laissé par la désacralisation des extrêmes, d'accepter de regarder l'abîme
pour devenir une ambition collective, qui permettrait de passer d’une société de stricte opposition (où les blocs moraux se percutent) à une société de tension (où l’on délibère éthiquement depuis l’intervalle).
La question porterait, alors, sur la qualité de l’écart maintenu et le refus de clore le débat par un absolu. Pour cela il faudrait imaginer un troisième terme, qui ne soit pas ''synthèse''entre deux antagonismes.
Et donc, politiquement ?
La démocratie deviendrait alors l’exercice conscient du déplacement de la borne, et non plus le théâtre de sa soumission.
Le totalitarisme serait identifié par sa volonté de supprimer le tiers inclus.
Toutefois, puisque la métahoréthique demande de vivre sans garde-fou dogmatique, et que le corps social a souvent un besoin vital de « l’absolu » pour calmer l’angoisse du vide, qu'il cherche souvent à le remplir par une nouvelle morale, même si elle se déguise en éthique, la ''solution'' est peut-être une utopie.
À celui qui pratique cette ascèse de se situer au sein du collectif, d'être celui qui empêche la clôture de l’intervalle en rappelant que la frontière/la borne est une donnée géographique et non une vérité.
La métahoréthique silencieuse, invisible, clandestine, est une transcendance de la borne.
Elle apporte une forme de sérénité teintée parfois d'un (amère) solitude intellectuelle, manifestation et garantie en quelque sorte, de l'existence d'un ''tiers inclus'' qui porte la tension entre deux pôles affectifs.
Habiter cet ''entre'', sans cynisme ni indifférence.
L’ascèse individuelle apporte un gain de clarté (et de liberté) mais rend la communication difficile : la pensée parvenue à son point/sa conviction de justesse ne cherchant plus à résoudre le paradoxe de l’existence, mais à le porter.
Vibration dynamique.
Contre la synthèse - qui sédimentant les expériences risque de produire un dogme personnel, une pensée morte - la sensation métahoréthique (entre sérénité et amertume ) reste ''liquide''.
Cette dynamique du devenir, à voir comme une forme de loyauté envers le réel (le réel étant lui-même un devenir en mouvement), par son instabilité, permet de rester « vivant » au sens métahorétique, en étant soi-même le curseur qui refuse de se laisser assigner à une position précise.
C’est la vie comme liberté topographique. Le « h » métahoréthique est le souffle muet qui accompagne le mouvement de conscience.
Métahoréthique
« Tiers inclus », tension entre l’horos (la limite posée sous le relatif contrôle de la norme sociale ou socio culturelle) et l’éthos (vital : ''l’habiter'', ''la pratique'') empêche l’horos de devenir un mur infranchissable (dogmatisme) et l’éthos de devenir une routine pétrifiée (inertie).
L’endroit où la structure rencontre la responsabilité, la trace du sujet.
Le « h » éthique est la valeur qui advient lorsqu’on reconnaît que l’horos est nécessaire, mais que l’éthos est vital.
L’action permettant le déplacement des lignes de la morale sociale est métahorétique,
mais la valeur de vie, de « vérité »
qui se dégage de ce frottement entre l’être (éthos) et ce que la loi dictait (horos)
est de nature métahoréthique.
La vérité de ce tiers inclus ne réside pas dans la communication (l’oralité).
Le ''H''muet
H muet (non aspiré, sans matérialité sonore, transparent à l'oreille) comme un souffle qui permet la liaison
Phonétiquement, il ne sépare pas, il articule, relie, devient pure fonction de passage.
L’acte de l’écriture « éthise » le concept. Le tiers inclus devient une valeur écrite.
Reflet de la nature du tiers inclus, il émane, agit, imprègne l’inconscient, mais ne « parle » pas, ne s’absolutise pas en un nouveau dogme oralisable.
métahorétique et métahoréthique,
deux signifiés ''contradictoires'',
à savoir franchissement structurel, quand s'élargit la ''fenêtre d'Overton'' // contre la valeur ''éthique'',
pour ''un même signifiant'', (ce sont des homophones puisque le h ne s'entend pas)
empêche la cristallisation du concept.
La contradiction est en suspens et reste dynamique.
Les deux se prononcent simultanément.
montrant l’incarnation insonore du tiers inclus comme étant une secrète superposition d’états.
La valeur se donne dans la modification de la trace écrite. Le tiers inclus ne survit pas à la parole.
Le passage aux confins de l’éthique ne peut se dire : étant inscription silencieuse dans le réel.
On ne peut donc pas « proclamer » l’éthique, on ne peut que la contextualiser ou l’inscrire.
Le h muet vient « lester » l’éthos par une trace écrite.
Il rappelle que l’habiter (éthos) n’est pas une dérive, mais un chemin structuré par une limite, celle qui empêche l’éthos de devenir un absolu de la liberté sans forme, une pure dérive, une dissolution dans un flux.
L’éthique (avec son h) est un habiter qui accepte de porter en lui le spectre de la règle, mais sous une forme muette non-coercitive, non dogmatique.
La victoire du « Tiers » sur l’Identité
Le fait qu’un seul signifiant (sonore) porte les deux concepts empêche l’un de prendre le pouvoir sur l’autre.
Ne pouvant les distinguer phonétiquement, la contradiction n’est plus un conflit mais une cohabitation de sens dans un même espace phonétique. L’indistinction elle-même dés-absolutise. Si l’un ne peut être nommé sans l’autre, aucun des deux ne peut prétendre à l’autonomie.
Le « h » muet, âme invisible de la métahorèse
Basarab Nicolescu : Le tiers inclus - De la physique quantique à l'ontologie
1. Introduction La philosophie de Lupasco se place sous le double signe de la discontinuité avec la pensée philosophique constituée et de la continuité - cachée, car inhérente à la structure...
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