Série : " Mon après midi presque sur le vif " Je ne vis rien venir...

Publié le par Claire (C.A.-L.)

                                                   

                                                 Le bon chemin

 

 

 

                                   "Je ne vis rien venir"       

30 juin 2012.

Lieu du rendez-vous décidé il y a 3 mois.

15h15, plus que quelques minutes avant de voir arriver quelqu’un.

C’est sûr.

18 personnes, sur un site qui permet à d'anciens camarades de classe de se retrouver, ont dit être intéressées par la rencontre.

L’écran géant (semi, plutôt), au fond de la salle, diffuse le tour de France.

On s’était mises d’accord pour se retrouver tous les 3 mois, le dernier samedi de mars, juin, septembre etc  vers 15h.

Je me dis là que c’est peut-être trop. Il faudra certainement se contenter d’une ou au plus deux par an. Pour avoir des choses à se dire…

J’ai préparé un petit topo.

Visiblement tout le monde est en retard !

En principe, il devrait en manquer une qui a une angine, depuis lundi, et qui m’a prévenue qu’elle ne sortirait pas de la semaine.

Je l’ai assurée de ma compassion. J' espère la revoir en septembre.

Laurent Jalabert et Jean-René Godard commentent l’étape du Tour ; ça anime le bar où quelques clients profitent du soleil sur les sièges situés à l’entrée.

Je suis au fond à une table qui peut accueillir une dizaine de gens.

J’ai commandé un expresso et je relis ce que j’ai envie de dire.

En souriant. J’imagine la scène. C’est très bien. Enfin je crois.

Laissons quand même un peu de place à l’improvisation.

Surtout que M. voudra sans doute elle aussi dire quelque chose. Elle viendra comme les fois précédentes en compagnie d’une de ses amies une ancienne collègue.

Les commentateurs du Tour, ont, à un moment donné, pris  un sprinteur pour un autre. En fait, le coureur avait passé, comme il ne trouvait pas le sien, au moment du départ, le dossard d’un de ses coéquipiers. Un journaliste l' a répété plusieurs fois « Pour que l'on ne se trompe pas... encore faut-il avoir le bon dossard ! »

C’est la phrase du jour…Avoir le  bon dossard, c’est ça !

Toujours personne…Pas âme qui vive.

Des fausses alertes. Mais non. Ce n’est pas pour moi.

C. semblait avoir vraiment très envie de revoir des anciennes et anciens de sa promotion.

Sur le site internet, sur lequel le message donnant toutes les indications concernant le RV, la meilleure amie de C.– depuis la maternelle - a prévenu, hier, qu’elle ne viendrait pas.

J’espère que ce n’est pas un message qui ne concernerait  pas qu’elle.

Tu fais de la parano, ma fille. C. ne ferait pas faire ses « commissions » par d’autres.

Elle a ton numéro de portable et sait envoyer des sms.

15h26… Ecrire à la Présidente de l’Association officielle des élèves de cette Ecole, qui déplore le nombre décroissant des adhérents, que je n’ai pas plus de chance qu’elle…. Même moins…Ce n’est apparemment pas une question de génération.

15h30…15h40…J’attends. Mais je pense maintenant que « c’est mort ».

J’ai déjà ressenti ce sentiment.

Quand j’ai animé un café littéraire et qu’au même moment – nous sommes en gros deux à le faire, dans la même Association – ma « concurrente »  en animait un autre, dans une librairie de la ville en ayant sollicité, toujours en gros, le même public, celui qui se déplace pour des petites rencontres comme celles - là. Je l’ai su par hasard. La salle a finalement été à peu près remplie, mais il a fallu commencer avec un quart d’heure de retard pour éviter de parler devant des chaises vides.

Mais aujourd’hui même avec un quart d’heure de plus…bientôt 20 minutes…Je ne vois rien venir.

Quand j’ai participé à une soirée consacrée à Albert Camus. J’interprétais le rôle de Martha dans le Malentendu. 14 personnes avaient choisi de se déplacer. Pour  Camus, j'aurais fait des kilomètres... Des expériences de ce type  apprennent la modestie,  à ne pas trop tenir compte des autres même s’ils sont évidemment indispensables, à "faire quand même"... A passer des heures à apprendre à entrer dans le personnage…pour le plaisir de la vérité, de la beauté du texte.

Quand j'étais pendant quelques années prof de français en lycée professionnel – en BEP 2ème année particulièrement, et qu'avaient lieu les réunions parents professeurs du deuxième trimestre. J'attendais 1 h en bavardant avec les profs des matières sportives ou ceux de langue et je partais, frustrée, en espérant ne rencontrer personne dans l'escalier. 

Et aussi quand des collègues et moi avions décidé de proposer de l’aide aux devoirs, facultative, entre 1 heure et 2 les vendredis…Le dispositif n'a pas duré très longtemps.

Maintenant, ici, je me dis aussi que j'espère que personne ne va venir. Je croise les doigts.

Et...je suis exaucée.

Il est 16h10. Je sors profiter du soleil.

J’ai oublié de m’intéresser au Tour de France. Sont-ils arrivés ?

C’est décidé.  Je vais considérer que j’ai été lâchée par les autres. C’est ça, en fait. Elles avaient sûrement mieux à faire. Et pas moi, peut-être ?!

Quant à ceux qui s’étaient inscrits…je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Evaporés...

Ce qui suit est  un petit commentaire "moral" généralisant destiné à mettre  un petit pansement sur cette petite blessure, égratignure...scarification ? qui sait ???  

 Je pense que les gens sont tellement habitués à répondre à des questionnaires, à des  sondages « oui, non, autres…peut-être, certainement  »…qu’ils répondent et passent à  autre chose, quand bien même auraient-ils dit : « Oui, j’y serai. Je serai là. ».

Voilà c'est propre.

Tournons la page. 

 

                    C'était la passionnante rubrique "Mon après midi presque sur le vif"

                                                                          30 juin 2012. 

                                                                                    C.A.-L.

 

P.S. J'ai depuis croisé deux absentes au RV. L'une a changé de chemin et l'autre n'a pas évoqué ce non événement. 


 

Publié dans Activités diverses

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