''Des '' hommes dénaturés'' de Vercors, au transhumanisme et à l'I A - 3 liens 1) fr.wikipedia.org , résumé du roman ; 2) olivierhammam.fr, texte de ''La sédition humaine'', de Vercors ; 3) youtube.com site de galilée 3.0 : ''Zoo ou l'assassin philanthrope'' pièce de Vercors, Fête de la Science 2019 à Castelnau-le-Lez
Les Animaux dénaturés - Wikipédia
Les Animaux dénaturés est un roman écrit par Vercors et publié en 1952. Ce roman pose la question du propre de l'homme. Origine de l'œuvre C'est en cherchant à définir ce qu'est un Homme à ...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Animaux_d%C3%A9natur%C3%A9s
Vercors - Plus ou moins homme - La sédition humaine.
Dialogue sur l'idée de rébellion La sédition humaine et la pensée biblique Constater que certains mots ont perdu la netteté de leurs contours aussi bien que de leur contenu, c'est devenu presq...
Zoo ou l'assassin Philanthrope - Fête de la Science 2019 - MJC Castelnau-le-Lez
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Le roman, à l'humour léger, Les animaux dénaturés paraît en 1952 quand la France découvre la science-fiction aux dimensions sociologiques et humanistes.
Des anthropologues partent à la recherche du chaînon manquant, de l'intermédiaire, entre l'homme et le singe et ils le découvrent, en Australie, sous la forme d'une population vivante : celle des Tropis. Ces derniers pourraient rapidement être utilisés par la société capitaliste en devenant une main d'oeuvre sans salaires ni droits dans des usines... Serait-ce condamnable ? Car, en fait, ont-ils des droits - les ''animaux'' n'en ayant pas, s'entend - ? Il faut donc répondre à la question : ''les Tropis sont-ils des ''Hommes'' ? Comme on ne sait pas trop définir ce qu'est un Homme, le plus simple c'est de vérifier s'ils peuvent avoir une descendance, devenir une espèce, et avec qui : le singe ou l'humain ? Alors, on insémine artificiellement ''les femelles'' Tropis...
Le roman sera adapté au théâtre, en 1959, sous le titre Zoo ou l'assassin philanthrope, comédie judiciaire et morale.
Et les travaux préparatoires de Vercors, telles ses nombreuses recherches dans les dictionnaires et les encyclopédies le conduisent, après avoir remarqué qu'il était très difficile de définir ce qu'est ''un humain'', puisque selon les religions et les philosophies, les points de vue varient, à rédiger un court essai**, où il regroupe les points communs qu'il a découverts entre eux, intitulé La Sédition humaine. Cet essai se trouve dans un volume intitulé, lui : Plus ou moins Homme, 1950 (qui rassemble de nombreux articles et conférences prononcés et écrits).
**Cet essai est la retranscription d'une conférence qu'il a prononcée à Aix en Provence.
Il en déduit que l'humain est le fruit d'une opposition consciente ou inconsciente à la nature alors que l'animal s'y soumet sans examen.
'' -Tu veux définir l'Homme par la rébellion contre la nature ! Mais cet Homme est d'abord un animal zoologique ! - Dis-moi donc quelle est pour toi ''la limite zoologique'' entre l'Animal et l'Homme ?''
Il imagine alors la possibilité qu'un anthropopithèque/pithécanthrope puisse être découvert à l’époque contemporaine et tous les problèmes qui en découleraient pour le classer Humain ou Animal.
Ce postulat est le point de départ des Animaux dénaturés[].
Vercors, donc, à la question '''qu'est-ce qui fait qu'un être est humain ?'', répond qu'il lui semble que tout le monde s'accorde à dire que c'est par sa capacité à s'opposer à la nature, à la contester, à la transformer.
Or le transhumanisme prolonge précisément ce geste de contestation : en ne se contentant plus de transformer le monde, la nature, mais de transformer l'homme lui-même.
Texte qui rassemble des notes prises dans des articles cités depuis la semaine dernière
On peut se demander si le transhumanisme ne représenterait pas, pour ''l’homme occidental actif, lucide et inquiet, jamais satisfait de lui-même, tendu vers de continuelles améliorations de soi et d’autrui'', l'aboutissement logique de l'humanisme, tel qu'il est décrit par Vercors, ce moment où celui-ci se renverse en négation de l'humain.
''L’homme occidental actif, lucide et inquiet, jamais satisfait de lui-même, tendu vers de continuelles améliorations de soi et d’autrui''.
Quand l’humanisme, exaltant l’homme, prônait sa formation « par l’écrit et par la lecture », l’apprivoisement de ses passions, le transhumanisme se présente comme l’utopie d’une libération inconditionnée du genre humain, l’école du débridage.
Gilbert Hottois, philosophe, spécialiste de la techno-science dit :
" Le transhumanisme est une manière de penser à propos du futur basée sur la prémisse que l’espèce humaine dans sa forme actuelle ne représente pas la fin de notre développement mais une phase comparativement assez primitive.
Nous le définissons formellement comme suit : le mouvement intellectuel et culturel qui affirme la possibilité et la désirabilité d’améliorations fondamentales de la condition humaine grâce à la raison appliquée, spécialement en développant et en rendant largement accessibles des technologies permettant d’éliminer le vieillissement et d’améliorer grandement les capacités humaines intellectuelles, physiques et psychologiques.
Nourris du concept baconien d’un savoir-pouvoir, ( Selon Francis Bacon, l’homme doit régner sur la nature, et pour cela, il se doit de la connaître. L’empire de l’homme sur les choses repose sur les arts et les sciences.)
convaincus par Descartes que l’homme n’est qu’un ensemble de rouages mécaniques, pétris des idées des Lumières, à savoir : perfectibilité infinie de l’espèce humaine, progrès essentiellement mélioratif,
donnant son assentiment au dogme de l’évolution,
les transhumanistes travaillent à façonner un homme nouveau.
