Notes sur la Méduse (suite)

Publié le par Claire

Phénomène de la "médusation". Arrêt soudain de la pensée droite telle qu'elle se ravise, réfléchit et qui répète , en l'outrant, donc en le déformant, en l'altérant jusqu'à lui conférer l'aspect du grotesque et de l'obscène,

ce vers quoi elle se retourne et qui a arrêté son cours,le grotesque et l'obscénité n'étant autre chose que l'effet même de ce retour sur soi.

Réflexion,  arrêt brutal et donc déformation, outrance,  grimace de douleur et de stupéfaction.

Ce que l'on découvre dans le refletne coïncide pas avec le souvenir que l'on gardait de ce vers quoi l'on s'était retourné.

Le mouvement (réflexion, révision) produit un sentiment de malaise, d'inquiétude, d'étrangeté qui viendrait du fait que ce que l'on découvre au lieu de nous ravir, nous stupéfie et nous paralyse.

 

Regarder en arrière cf mythes,  légendes, religions entraîne une sanction car alors il devient impossible de prêter attention à ce qui se présente en avant et fait ainsi courir un danger..

Celui qui se retourne ne découvre pas ce qu'il désire, ce qu'il cherche, mais il s'y laisse surprendre par ce qu'il attendait depuis toujours et cette surprise est de l'ordre de l'épouvante.

Ce n'est pas en soi  une vérité objective, c'est le fait de céder à la tentation de "réfléchir", qui épouvante et qui fait que là où nous nous attendions à trouver une forme adorable ou désirable, nous découvrons son contraire absolu, l'altérité  radicale, la bestialité de Méduse.

                         La pensée en tant que réflexion est fille de la peur.

Le mouvement même de se retourner est toujours dicté par l'angoisse.

On a peur de ce qu'il peut y avoir derrière soi, qu'on éprouve comme menace.

Mais à ce faire, c'est découvrir sa garde et c'est Gorgô qui nous saute aux yeux, l'incarnation imprévue de notre peur.

(à suivre)

Publié dans citations. Notes.

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