48 "Là on a un problème"

L'histoire de l'homme est celle de sa répression

De sa dépossession

Mais sa vie secrète ne demande qu'à surgir qu'à sortir comme la lave soudain précédée de grondements éjectée pour descendre en langues brûlantes et rougeoyantes les pentes du volcan et recouvrir le plus loin possible de son manteau qui se métamorphose en pierre grise froide et dure, son besoin de naissance satisfait enfin... 

Ouverture revanche sur une vie de sacrifice à la loi. La loi universelle, des puissants et des vainqueurs. Violence du dessous.

Et pourtant comme il était gentil le petit téléspectateur baillonné des yeux et de la bouche.  Occupé. Enchaîné. 

Vidé. Vaincu abandonné passivement aux émissions de mots de bruits, d'images de pixels. Séduit.

"- Est-ce que l'herbe te manque ici ?

 - Mais non. Que vas-tu penser-là. Je suis libre. Libre de nager ..."

Vers l'Océan. Pour s'y jeter.  

Les berges sont de plus en plus éloignées.

Je la vois. Elle est bien. elle est en harmonie. Il n' ya qu'un sens, Celui du courant. Du langage qui court banal et chatoyant.


"Vous avez les mêmes souvenirs."

C'est mieux pour partager.

Un seul suffira.

Il vaudra pour tous.

Il est nous. Il est universel.

 

Parée à l'effacement ?

5. 4. 3. 2. 1.

Go ! "Gommage !"

 

L'angoisse filtre.

Je dialogue avec le vide. Des mots alignés choisis et associés dans leur complexité de couleur, d'odeur, de voix.

Les mots crient éboulés.

Désir d'écrire l'impossible amour, "l'inaccessible quête" qui se prend les pieds dans le banal et la répétition.

Couper. stop . Elaguer. stop. Castrer. stop.

Supprimer toujours 

Supprimer pour obtenir un beau texte bien propre bien net aux cheveux bien coupés à l'apparence d'un dessin à la langue comprise par tous ceux qui savent ke sé ça sé kom ça. Il faut dire comm' ça :  Comme cela.

 

"Tu es triste ? Non. pas triste."

Marier cette langue vide à la recherche sans fin de l'objet perdu  la réparer pour la réarticuler refaire des noeuds entre les mots les phrases entre l'air et la glotte  la langue  les dents. Barrages qui retiennent et poussent à dire violemment entre l'origine et aujourd'hui, entre hier et demain, l'amour du langage qui bat dans mon sang.

Poème de l'inépuisable anamnèse.

C.A.-L.     juillet 2011