Mars - Quelques notes à propos de : ''Féminisme et écriture inclusive ou la place du féminin dans l'écriture'' avec, en lien : shs.cairn.info pour un compte rendu de Anne-Marie Houdebine-Gravaud sur l'ouvrage d' Eliane Viennot ''Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin''

Publié le par Claire Antoine

                                 Quelques notes prises dans l'article pré-cité

L’écriture inclusive vise à (r)établir la parité dans l’écriture, fait débat.

En fait, il s'agit là de donner, dans la langue française, une place, visible, à ce féminin qui a été progressivement ''invisibilisé'' à partir du XVIIe siècle.

(Cf. Eliane Viennot, historienne et auteure de l'ouvrage : Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin.

Elle parle notamment de la "règle de proximité" qui prévoit l'accord de l'adjectif avec le substantif le plus proche. Si on la suit, on doit par exemple écrire "les hommes et les femmes sont belles"... mais aussi "les femmes et les hommes sont beaux", selon leur place/position dans une phrase.

Cette règle, longtemps en vigueur , a été progressivement évincée à partir du XVIIe au profit d'un usage selon lequel "le genre le plus noble l'emporte sur l'autre". Et à la​​​​ fin du XIXe siècle, avec l'instauration de l'école obligatoire, la règle de grammaire officielle restée en vigueur dans les manuels scolaires jusqu'à aujourd'hui (?) est celle-ci : "le masculin l'emporte sur le féminin". En conséquence, (et donc pour des raisons idéologiques) :"les hommes et les femmes sont [tous] beaux". )

Aujourd'hui, l'écriture inclusive vise donc à revenir à une langue plus paritaire, comme elle l'était auparavant. 

                      Derrière l'écriture, des constructions historiques pour expliquer le sexisme

Au-delà des raisons graphiques et grammaticales qui ont gommé le féminin de la langue française au cours des siècles, l'effacement des femmes des fonctions intellectuelles procède aussi d'une histoire. A ce sujet, l'histoire des substantifs féminins et masculins est éclairante. Au XVIIe siècle, les substantifs féminins désignant des fonctions à prestige ont disparu de la langue française : "La guerre contre ces substantifs n’a été faite que pour les substantifs qui désignaient des professions prestigieuses, que les hommes estimaient être les leurs", Eliane Viennot. Elles ne seront réintégrées que tardivement

Certains voient dans cette écriture dite ''inclusive'' : une “agression de la langue par l’égalitarisme”. Elle a été utilisée pour la première fois utilisée dans un manuel scolaire aux éditions Hatier, en mars 2017, selon les recommandations du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE). 

                                             Rendre les femmes visibles dans l'écriture. 

Peut-être avez-vous déjà croisé dans vos lectures le fameux point médian ? Exemple : "les étudiant·e·s diplômé·e·s en littérature", ou "auteur·e". Pour placer ce point médian au milieu d'un mot, il suffit sur votre clavier de taper sur la touche ALT, puis 0183 sur le pavé numérique.

Par écriture inclusive, on entend aussi le fait d'accorder, par exemple, les noms de métier ou les fonctions au féminin : "Madame la présidente", "autrice" ou encore "docteure".

...autant de préconisations de l'écriture inclusive 

            Si l'expression "écriture inclusive" est récente, la réflexion, en revanche, n'est pas nouvelle.

Amorcée il y a une trentaine d'années, la première tentative visait à remettre du neutre dans l'écriture,la langue française étant intrinsèquement très genrée, on y parlait, pour désigner les règles permettant d'éviter toute discrimination sexiste, de "langage épicène" ( au lieu de beaux· elles, ou belleaux, ou même beaux/belles on utiliserait, par exemple ''magnifiques'')

Au final c'est le terme "inclusif" a été choisi comme un miroir plus juste de cette bataille langagière et féministe. 

                                                                                    à suivre...

Mars -  Quelques notes à propos de : ''Féminisme et écriture inclusive ou la place du féminin dans l'écriture'' avec, en lien : shs.cairn.info pour un compte rendu de Anne-Marie Houdebine-Gravaud  sur l'ouvrage d' Eliane Viennot ''Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin''
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