Saynète d'une conversation idiote, familiale et... inachevée ! encore ... sur phrase imposée

ELLE ( traversant la scène, un verre à la main; affairée )- Un riche restera toujours un riche. Il peut tout se permettre, même s'il est idiot. Il se met tout le monde dans la poche. Donc, pour reformuler, toi... ( Elle s'arrête devant luitu n'es qu'un pauvre idiot, mais tu es riche alors, ça passe.
DENIS - Ça passe ? Qu'est-ce qui passe ? Hein ? Toi, oui...Tu es bien agitée, ce matin. ( devant son air agressif, soudain ) je veux dire active, ce matin. Tu es très active, déjà. Et pourtant il est tôt...Tôt pour l'apéro. J'ai toujours remarqué que l'alcool te rendait survoltée. Qu'est-ce que je t'ai fait ? Hein ? (Elle s'est arrêtée.) Je suis un idiot, moi ? Tiens, bois...Et glou et glou et glou.
ELLE -(le repousse et tousse) Tu te rends compte de ce que tu fais ? Tu veux que j'avale de travers ? D'abord ce n'est pas de l'alcool, obsédé! C'est un gargarisme, pour mes dents. C'est mauvais de l'avaler. Je vais avoir des brûlures de l'oesophage, maintenant, à cause de toi. Tu te rends compte ? Ce que j'ai dit reste vrai.
DENIS - Sauf que je ne suis pas riche...
ELLE - Avant de me provoquer, tu pourrais t'excuser de m'avoir fait violence.
DENIS - Excuse-moi...ça va, comme ça. Tu en veux plus ? En double exemplaire ? En ligne ? Sur facebook, qu'en dis-tu ? Des excuses publiques ? Voilà qui aurait de la gueule.
ELLE - Stop. Tu es riche ? Tes parents sont riches. Ils ont quand même un commerce qui marche bien. Un bureau de tabac.
DENIS - Tu sais la consommation de cigarettes a baissé, avec les campagnes de prévention contre le tabagisme, l'interdiction de fumer dans les lieux publics, surtout.
ELLE - Pas besoin de m'expliquer...Je sais tout ça. Je suis là aussi les dimanches...D'ailleurs, à ce sujet, on pourrait peut-être, ce n'est qu'une suggestion, ne les voir qu'un WE tous les quinze jours...ou tous les mois. On aurait des choses à se dire, comme ça...
DENIS - Il faut que je file...On continuera la conversation tout à l'heure. ( Il prend sa veste et se prépare à sortir)
ELLE - Je pourrais savoir où tu vas ? Tu ne m'aides pas à finir le repas ?

DENIS - Non. ( Il disparaît. ELLE souffle et se gargarise)


                                                   NOIR 

                                                   A   TABLE

OFF
BM
- Bonjour, les enfants

BP - Bonjour, tous les deux.
( Les parents de DENIS entrent un bouquet de fleurs à la main. ELLE et DENIS sont entrain de finir de mettre la table)
BM - regardez ce qu'on vous apporte...

ELLE - Oh! Les belles fleurs. ( Elle les dispose dans un vase qui se trouvait là et ils s'assoient sauf ELLE) Et ce paquet, qu'est-ce que c'est ? C'est gentil..., c'est pour moi ?
BM - Non, désolée. Vous attendiez quelque chose, ma pauvre ? Non c'est pour la petite.
ELLE - Non, je plaisante. Je n'attendais rien du tout. La petite dort chez une copine, ce soir, désolée.
BM - Oh ! Vous savez pourtant qu'on vient tous les samedis et qu'on aime voir la petite ! DENIS, pourquoi ?
DENIS - La petite, comme tu dis avait envie de changer un peu ses habitudes, et sa copine, tu sais ? Marion... fête son anniversaire
BM - Vous préférez privilégier les gens de l'extérieur. 
ELLE -(revient de la cuisine avec un plat à la main) Vous n'avez qu'à l'inviter, si vous voulez la voir. Après tout les vacances approchent. Attention c'est chaud...(Elle les sert)
BM - Et vous, ma chère, vous ne mangez pas ? Vous avez un appétit d'oiseau, en ce moment. Y aurait-il anguille sous roche ?

ELLE - je ne vois pas ce que vous insinuez. (Elle va rester debout, les bras croisés) Non. Autant vous le dire, avant que DENIS ne sorte tout à l'heure, pour faire quoi ? Mystère et boule de gomme...nous parlions patrimoine, et je disais que comme il était votre fils, en fait, DENIS était riche. Et ...
BM et BP ensemble - Oh ! Riches...n'exagérons rien...depuis l'interdiction de...
DENIS - ...fumer dans les lieux publics...Je sais, je sais...
ELLE- J'ai même ajouté que DENIS était un idiot, certes, un pauvre idiot, même...Tu es sorti pour faire quoi ?
Les parents se regardent outrés
ELLE - mais un idiot... riche Et on peut dire ce qu'on veut : un idiot riche est un riche, avant tout. Voilà ce qui m'exaspère, il  reste riche. Il conserve une mentalité de riche. Hein, DENIS, réponds.

BM - Vous ne disiez pas cela de cette façon, au moment où vous l'avez épousé...
DENIS - Ah! Non. Je t'en prie, maman...(à ELLE) Curieuse...
BM - Quoi, tu ne te mets pas en colère ? Elle t'insulte, tout de même. Et nous par la même occasion, n'est-ce pas, Charles ?
ELLE - Si on parle de lui, on dit : "Il est riche, DENIS". On ne dit pas, :"Il est idiot, DENIS". Vous auriez-dû l'appeler Richard. J'ai quand même le droit de savoir.
BM - Tu m'expliques, DENIS, ce qu'on lui a fait.
DENIS - C'est vrai. (à ELLE) Curieuse...Reprends-toi, quoi. Tout ça ne fait pas une conversation...
ELLE - Vous ne me comprenez pas. C'est terrible.
DENIS - Quoi ? Si je te comprenais, je ne serais certainement plus avec toi.
ELLE - Sympa...Il y a quoi dans ce sac que tu as rapporté ?
DENIS - Tu exagères toujours tout. Tu le sauras si tu es gentille...
ELLE - Pour rester sur ce sujet palpitant, puisque vous êtes-là pour m'écouter en mangeant je vais expliquer à DENIS que je préfère qu'il soit  riche. Tu vois, DENIS,  si tu n'étais pas héritier... Tu serais pauvre et...comme le dit le proverbe "Un idiot pauvre, est un pauvre". Point barre. L'idiot disparaît. A la trappe l'idiot.
DENIS - Tu me laisserais tomber...
ELLE - Oui. Comme une vieille poupée barbie...
BM - Là j'en ai assez entendu. DENIS, tu le sais, je n'ai pas l'habitude de me mêler de vos affaires, mais là, ma conscience me dicte que je ne peux plus fermer les yeux. Je désapprouve. Viens BP, quittons ces lieux où l'on foule aux pieds l'honneur de notre fils,  et le nôtre. Le traiter de poupée barbie 
DENIS - Allons. Du calme ! Vous voyez bien que je ne m'énerve pas. Conscience, dignité, honneur...Ça va vite, chez toi, maman.

( à suivre...)