(1)A relire : "La condition humaine"( Prix Goncourt 1933) d'André MALRAUX (1901- 1976)

Publié le par Claire

Ce roman faisait partie du programme en 1972, à la Faculté des Lettres de Metz. Mon professeur était Monsieur André  Brichet. Un homme sensible,  humain doublé d'un pédagogue. Il était le seul à sortir de l'ordinaire. Je me souviens avec plaisir des nombreux auteurs qu'il m'a fait (re)découvrir et qui marquent à jamais mon imaginaire:

entre autres   Georges Schehadé, poète  libanais  de langue française;

                    Saint-John Perse; Albert Camus;  Mallarmé; 

                 ainsi qu' André Malraux avec les  Antimémoires     et

                                 ...  La Condition Humaine  

 

                 

Roman publié d'abord en extraits ( in la Nouvelle Revue française et Marianne) puis, en volume chez Gallimard

Roman composé comme un film : plans discontinus. Rythme syncopé, cahotique. Personnages singuliers et symboliques à la fois. Prose classique,  alliant netteté, précision sèche et harmonie de la période lyrique.

Notable aussi l'incipit in medias res. Le fameux

" Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire..." : procédé qui aujourd'hui ne surprend plus personne

L'action (multiple) se passe en Chine. Les personnages cherchent dans l'obscurité,  le sens de leur  vie. Ils veulent briser leur solitude.

Un groupe de révolutionnaires communistes prépare un soulèvement, à Shanghaï.

Le récit démarre le  21 mars 1927. 

L'engagement dans l'Histoire doit permettre aux personnages de marier  la conscience de l'absurde avec la certitude de pouvoir triompher de son destin. Méditation et tragédie. 

Contexte politique : En Europe,  Hitler a le pouvoir (30 janvier 33). Nazisme et fascisme menacent l’homme.

En Asie, c'est le triomphe  apparent de Chang Kaï-Shek. Mao Tsé-Toung va entamer la Longue Marche (1934).

Le roman au fond se présente comme une (en)quête où, des êtres d'exception, dans des circonstances exceptionnelles, vont chercher fébrilement à briser leur solitude et à donner un sens à leur existence.


Les autres possibilités qui vont être "testées" par les différents protagonistes sont  l’amour ou l’érotisme;  l’alcool ou l’opium; la volonté de puissance ou l’Art;  la Révolution ou le don de soi.

Pour Malraux, comme plus tard pour Sartre, l’homme est la somme de ses actes. Seul compte le faire. Il n'est pas question pour eux de se tourner vers les fausses solutions, les illusions que sont  le passé, (surtout l'enfance), ou  le rêve.

Le premier rôle est en définitive tenu par la mort, car elle rend vaine toute prétention humaine à fonder quoi que ce soit.




Publié dans citations. Notes.

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