larges extraits de "Présentation du livre de Anne DUFOURMANTELLE« La sauvagerie maternelle »par Gérard POMMIER

Publié le par Claire

http://www.oedipelesalon.com/pdf_doc/p_2002%20A%20Dufourmantelle%20par%20G%20Pommier.pdf

Le maternel dont il s’agit, c’est un maternel qui, naturellement, il fallait le dire, il fallait l’affirmer que ce maternel, il dépasse la femme qui supporte cette sauvagerie maternelle.

Le maternel dépasse la femme qui supporte le maternel.

Ce en quoi, la sauvagerie en question, pour terrible qu’elle soit, engendre son contraire.

Cette femme, elle même, elle aime à mesure même de la sauvagerie que le maternel provoque.

C’est-à-dire qu’il y a d’assuré, presque dés le départ, cette dimension si particulière de l’amour maternel.

Dimension unique, qui lutte contre ce qu’il provoque lui-même.

La femme qui supporte le maternel donne son amour, l’oblativité de son amour,

cette particularité de cet amour, parce que le désir qu’elle met en jeu a une dimension sauvage, en effet.

C’est en fonction de ce don d’amour qu’une libération se fait par rapport à cette sauvagerie et, finalement, grâce à cette sauvagerie elle même.

J’avais lu un texte de Platon juste avant, où Phédon emploie un terme vraiment tout à fait amusant et je crois très important et très intéressant ; Phédon parle du contre-amour.

Ça veut dire qu’une personne est follement aimée par son amant et cet amant,

le fait qu’il lui porte un tel amour, ça va lui permettre d’avoir une grande énergie ailleurs.

Il ne va pas rendre l’amour à la personne qui l’aime mais ça va lui donner beaucoup de liberté par ailleurs.

Je crois que c’est un terme tout à fait intéressant pour comprendre quelque chose d’aussi

important que le passage de l’endogamie à l’exogamie.

Comment l’amour maternel, et pas seulement l’amour maternel d’ailleurs, aussi bien l’amour paternel,

donne une énergie, une force suffisante pour lever l’inhibition que provoque le désir d’aller en dehors de la famille.

Grâce à l’amour on peut fuir cet amour et aimer en dehors.

Lever d’inhibition qui est quelque chose de tout à fait distinct du symptôme.

... C’est ce moment où il y a quelque chose de l’action qui est possible. ...

 C’est-à-dire, ce qui donne le courage de partir sans peur, sans crainte

d’être abandonné.

Sans culpabilité d’être abandonné, plus exactement.

Culpabilité qui revient dans un certain nombre de cas cliniques qui sont rapportés.

C’est à partir de là que l’on peut mieux situer un certain nombre de termes qui sans ça restent coincés dans la neurophysiologie.

Par exemple, le terme de Freud : Hilflosigkeit, le sans recours, la détresse, on peut rabattre ça facilement sur la détresse physiologique du nourrisson.

Le pauvre, il ne peut pas bouger tout seul... Et si on ne voit pas ce jeu du désir et de l’amour, et bien, ce terme reste coincé dans la physiologie, dans la neurophysiologie.

C’est simplement la prématuration. Mais ce qui fait le fond de la détresse, c’est quoi ?

Le fond de la détresse c’est la nécessité pour l’enfant qui est, à ce point, déterminé par

le désir de l’autre,

à ce point désiré d’avant même sa naissance par quelque chose qui le submerge et le dépasse complètement, de dire " non ".

C’est d’ailleurs ce qu’il manifeste tout de suite pas le cri.

Le cri sans raison autre que ce " non " à ce déterminisme.

Le fond de la détresse, c’est d’avoir à dire " non " à cela même qui a amené à la vie.

Et comment est-il possible de dire " non " à cela sans cet amour qui vient palier à ce désir d’avant la naissance.

D’où l’importance, je dirais, de cette particularité de l’amour maternel qui permet d’aller

ailleurs[...]

Le terme de promesse, en fonction de la lecture que j’ai faite,

la promesse de l’amour maternel c’est l’autorisation de trahir cet amour lui-même.

Possibilité de trahir ( celle qui ) l'a amené à la vie.


Publié dans citations. Notes.

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