Pour aborder Francis Ponge, un détour par Lucrèce et la poésie didactique

Publié le par Claire (C.A.-L.)

 Pour plus de détails :   http://philo-lettres.pagesperso-orange.fr/lucrece.htm    site duquel je me suis largement inspirée,  en le saupoudrant de  http://fr.wikipedia.org/wiki/             

       Quelle poésie didactique* chez Lucrèce ?

                         5 mai 2012 008        anamorphose infinie du souvenir 2                

* Le poème didactique vise à enseigner quelque chose. Il peut s’agir d’un enseignement moral (une fable, par exemple), philosophique ou religieux, ou encore scientifique. Dans la poésie didactique, on distingue un  jeu sur les rythmes et les sonorités. L’abstrait et le concret sont souvent mêlés, qu’il s’agisse du lexique ou des comparaisons.

Hésiode, les Travaux et les Jours, Virgile, les Géorgiques, dont l'enjeu est sans doute plus "politique", d'une part  ; et, d'autre part,  la philosophie pré-socratique avec Démocrite, Parménide, Héraclite... et Lucrèce.

             Pour eux, poésie et philosophie sont liées.

      Lucrèce a pour maître Epicure*

 *philosophe grec, né à Samos fin -342 ou début -341 et mort en -270. Il est le fondateur, en -306 av. J.-C., de l'épicurisme, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité. En physique, il soutient que tout ce qui est se compose d'atomes indivisibles. Les atomes se meuvent aléatoirement dans le vide et peuvent se combiner pour former des agrégats de matière. L'âme en particulier serait un de ces agrégats d'atomes, et non une entité spirituelle, notamment d'après son disciple Lucrèce. En éthique, le philosophe grec défend l'idée que le souverain bien est le plaisir, défini essentiellement comme « absence de douleur ». En logique ou épistémologie, Épicure considère que la sensation est à l'origine de toute connaissance et annonce ainsi l'empirisme.

                             Lui-même ayant pour maître Démocrite*.

*Démocrite d’Abdère (en grec Δημόκριτος / Dêmókritos), né en 460 av. J.-C. à Abdère et mort en 370 av. J.-C., était un philosophe grec souvent classé parmi les Présocratiques du point de vue philosophique, bien qu'il soit un peu plus jeune que Socrate, et qu'il soit mort quelques trente années après lui. Il est considéré comme un philosophe matérialiste en raison de sa conviction en un Univers constitué d'atomes et de vide (théorie atomiste). Sa poésie sera donc proche de la science et de la philosophie.

            A l'époque de Lucrèce, la poésie didactique est le genre le plus important.                                                   

            Lucrèce vit à l'époque de Cicéron – qui est d'ailleurs son éditeur. A cette époque, on s'intéresse à la philosophie, mais surtout stoïcienne.  Il existe des cercles philosophiques et littéraires, notamment celui de Scipion Emilien, qui fait des recherches sur Platon, Aristote, le stoïcisme, et sur les penseurs épicuriens.

Les Épicuriens passaient pour refuser la vie politique.

Pour Platon, la connaissance physique est le but de la philosophie ;

pour Epicure, c'est un moyen, car, le  but final c'est l'ATARAXIE*  *du grec ἀταραξία  signifiant « absence de troubles » apparaît d'abord chez Démocrite et désigne la tranquillité de l’âme résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence.

L’ataraxie devient ensuite le principe du bonheur (hêdonê) dans le stoïcisme, l’épicurisme et le scepticisme. Elle provient d’un état de profonde quiétude, découlant de l’absence de tout trouble ou douleur. Cette notion apparaît à l'époque d'Épicure. Elle est en effet liée, d'une façon non nécessaire, à l'aponie, ou absence de troubles corporels.

Or, Lucrèce a l'impression d'étouffer dans la religion romaine qui établit entre le  hommes et Dieux des rapports fondés sur le troc et la fausseté. 

L'enjeu principal de " la théorie des atomes" est est de se libérer de  la crainte religieuse, du trouble, càd de la crainte de la mort. 

                         Postérité de l'Epicurisme, et de Lucrèce :

Postérité morale : Ronsard ("cueillez dès aujourd'hui...")--Montaigne (fin des Essais : "Pour moi, donc, j'aime la vie telle qu'il plut à Dieu nous la donner.")

Postérité métaphysique : matérialisme de Gassendi (17ème siècle), de Diderot (18ème siècle) et dans une certaine mesure de Marx (19ème siècle).

positivisme et enthousiasme scientifique du 19ème siècle. Lyrisme scientifique.

La physique contemporaine voit son acte de naissance dans le De Natura rerum : cf oeuvre de Michel Serres.

Postérité poétique : René Char, et surtout Francis Ponge

Publié dans citations. Notes.

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