Un homme, jouissant du mieux-être, amélioré, voire transformé, grâce aux technologies NBIC (.
Le transhumanisme, se révèle donc être un mouvement
a-naturaliste, eugéniste, progressiste et évolutionniste, matérialiste et athée, ultra-libéral et utilitariste.
Héritiers des Lumières, rebelles à l’idée d’une nature donnée, “figée”,
les transhumanistes s’érigent en créateurs.
En apprentis-sorciers. Dieu mort, l’humanité est montée sur ''Son trône''. Désormais, elle est à elle-même sa fin. Sa Providence.
le posthumanisme affirme que l’ère de la Singularité (fusion homme-robot ) mettra fin à cette même histoire, au temps proprement humain.
À l’humanité, doit donc succéder une posthumanité.
Celle des robots, des cyborgs ; des hommes modifiés, bioniques, numériques.
Désormais, le transhumanisme veut remodeler l’homme. Le redessiner grâce au pouvoir que lui confère la technique.
Et si la technique vient de l'homme, elle est donc ''humaine''
Dès lors, cet homme nouveau, à qui les transhumanistes projettent de donner naissance, n’est-il pas aussi en quelque manière humain ?
On voit donc mal comment l’homme pourrait sortir de sa nature, s’exiler hors de son être.
Le transhumanisme repose donc une question philosophique de premier ordre, ardue :
les actions humaines ne sont-elles pas toujours… humaines ?
Autrement dit : peut-on sortir de sa nature ?
Si le transhumanisme se revendique de l’athéisme, il n’en reste pas moins, à sa manière, une religion.
Gilbert Hottois affirme qu’« un intérêt majeur du transhumanisme tient au fait qu’il est potentiellement porteur d’une vision du monde et de l’homme ayant le poids d’une religion ou d’une métaphysique sans en partager des caractères essentiels ».
Certes, le transhumanisme ne s’impose pas aux hommes comme les églises.
Toutefois, les idées qu’il charrie – athéisme, perfectionnement illimité de l’homme, évolution, etc. – ne présentent-elles pas les apparences du dogme ? Et leur mépris de toutes les croyances, relève du sectarisme.
À la morale des vertus, il substitue celle de l’human enhancement.
Ayant pris conscience de la folie – philosophique et biologique – de ce mouvement, devons-nous pour autant refuser toute amélioration de l’homme ?
Il n’en est rien, évidemment.
Si le posthumanisme, dans son désir, émanant de sa haine du corps humain, d'une création de l’homme bionique,
le transhumanisme, qui vise à une amélioration certaine de la condition humaine, doit être questionné, étudié, analysé.
Toutefois, avec la médecine, la philosophie éthique doit reposer la question des limites du bien et du mal.
Car à l’heure de l’avortement thérapeutique, des manipulations génétiques et des recherches sur les cellules souches embryonnaires, le philosophe ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la moralité de certains actes médicaux. La loi de la conscience interdit d’attenter à la vie d’autrui. Le '' Tu ne tueras point '' est une règle que toutes les religions partagent. Dès lors, si la biologie a rendu manifeste que l’embryon possédait la totalité de son patrimoine génétique, comment ne pas le considérer comme humain ?
Le transhumanisme est-il un humanisme ?
Gilbert Hottois répond : ''Le transhumanisme prend ses distances par rapport aux humanismes traditionnels et modernes par la relativisation de la valeur exclusive accordée à l’être humain en tant que membre d’une espèce biologique. Il dénonce le spécisme de l’humain.''
À l’idée d’une ''nature''' figée, sacrée, le transhumanisme préfère la notion de ''personne'', définie par la présence d'une conscience, d'une sensibilité, de la capacité de raisonner et de choisir.
Ainsi, ne peut-on pas dire qu'en tant qu’il rejette le concept de nature, qu’il nie la spécificité de l’espèce humaine, parce qu’il méprise le corps, le transhumanisme n’est pas un humanisme.
Et pourtant… Les transhumanistes n’ont de cesse de revendiquer leur filiation avec la Renaissance et les Lumières.
Se tromperaient-ils ?
Non, quand ils s'inscrivent dans la lignée de Pic de La Mirandole, de Descartes et de La Mettrie, de Galilée et de Newton, ils peuvent, sans nul doute, être dit humanistes.
On peut même dire aussi que le transhumanisme qui, en fait, tire les conclusions des principes humanistes et révolutionnaires – athéisme, matérialisme, autonomie de la personne, liberté sans limites - peut être considéré comme étant l' épanouissement, l' ultime achèvement de l’humanisme.
La raison, à l’âge classique, s’attachait à dominer et le monde et l’homme, aujourd'hui, elle entend les modifier. En cela, le transhumanisme se place bien dans la filiation directe de l'humanisme, avec la même volonté de mainmise sur ''l’être intime'' des choses.
Mais si l’humanisme conduit au post/transhumanisme, au mépris de l’être humain, est-il si humaniste ?
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Des ''Tropis'' de Vercors dans les années 1950, au transhumanisme, dont la première charte, date des années 1990, jusqu'à l'IA des années 2020
L'utilisation à la portée d'un nombre croissant d'humain·e·s de l'I A cognitive et générative ouvre la question de ''qu'est-ce que l'humain ?'', puisque certaines des facultés ''proprement '' humaines, telles que le langage, la création, pourraient/peuvent déjà être partagées par des entités non - humaines !