102.Trop tardive élégie

Trop tard
Pour la Femme de retour de sa guerre
De retour enfermée dans sa jeunesse indicible
A rebours maintenant emmurée
Tournée vers l'origine de la fin
- qu'elle voudrait apercevoir -
Vers des lendemains impensables
Affaiblis
Amoindris, branlants
Déprise passive sans prise sur le temps d'autrefois des autres...
Me débarrasser de tout ce qui m'encombre.
Mais, ce qui a été tu, le restera.
Et deviendra faute. 
Pour avoir laissé Chronos, barricader mes jours et mes nuits : pardon ! 
Désavouée, attendant l'extinction : pardon !
 
Croire que l'écriture permet de venger pour soi en présence de témoins otages anonymes 
Etaler ses questions ses peurs personnelles pour y toucher d'autres plaies secrètes ainsi reconnues
N'apaise en rien 
Et je crie attendez-moi, j'ai quelque chose à vous dire d'hier... 
Et je crie ... Aucun apaisement 
Des conseils seulement 
Les gens d'hier pris dans d'autres nouvelles toiles...
Là...Ils passent...le regard et les lèvres serrés
Ils pourraient accuser - ça leur  serait aisé - 
Vieille folle Nuisible " cela ne nous re-gar-de pas " . Cela n'existe pas. 
D'autres soucis, d'autres  vies...
Et....Tu manques à tous tes devoirs 
Ça " C'est moi qui te le dis
Ça noircit le blanc de l’œil
et puis ça enlaidit..."
Tu as l'air si fatiguée.
Je veux vivre, s'il te plaît, libre de tes paroles salissantes. 
Et qui dit que c'est vrai ce que tu ne dis pas ?
Et même...
Est-ce si grave ? Non.
Y-a-t-il eu ? Non, alors...
De quoi parles-tu exactement, déjà ?
De rien...De rien...Des nuages, des si merveilleux nuages.
Attendre. Souffrir car la rancune est vaine
Et je reste là avec mon pardon entre les mains. 
Mais pardon de quoi ?
Personne ne t'a rien fait.
Nul n'est méchant volontairement. Pauvre !  Pas toi, même. Pourtant.
Sage. Sourires. Supporter les reproches.
Les blessures se perdent dans une dense brume caca d'oie
Je veille à la fenêtre de mes pensées
pour y saisir des fragments électriques
pour y zébrer mes énergies
mes batailles
Mes rages, mes peurs de jadis restent miennes. 
Se kystent en moi.
En moi sans possible éruption.
Je sais
    
Que le jour arrive
demain, demain...
Où je saurai avec les tout petits souvenirs tenus effilochés flottant sans attaches 
 humer humer  oser le léger, le doux
Pour que des rires des voix des mots des mots des chants 
fassent venir "l'esprit d'enfance"
fait de confiance de joie d'espérance
Toucher, embrasser sans serrer juste pour avoir l'écart qui laisse voir regarder qui se laisse aimer.
Un passé enfin pour aujourd'hui.