La rhétorique et son pouvoir : exemple avec les ''non-vaccinés''. Lien théorique Weka ''La rhétorique (...) impact d'un discours''

Publié le par Claire Antoine

La rhétorique  et son pouvoir :  exemple avec les ''non-vaccinés''. Lien théorique Weka ''La rhétorique (...) impact d'un discours''

                     La recette de la fable de La Fontaine ( Les animaux malades de la peste) "revisitée"  

Je me demande quel est le sens à donner à ces trois brutales et outrancières questions accusatoires, formulées, sur une chaine de télévision par un premier ministre, à destination de gens intelligents et sages qui dans leur grande majorité ont obéi aux injonctions d'un pouvoir qui met en avant la raison, la science, les "sachants", et la santé. 

                         Un message simple en apparence qui conduit à une réponse unique

"Qui outrage la nation? Qui fracture la nation? Qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? "  a demandé courroucé le premier ministre. 

                                                                    Les empêcheurs de tourner en rond

 Sans hésiter, on répond tous - "M'sieur, moi...moi... " Les antivax" !  Un terme générique qui a le mérite d'être simplificateur, répété à l'envi, sur tous les tons, dans tous les médias et qui engendre immédiatement un rejet, un haut le corps ( genre "Au secours, je vais vomir ! ") tant il dit de choses renvoyant au refus du progrès, aux fachos, à ceux qui disaient du mal de Pasteur, refusaient le train à ses débuts, préfèrent l'homéopathie et peut-être même les toilettes sèches etc. en bref à l' obscurantisme...

             Si on y regarde d'un peu plus près : qui parle ? à qui ? et de quoi ?   

L'anaphorique pronom interrogatif "qui" semble mettre les trois interrogations sur le même plan, alors qu'il faut regrouper les deux premières à la cadence identique et qui ne diffèrent entre elles que par leur verbe  (Qui outrage la nation ? Qui fracture la nation ?) : même nombre de syllabes (7), anaphore "Qui ?" et épiphore "la nation", une notion très complexe qui appartient à un champ lexical beaucoup discuté, qui part de l'idée de "souveraineté", et renvoie à un imaginaire révolutionnaire, dont nous sommes fiers, et à la citoyenneté, à la puissance politique du "peuple" qui a délégué sa souveraineté à l'Etat et à se représentants dont fait partie celui qui parle, bien que sur ce poste-là, il n'ait pas été élu. 

De représentation en représentation : ce que "l'on dit de nous" (du gouvernement), on le dit de vous (citoyens vaccinés). 

Il parle donc au nom des citoyens, (des vrais) qui lui ont donné les clés du pouvoir et de sa puissance ( on comprend là que le sous-entendu c'est que, en fait, critiquer le gouvernement, représenté ici par le premier ministre, c'est critiquer les citoyens, ceux qui se sont fait vacciner et que ces derniers, en même temps  sont les victimes d'une minorité et ont besoin du secours des autorités. 

  Et que cherche t-il à dire, en toute solennité "le représentant du peuple" ?  Regardons les deux verbes "outrage" et fracture" violents et brutaux censés décrire les conséquences du refus, pour des raisons diverses, de se faire vacciner d'une petite partie de la population ( parce que ce qui est visé, c'est le mythique 100%, l'absolu, la totalité, l'unité...). Des choses très graves.

Un peu de vocabulaire

Outrager : offenser, injurier, commettre un outrage.   Qu'est-ce qu'un outrage ? un Affront, injure grave, en droit, c'est une offense à un personnage officiel et cela constitue une infraction. C'est la violation d'une règle, d'un principe.

Et  "fracturer" :  briser, romprecasser, "Je te casse les os, la tête, la figure, la gueule, ton coup".  Ils sont violents ! Attention ! 

    Un gouvernement, les citoyens qui votent pour eux et les soignants, victimes d'une minorité 

Et quand arrive la troisième interrogation que je vous rappelle : Qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? On est effondrés ! Les soignants qui sont obligés, je le répète, à cause de vous les sal... de faire le tri pour la grande faucheuse. Vous leur faites porter ce poids...Mais bon...même s'ils ont du sang sur les mains, ils savent eux aussi que c'est pas de leur faute. Comme on dit "Salauds de pauvres !", on peut dire Salauds de non vaccinés !  

Et vous vous étonnez que le Président veuille vous emmerder. Et encore c'est pas assez !  Il est trop gentil. 

                     À mort ! À mort ! vous aussi et sans tri, parce que vous le valez bien ! 

Et voilà comment les dirigeants d' un pays démocratique qui brandit à tout moment, quand il s'agit de politique étrangère, les droits de l'homme, réussit à se dédouaner sur le dos des citoyens et des soignants ! . 

Et je ne parle pas de ce que peuvent penser de tout cela les non vaccinés dans les pays où les vaccins sont réservés aux riches. C'est un autre problème. 

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