Début de la courte pièce ''Et c’est pour ça …qu’ Andiwa nous balade !'', écrite suite à un appel à textes, en 2025, sur le site ''Le Proscenium'', sur le thème de ''La Collection'' Pour recevoir la fin contactez moi par commentaire blog
Et c’est pour ça …qu’ Andiwa nous balade !
Durée approximative : 15 mn - Personnages : · Andiwa, · Le copain, · Récitant et Voix Off, . 1 groupe de 6 (ou moins)
Synopsis : Andiwa est une collectionneuse passionnée par le Pop Art et les BD des années 1960. Elle est confrontée aux critiques du copain qui remet en question sa compréhension du Pop Art et ses motivations : féminisme, déconstruction, appropriation culturelle. La saynète explore les tensions entre la passion personnelle et les attentes sociales, ainsi que les questions de légitimité et de compréhension culturelle.
Décor : Quelques pancartes. Des boîtes de conserve. Des brosses à dents. Un certain nombre de Bandes dessinées.
Costumes : Plutôt années 60. Les personnages du groupe de 6 (ou moins) sont habillés de la même façon.
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Récitant (Il est hésitant, maladroit, jetant un coup d’œil sur une feuille qu’il tient à la main. Il lira ou non la note 1) -‘’I don’t care, if have a cramp !’’[1] L’imaginaire collectif crée un petit écart, un clinamen, quelque chose aurait dû être retenu qui a été oublié. Il faut changer le monde. Amnésie du féminin qui disparaît.
Andiwa -Aujourd’hui, je classe, je mets de côté, je range et dérange ensemble mes choses, mes objets, tisse pour que ce ’’ quelque chose oublié’’ puisse resurgir, et se répéter identique demain jusqu’au fond de l’obscurité abstraite et nue des siècles et des siècles.
Récitant-Réminiscence imprécise. Souvenir fragmentaire. Agénésie du vieux monde.
(Des personnages habillés de la même façon traversent la scène portant chacun une pancarte sur laquelle est inscrit le slogan ‘’Le droit des femmes’’.)
Récitant -Des femmes en mouvement…Il lit la didascalie : ‘’Des personnages habillés de la même façon traversent la scène portant chacun une pancarte sur laquelle est inscrit le slogan ‘’Le droit des femmes’’.’’
Le copain-Qu’est-ce que je vois ? Des boites de conserve et des brosses à dent et des planches de BD des années 1960. Tu as saccagé des centaines de BD.
Andiwa-Non ! Pas des centaines.
Le copain-Tu sais que ce n’est pas ça le Pop Art ? Enfin, pas que.
Andiwa - Pas que quoi ? ils ne s’intéressaient pas à la BD ?
Le copain - Si, mais pas comme ça !!!! Tu oublies l’artistique ! Certains utilisaient comme matériau premier les BD, mais ils en faisaient autre chose. C’était juste une base. Un point de départ. Excuse-moi, mais je trouve que tu manques de culture. Tu t’accapares un sujet, un thème que tu ne maîtrises pas ! Tu ne mérites pas le nom de ‘’popiste’’. Ce serait plutôt ‘’fumiste’’ ton truc. Collectionneur de fumisteries…
Andiwa- Gros malin ! Je l’aurais bien fait, mais je n’ai pas trouvé la catégorie sur la liste. - Regarde tous ces titres, ils ne te remuent pas ? Toi aussi tu avais 10 ans dans les années 60 du siècle dernier !
Le copain- Pas moi !!!!! Mon père !!! Mon grand-père ! Tu transgresses les générations !Les tintin d’Hergé, les Astérix et Cléopâtre ou chez les Bretons de Goscinny et Uderzo, c’est eux.
Andiwa-Mais tu les as lues aussi…
Le copain (Il fouille dans la boîte) -Les Schtroumpfs !!!!
Andiwa- Et là, regarde : Spirou et Fantasio…Zorglub Z…comme Zorglub…
Le copain- J’attendais Z comme Zorro !
Andiwa- Eh ! non.
Le copain- Et là ! !
Andiwa- Quoi ?
Le copain- Mon préféré ! Corto Maltese
Andiwa- Moi, c’était Lucky Luke !
Le copain- J’avais un chien qui s’appelait Lucky.
Andiwa- Et ?
Le copain- Rien. Bof ! Question ‘’chance’’ c’était pas exactement ça….Bon, revenons à nos moutons.
