''La logique du contradictoire : La métahorèse'' - Quelques notes prises dans quelques articles de Claude Plouviet trouvés sur son formidable site, celui ''du tiers inclus et de la mésologie''. 2 liens : 1) général tiersinclus.fr; 2) tiersinclus.fr/fenetre-doverton-entre-metahoretique-et-metahorethique
''La logique du contradictoire'' met en question le principe de non-contradiction de la logique ''binaire''.
Dépassement des frontières conceptuelles, sensibles ou spirituelles.
La métahorèse désigne le mouvement par lequel une limite devient passage : changement d’état au-delà d’un seuil. Elle est transfiguration d’un seuil, intellectuel, psychique ou symbolique.
Synonymes : Transfiguration, transmutation, dépassement, métamorphose, alchimie intérieure.
Antonymes : Séparation, clôture, dualisme, stagnation, ossification.
La métahorèse, de par son étymologie couplée ( Méta- horizein / hairesis 1), adjoint la présence des éléments, évènements ou phénomènes en interaction, leur mouvement et leur passage/changement d'état, de valeur, émanant de la tension entre polarités.
A contrario d’une logique binaire d’opposition ( logique du tiers exclu ) dans laquelle les éléments, évènements ou phénomènes sont figés, en opposition, et en lien avec la logique du tiers inclus, ici, ni les polarités (antagonismes) en interaction ni la valeur « tiers » qui en émane ne sont absolutisées/figées/déterminées/fixées/localisées/repérables…
Cette troisième valeur dite ''tiers inclus'' porte la contradiction, tandis que la logique binaire est non contradictoire). Étant lui-même non absolutisé, le tiers inclus porte en lui la dynamique du devenir émanant de polarités non absolutisées.
La métahorèse n’est pas la synthèse hégélienne, mais dépassement des oppositions, union des contraires sans fusion. C'est un flux, une énergie, une dynamique qui habite l’écart dans lequel elle ne naît ni ne meurt. Elle y advient. Elle est respiration.
Philosophiquement c'est donc un mouvement par lequel une limite, une distinction ou une opposition est dépassée par transformation de sens. Elle n'annule pas la frontière, elle la transfigure en passage.
On peut utiliser le terme pour évoquer le processus créatif par lequel un mot, une image, ou une forme deviennent symbole, métaphore, ou révélation.
On peut dire aussi qu'un artiste pratique une métahorèse du réel : il transforme le visible en vision.
1 . Méta + horizein : Au-delà de la limite. La frontière se transforme en passage, avec un sens néologique de glissement, de dépassement ou transgression d’une frontière conceptuelle ou symbolique. Méta + hairesis : Au-delà du choix figé.
Petits rappels : tiers exclu (Aristote)/tiers inclus (Lupasco)
Le tiers exclu, la logique - classique - d'identité
Selon Aristote : Il est impossible pour un même personne de concevoir en même temps que la chose est et n’est pas. L'un disparaît toujours au profit de l'autre.
L’identité stricte exclut le changement et la logique d'identité ne peut penser le changement qu’en l’analysant en états successifs.
Le tiers inclus, c’est la logique du contradictoire.
Selon Lupasco : si « e » est un évènement logique quelconque, sa négation ne signifie pas sa disparition mais sa potentialisation.
Aussi loin qu’une actualisation aille dans un sens, le terme antagoniste se potentialise de plus en plus mais ne s’anéantit jamais.
Il reste toujours une actualisation minoritaire contradictoire de l’actualisation majoritaire, un quantum du contradictoire : Le Tiers inclus.
On est désormais face à une logique à trois valeurs, par opposition à la logique classique à deux valeurs: c’est la logique du Tiers Inclus Contradictoire.
La conscience élémentaire suppose la vie au sens du principe d’antagonisme : hétérogénisation et homogénéisation sont présents partout.
Ce tiers inclus n’est pas la résultante de deux identités, mais la troisième voie co-existante.
Comme dans la valeur linguistique où elle est émanation de la relation signifié ~ signifiant cette troisième voie est celle du devenir, de la dynamique de l’être.
Principes fondamentaux :
Si un évènement e se réalise (s’actualise), il passe d’un état potentiel à un état actuel.
Son évènement antagoniste non-e est potentialisé par l’actualisation de e. Si e s’actualise, non-e se potentialise; et réciproquement.
L’actualisation conduit vers l’identité, en potentialisant la non identité.
Tout phénomène/élément/événement logique quelconque, et donc aussi le jugement qui le pense, soit : ''e'' doit toujours être associé, structuralement et fonctionnellement, à un anti-phénomène ou anti-élément ou anti-événement logique, et donc à un jugement, une proposition, un signe contradictoire : un ''non-e''.
Ils ne disparaissent pas et ne peuvent jamais se suffire à eux-mêmes dans une indépendance ou une non-contradiction rigoureuse.
(à suivre)
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