Dominique Combe, ''Poésie et récit : une autre rhétorique des genres'', éditions José Corti. Présentation trouvée sur le site de l'éditeur

Publié le par Claire

Dominique Combe, ''Poésie et récit : une autre rhétorique des genres'', éditions José Corti. Présentation trouvée sur le site de l'éditeur

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P/wPppppppppppppp  "Un désir indéniable à mon temps est de séparer comme en vue d’attributions différentes le double état de la parole, brut ou immédiat ici, là essentiel. Narrer, enseigner, même décrire, cela va et encore qu’à chacun suffirait peut-être pour échanger la pensée humaine, de prendre ou de mettre dans la main d’autrui en silence une pièce de monnaie, l’emploi élémentaire du discours dessert l’universel reportage dont, la littérature exceptée, participe tout entre les genres d’écrits contemporains."

     La poétique mallarméenne, qui exclut le récit, voué à l’"universel reportage", au nom d’une parole "essentielle", fonde une nouvelle rhétorique des genres littéraires. Le récit, depuis toujours intimement mêlé à la poésie, ne serait-ce que par la tradition de l’épopée, devient incompatible avec celle-ci, désormais identifiée au genre "lyrique".
 Sartre ne déclare-t-il pas dans Qu’est-ce que la littérature ? que "si le poète raconte, explique ou enseigne, la poésie devient prosaïque, il a perdu la partie" ?

     Pourtant, un retour au récit – dans la poésie aussi bien que dans le roman – semble s’esquisser depuis peu, comme si la rhétorique mallarméenne n’était qu’une parenthèse, d’un siècle environ, dans l’histoire de la poésie française, différente en cela des autres traditions – anglo-saxonne, notamment.

     C’est donc sur le sens de l’exclusion du récit en poésie, et sur la distribution des genres littéraires qu’elle implique, qu’il s’agit de s’interroger aujourd’hui, alors même que les limites de cette rhétorique semblent désormais circonscrites.

     La remise en question de l'exclusion du récit, hors du champ de la poésie, serait à lire comme l'inconcevable transgression d'une praxis littéraire principielle.

. Une lecture historique permet cependant de prendre la mesure d'une cohésion générique : il s'agirait alors de pointer l'étroite solidarité dynamique qu'entretiennent les deux pôles génériques que sont récit et poésie.

 L'enjeu sur lequel s'interroge Dominique Combe, comment concilier deux genres qu'opposent leurs limites respectives, est à lire comme la démonstration attentive et minutieuse que l'urgence théorique réclamait depuis longtemps.

 

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