Andiwa-Bêêê…
Le copain- Pff ! tu es bête.
Andiwa- Je m’abstiens de commentaires sur ton sectarisme. J’adore les moutons et les chèvres.
Le copain- Mais moi aussi ! Et tu as oublié les chats et les chiens.
Andiwa- Mon chat s’appelle « Le chat ».
Le copain- Mon hamster s’appelle « Tortue » !
Andiwa- Cool !
Le copain-Tu veux les vendre tes BD ? Pour ça je peux t’aider. Mais bon, à voir ta tête, je suis sûr que tu ne veux pas les vendre, ni même que refusant mes services, ( bons et loyaux, n’en doutons pas) tu veux faire passer un ‘’message’’. Depuis que tu regardes des vidéos politiques sur you tube tu te prends pour une citoyenne ‘’déconstruite’’, comme on dit. Et c’est pour ça que tu es attirée par le pop’art. D’ailleurs, c’est quoi pour toi ? c’est quoi ton pop corn ?
Andiwa- Ne te moque pas de ce que tu ne comprends pas.
Le copain- Oups !!!!
Andiwa- Pop art. ‘’Pop’’ une abréviation de populaire et ‘’art’’ comme art.
Le copain- C’est tout simple, en fait. Je m’en faisais une montagne ! Et le but ? Pour toi, au XXIe siècle ?
Andiwa- Tout pareil !
Le copain- Que quoi ?
Le récitant- Le mouvement féministe qui se revendique comme appartenant au Pop’Art voulait, dans les années 60, 1960 ‘’transformer les stéréotypes sexistes’’.
AndiwaElle peste en se retournant du côté du public
- P’t…Il m’oblige à me justifier. J’ai le droit de collectionner ce que je veux. Je me sens proche de cet art qui utilise ce que …Enfin bref ! J’ai pas fait d’Ecole d’art. Je ne sais pas tout ça. Je ne peux pas tenir une conversation sur les concepts popartiens
Voix off– Et tu le revendiques…tu en es presque fière ! C’est bien d’aujourd’hui, ce ‘’J’assume’’. Je fais n’importe quoi et …J’assume ! Tout à l’heure, Le copain a évoqué la déconstruction. Andiwa se prendrait pour une citoyenne ‘’déconstruite’’.
Andiwa (Elle sursaute et continue son monologue.) -‘’Rentre en toi-même, Andi, et cesse de te plaindre’’ devant les liens culturo-politiques quasi anachroniques de cet cet cet cet… ignorant. (Elle rit et s’essuie les yeux) Excusez-moi ! Je pense à Molière ‘’Ignorantus, ignoranta, ‘’ignorantum’’ …ignorant’homme’’. Pan sur le bec, les hommes ! (Son ton redevient sérieux) Tu ne m’en voudras pas Racine ? (Oui ! Le ‘’rentre en toi-même…’’est de toi), mais, cher Jean, je vais arrêter d’utiliser tes vers, de te citer, parce que ton nom renvoie très clairement plutôt à la verticalité et donc au pouvoir machiste et que là, je ne peux plus, je pouvais avant (avant quoi ? seriez-vous peut-être tentés de me demander, si je n’étais pas en position dominante et sacrée dans cet espace scénique qui nous protège telle autrefois la grille imaginaire d’un cirque). J’arrête mon monologue. Je ne suis pas une oratrice. Juste une collectionneuse, en début de collection. Et puis, moi, je fais pas de politique, OK ?
Le récitant - Je prends le relais de la Voix Off que vous ne verrez pas et que vous n’entendrez plus. Oui, elle nous a quittés, nous tous-z-et-toutes. Elle avait une crampe à force de tenir son texte. Si j’en avais fait un personnage de BD, j’aurais pu la dessiner métaphoriquement en train de se noyer.
Andiwa- Alors copain, comme ça tu regardes mes belles boîtes de conserve. Tu as vu, ce sont des boîtes de petits pois.
Le copainSans me révéler les secrets de ta pensée, pourquoi les petits pois ?
(...)
[1]Référence au tableau Drowning Girl de Roy Lichtenstein qui présente une femme en pleurs dans une mer agitée. Un phylactère énonce : « I Don't Care if have a cramp ! I'd Rather Sink — Than Call Brad For Help! » (en français : « Je m'en fiche, si j’ai une crampe ! Je préfère couler — plutôt que d'appeler Brad à l'aide ! »). Source Wikipedia
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