Redécouverte (2/2 ) du poète contemporain Georges Perros - Extrait d'un article de Gil Pressnitzer. 2 liens, 1) Pour l'article complet : espritsnomades.net; 2) des éléments biographiques sur Georges Perros puisées sur universalis.fr/encyclopedie/georges-perros/
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Peut-être que le poème est le fragment de langage le plus utile à l'homme qui veut changer le monde...Être des hommes avec les hommes. Parler. (Entretien radiophonique de Georges Perros 1975) ...
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Article complet, de Gil Pressnitzer à lire sur le site
Biographie de GEORGES PERROS (1923-1978)
Biographie de GEORGES PERROS (1923-1978). La tradition classique des moralistes (La Rochefoucauld et La Bruyère au xvii e siècle, Vauvenargues, Chamfort et Rivarol au xviii e , Joubert au xix e )...
Extrait copié/collé de l' article de Gil Pressnitzer
Georges Perros n’écrivait pas pour se répondre ni pour se répandre.
Georges Perros plus qu’un poète est l’homme des aphorismes, certes on le cite moins qu’un René Char, il n’en est pas moins souvent pénétrant par sa lucidité douce-amère. Georges Perros se réfugie souvent dans l'humour comme déguisement, paravent à sa souffrance.
Lui le grand bavard, souvent contraint de ne parler qu’au vent qui passe, entretenait une grande correspondance –Michel Butor, Bernard Noël, Lorand Gaspar...- tout en constatant son dérisoire de l’absence physique de l’autre.
Sa pudeur immense, son pessimisme profond, lui font vite saisir le mur du virtuel :
J'ai lu votre livre, vous avez lu le mien, nous avons tous les deux été touchés, mais nos visages, nos corps, restent, comment dire, posthumes. (Lettre à Bernard Noël).
« Je suis un homme d'entre-deux, jamais en place, et si j'écris, c'est dans la marge. Le texte est ailleurs. »
Aussi Perros laisse toujours une grande impression d’inachevé, de petits bouts de papier égarés, et qui auraient pu donner une tout autre œuvre, accomplie, plus profonde.
Il reste en fait une leçon de vie, une invitation à vivre debout,
et toujours se glisse entre chaque mot, le bruit de la mer, le goût amer du vent.
C’est déjà beaucoup. Cet « amer de velours brun »(Lorand Gaspard), continue à circuler dans nos têtes avec le vacarme de sa moto et de ses mots.
Décousu il était, ses mots se promènent cul nu en nous.
Perros ne nous élève pas par la beauté formelle de ses mots,
non, simplement il nous rend sensible au cours de la vie ordinaire.
Sismographe des infimes tremblements de terre, il s’en fait l’accordeur, le sonneur à mi-voix.
Il ressent, enregistre et redonne humblement la pulsation de la vie, la vie fragile, la vie parfois cruelle, parfois chantante en nous, la vie qui tremble.
Il était l’ouvert, le chantre des petits riens :
Je suis pour le discours humain
Je suis pour la moitié de pain
Le désespoir c'est de se taire (Une vie ordinaire).
« Un homme en partage » a-t-on dit de lui. Cela semble plus juste que cette statue de moraliste à lui dressée, et qui l’aurait horrifié. Il était modestement au plus proche de la vie
Mes livres ne sont que des valises à ouvrir après ma mort. (Perros).
Puisons donc dans ces malles pleines des trésors du pirate du temps qui passe.
Eléments de biographie universalis.fr
Kierkegaard, Constant, Kafka, Rimbaud, Mallarmé, Hölderlin sèment le parcours de la maturité qui s'affirme surtout en notes concernant le temps, autrui, la mort, l'amour, le mariage, l'amitié, la poésie : hantises perpétuelles de l'homme réduit à son sac de peau, selon l'expression de l'auteur. Humour, générosité, consternation, misère forment les composantes de la tonalité perrosienne. Apho […]