À propos d'Howard Barker, in ''Arguments pour un théâtre''

Publié le par Claire

"un" théâtre pas "le" théâtre

"un" théâtre pas "le" théâtre

                                                                            Copié/collé de la présentation des Éditions Les Solitaires Intempestifs

Dans l'histoire du théâtre, il y a un moment qui n'a pas été interrogé jusqu'au bout. Lorsque Roland Barthes, pourtant si féru de théâtre et de Brecht, déclare son corps impropre à la pratique théâtrale. Une stase d'arrêt physique, qui marque une réintroduction du théâtre à l'intérieur de problématiques «sextuelles» : de quoi puis-je jouir, qui jouira de moi ? La scène ne peut laisser derrière elle qu'une promesse de mélancolie que Barthes portera jusqu'à la fin. La distance brechtienne cesse d'éclairer le monde, c'est le règne des Lumières qui est soudain remis en cause. Les textes d'Howard Barker n'en finissent pas d'en découdre avec cette «transparence» héritée des Lumières, et d'un même mouvement avec la démocratie et la Révolution française. «Les Lumières, c'était leur mot. Les coins sombres étaient malsains, des égouts ou des tuyaux d'évacuation. Les pièces sombres ne pouvaient qu'abriter les complots, ceux de l'aristocratie, ceux de l'Eglise. Les menteurs préféraient l'obscurité.» Et Barker d'analyser la dérive d'une démocratie devenue totalitaire, populiste, c'est-à-dire sans reste pour l'obscurité des désirs. Son recueil Arguments pour un théâtre devient passionnant, lorsqu'il s'affronte à ce que Barthes n'avait eu le temps que d'esquisser : qu'est-ce qu'un théâtre sadien. Il est alors question d'un théâtre tragique, dionysiaque, mais que l'Europe a renié comme fondements de son histoire. Loin de l'humanisme, du témoignage, du politique, Howard Barker cherche à renouer avec un théâtre de la discordance et de la division, réfutant son public, pour mieux l'atteindre dans le malaise et l'obscène. Si Sade n'est pas cité, on trouvera l'équivalent dans de splendides études sur le Caravage et ses décollations, sur l'Illiade d'Homère, et les différents visages qui absentent la tragédie en Occident.
Yan Ciret

                                           Citation d'H.BARKER trouvée sur le site "blog de ma fille"

La pièce...n'est pas un débat. Elle est littéralement "jeu" et comme les jeux d'enfants, elle invente son monde, sans avoir besoin d'une légitimité venue de l'extérieur.

Elle traite de l'impossible, et tire son immense autorité spirituelle de cette question simple

                 " et si... ?" et non d'un banal : "Saviez-vous que...?"

                                             Le théâtre d'H Backer n'est pas consensuel.
Il  bouleverse le spectateur le faire se sentir plus vivant, donc réactif et pas forcément à l'aise, et capable d'en parler tout de suite à la sortie, de faire des commentaires interprétatifs. 
Il revendique le côté « obscur » de ses textes,

car l'art n'a pas à fournir des réponses, éduquer,  soulager des malheurs.
C'est une expérience qui rend la vie plus "problèmatique".

Le malheur de l'homme accède à la beauté quand il est représenté sur une scène.

Il devient interrogation qui résonne à partir de la banalité, des habitudes paresseuses de la pensée et de la langue.

Ainsi sa dimension axiologique s'efface-t-elle au profit d'un éveil de la conscience au-delà du jugement "de/sur maintenant, dans hier, pour demain". En cela, c'est un théâtre (politique) de résistance.

                    Je suis là et je dis  autre chose, autrement, d'ailleurs