Ciaran ROSS ...remise en question de la pensée qui ...

Publié le par Claire

Toute  interprétation proposant une esthétique du vide qui serait fondée sur ses trous noirs et ses zones d'ombre, ne saurait se passer de la mise en question de sa propre pensée qui pense cette pensée beckettienne du vide.


Pour simplifier et schématiser, je dirais que si je devais penser ma lecture je la formulerais en termes d'expérience  de l'inconnu.


On ne lit pas Beckett pour connaître le texte.


Quelque part , une pensée, une représentation - chose, cherche à s'exprimer, à trouver 1 penseur, 1 auteur, 1 sujet. Chez Beckett, on est donc confronté à 1 expérience de lecture sans "mémoire ni désir", 1 expérience qui ne saurait s'expliquer.
Godot  est taraudé non par un quelconque  impensable, mais 1 irreprésentable, proche du "manque" dont parle Lacan, dans 1 espace insaisissable que définit Winnicott.

Pourtant, la pensée est 1 question qui ne peut être posée comme telle...
pourtant, ce qui ne cesse d'écrire et de s'écrire chez Beckett est bien une question, fût-elle inarticulable.
Et si, comme les personnages, nous ne savons la lire, la repérer, que là où elle n'est plus,
là justement où elle nous a émus et angoissés,
ce n'est pas que la question de la pensée soit impuissante à questionner, mais c'est qu'elle questionne ailleurs;
là où ce n'est plus le texte de Beckett  qui "parle"  de la pensée...là où nous sommes nous-mêmes pensés comme lecteurs.
Ainsi, le lecteur et le spectateur beckettien doivent "s'occuper" du rien, l'appréhender, sentir ses ombres, ses présences, ses"spectres", ses vertiges et ses "fureurs"...
Le lecteur doit toujours s penser la présence d'1 objet irréductible, ni possible, ni impossible, ni présent, ni mort, ni vraiment fantasmé, ni vraiment réel...Avoir les yeux ouverts, qui ne verraient pas
S'aveugler pour concentrer toute la lumière critique sur 1 point obscur.
Comment ne pas rester dans l'obscurité beckettienne ? comment la transformer sans tomber dans le mysticisme ?
Peut-être le salut est-il à côté du jeu...appel à jouer, à imaginer des "présences"même si elles se distinguent à peine du vide. Imaginer le vide.

Publié dans citations. Notes.

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