Deux tentations : la misologie et la misanthropie - un extrait du ''Phédon'' de Platon, ( 89 sq.) 3 liens : 1) septembre.spaceite qui publie et édite ''Les archives Jacques Muglioni'; 2) philolog.fr' pour un article de Simone Manon sur Kant et ''la tentation de la misologie''; 3) claireantoine.com, Eloge de Roger Bastide et de l'otium philosophicum, contre la misologie
Ici et là, il n'est pas rare de se rendre compte que le fait de penser, de réfléchir n'a pas ( je ne me hasarde pas à dire ''plus'' qui me classerait d'emblée dans la mauvaise catégorie rétrograde et réac. de ce·lles·ux qui croient - car ça tient de la croyance, n'est-ce pas - que ''c'était mieux avant'', alors qu'on arrête pas de progresser ! L'âge d'or ? C'te blague ) n'a pas très , officiellement, dans tous les cas, bonne presse : ''Tu penses trop'', ''Arrête de réfléchir'', ''Tu coupes les cheveux en quatre'', ''Au secours ! Tu n'es pas marrant·e/ b...able 😏/intéressante... Fais donc quelque chose d'utile, pour une fois !''.
Et voilà que j'ai lu quelque part le terme de ''misologie''( haine du raisonnement, de la raison) alors j'ai retrouvé ce cher vieux Platon qui met précisément en garde contre celle-ci et son ''homologue''... la misanthropie.
Quelle est la valeur de la pensée ?
Quand les "penseurs" se désespèrent de la raison elle-même...
Le Phédon de Platon 89c-d, traduction de Léon Robin)
(Socrate) « Mais, avant tout, prenons bien garde à un accident qui pourrait nous arriver !
(Phédon) Et lequel ? m'écriai-je. C'est, reprit-il, de devenir des ' misologues ' (μισόλογοι), comme il y en a qui deviennent ' misanthropes ' (μισάνθρωποι). Il n'est pas possible en effet, ajouta Socrate, qu'il arrive à quelqu'un pire accident que de prendre en haine les raisonnements. Et la misologie vient de la même source que la misanthropie.(...) » .
La misologie ou la haine de la raison, Phédon [89-90] - Septembre
Cet extrait du Phédon de Platon (89 et suivantes) pose de manière inaugurale, dans l'histoire de la philosophie la question de la valeur de la pensée, et de cette sorte très particulière de ...
https://septembre.space/les-textes/2017/7/12/la-misologie-ou-la-haine-de-la-raison-phdon-89-90
Les archives Jacques Muglioni (...) édité[es] et publié[es] par Septembre.
La misologie (89) est également appelée l'« aphilosophie » ; il s’agit d’un « état dans lequel celui qui la possède prend en haine l'argumentation »1
Platon songeur - Couples d'oppositions en relation philosophe/ sophiste - dialectique/rhétorique - convaincre/persuader - raisonnements/sentiments - désir de savoir/désir de victoire sur des/les/ses adversaires - vérité universelle/relativisme, misologie, scepticisme et nihilisme.
Dans le Phédon, de Platon, Socrate explique à ses interlocuteurs que la « misologie », ou haine de la raison, a des origines semblables à celles de la « misanthropie », ou haine des humains.
En effet, ''misanthropie'' et ''misologie'' viennent, en effet, d'un excès de confiance accordé à des personnes (pour la première), sans les connaître suffisamment ou à des raisonnements (pour la seconde).
Après avoir fait plusieurs fois l'expérience qui consiste à se rendre compte que des personnes en qui on avait confiance n'étaient en réalité pas fiables, on finit, déçu·e·s par détester tout le monde.
De même, après avoir cru en certains raisonnements qu'on tenait pour vrais, et qui se sont révélés faux, on peut être tenté de penser « qu'il n'y a rien de rien d'assuré en aucune chose, ni en aucun raisonnement ».
Cependant, on sait que les raisonnements pour ''avancer'', se développer, ont besoin de ''discours contradictoires''.
Le ''vrai''/''le faux'' ?
Socrate accable la misologie. On ne peut pas se mettre à haïr la raison alors que souvent, nous faisons exprès de ''jouer'' avec des raisonnements faux. (On même parfois, comme le disait ma grand-mère on ''prêche le vrai pour savoir le faux''...) C'est « se complaire à rejeter sa propre responsabilité sur les raisonnements ».
Bref, il s'agit de sentiments excessifs qui négligent l'existence l'un d'humains ''honnêtes'' et l'autre de raisonnements ''vrais et droits'', et revient à nier la possibilité même de l'amitié et de la connaissance, en fuyant ses responsabilités.
On pourrait même dire qu'ils sont équivalents. cf. lien 2
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