citations. Notes.

Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 06:57

 

 

accompagne poème impuissance violente

 

 

 

Texte qui me convient aujourd'hui, trouvé sur le site 

http://www.site-magister.com/prepas/page7e.htm

Cat, il est nécessaire que je médite pour trouver la paix.

Une sérénité suffisante pour affronter le WE.

" Le sentiment de communauté [...]se retrouve [..] dans le lien familial.

[...]

 Les membres d'une même famille se disputent,

se font les pires coups,

mais ils sont unis en même temps par une sorte de solidarité fondamentale.

J'ai souvent dit que, dans la Résistance aussi, il y avait quelque chose de ce type. Quand je rencontre quelqu'un que je ne connais pas et dont je sais qu'il a été un résistant actif, même si c'est un adversaire politique, j'éprouve un sentiment d'appartenance analogue à celui que je peux avoir en retrouvant un arrière-cousin : « Il est des nôtres...».

Dans une famille, les histoires qui circulent, les traditions qu'on a entendu raconter, les souvenirs d'enfance forment une espèce d'horizon commun que l'on partage.

Quand quelqu’un s’y inscrit, cela ne signifie pas [...] qu'on ait envie de se précipiter dans ses bras, mais on l'embrasse quand même sur les deux joues, ce qui est une façon de le reconnaître comme proche.

Les racines communes, les liens familiaux viennent tout d'un coup renforcer votre identité et on se reconstruit soi-même en retrouvant des membres de la famille à laquelle on appartient.

Les sentiments qu'on éprouve à l'égard de soi et à l'égard des autres sont liés à ce qu'on a ressenti autrefois.

C'est, au fond, le problème du temps : on n'est plus le même, les choses se défont, et on refait son tissu personnel avec la présence de ceux qu'on n'a pas vus depuis longtemps, quand on peut évoquer avec eux toute une série de souvenirs auxquels on ne pense jamais. Le passé revient, et revient partagé. Si on y pense tout seul, on ne sait même pas s'il est vrai, mais, à partir du moment où il est intégré au folklore familial, il devient une partie de votre histoire.

   D'un autre côté, la solidarité familiale évoque aussi l'idée de clan, et le clan suppose l’exclusion, le secret; les parties rapportées ne sont pas dans le coup.[...] "

Par Claire (C.A.-L.) - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 08:26

Parcours -même source que le 17 juillet 2010, mais [...]coupures  et ajout   à l'article de

Benoît Goetz trouvé sur http://leportique.revues.org/index349.html

        [...]    " Devenir philosophe pour échapper à l’emprise du dernier homme, en nous,  qui tend                                   à n'être plus qu'un  “ personnage conceptuel ”.  

 

                                                         ***

« Rhinocéros », d’Eugène Ionesco (critique de Lorène de Bonnay), Théâtre de la Ville à Paris

      Emmanuel Demarcy-Mota offre une nouvelle mise en scène de

                                Rhinocéros  d’Eugène Ionesco, 

http://www.lestroiscoups.com/article-rhinoceros-d-eugene-ionesco-critique-de-lorene-de-bonnay-theatre-de-la-ville-a-paris-73747443.html                                                  

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Ce ne peut être le même (ndle)

 

Le “ dernier homme ” de Nietzsche : quelques aspects d’un “ personnage conceptuel ”La première critique que Nietzsche s' adresse[ ... ]à la modernité, [...]qui  prétend de manière mensongère rompre avec un passé qu’elle prolonge de manière déguisée. [...] La modernité est une friperie où l’on tente de recycler les anciens habits de grandeur ternis...Mais on ne parvient qu’à faire du kitsch...Nietzsche remarque seulement que la recherche scientifique, que l’“ objectivité ” même s’attachant aux plus petites choses, a pris la place de l’Idéal.

Le “ dernier homme ” est un “ malin ”, il considère tout fait, y compris l’histoire des nations et des civilisations, avec le regard détaché de l’anatomiste. [...]

Il soupçonne derrière tout acte une attitude intéressée : "... ne point se laisser égarer par ses impulsions – voilà sa sagesse et son amour-propre ”Nietzsche, Le Gai Savoir.

Le dernier homme raffole donc de ce que Lacan nommera le “ discours universitaire ”.

 C’est un pointilleux et un scrupuleux... [...][ainsi il peut ] se placer en position de surplomb par rapport à toutes les autres époques du passé...la prétention incroyable des modernes c’est de se faire juges de tous les âges du monde : “ Comme si c’était la tâche de chaque époque que d’être juste envers tout ce qui a jamais été [...]  ” [...] En ce qui concerne les sciences “ dures ” que Nietzsche sait utiliser lorsqu’il en a besoin (en particulier lorsqu’il tente de prouver le Retour Eternel), on ne peut qu’être stupéfait à la lecture de cette anticipation fulgurante : “ Un siècle de barbarie commence, et les sciences seront à son service ” .

 À propos de Nietzsche la question pertinente n’est donc pas : “ qu’est-ce qui est moderne ? ”, mais : ... “ qu’est-ce qui peut bien échapper à la sphère de la modernité ? ”...Où et quand quelque chose de “ non-moderne ” pourrait encore subsister aujourd’hui, quand ce sont tous les secteurs de l’existence qui sont touchés, et de part en part, par la modernité ?

                                          Modernité = nihilisme ?

Le nihilisme n’a pas d’autre remède que son exaspération, son accomplissement. [...]La modernité est malade de ne pas déployer jusqu’à ses ultimes conséquences son nihilisme de fond. Alors, il se retournerait. Le propre du nihilisme, dira plus tard Heidegger de manière très nietzschéenne, c’est d’être incapable de penser le nihil.

On ne peut donc identifier simplement la modernité avec le nihilisme.

La névrose moderne s’explique bien plutôt par l’épuisante tâche d’évitement, de retardement, du nihilisme.

Comment l’époque va-t-elle s’arranger alors ...? Très simplement, en mettant des “ philosophes ” à la mode sur le marché culturel.

Et nous assistons au défilé de ceux que Nietzsche appelle “ les prêtres masqués ” :

 les penseurs des petites et grandes vertus, 

les consciences morales,

 les chrétiens raisonnables,

 les athées déchirés,

 les démocrates ulcérés, 

les repriseurs de tissu social, 

les observateurs sincères, etc...

[...]  Le dernier homme a besoin de “ philosophie ” parce qu’il ne peut pas se passer de représentations du monde.

Si l’homme est l’être autour de qui un monde s’épand, le dernier homme est celui qui aura procédé à la réduction de ce monde à l’état de spectacles et d’images. 

Que ceux-ci nous donnent à contempler des univers infinis, avec Big Bang et trous noirs, le monde n’en est pas moins devenu plus “ petit ”. 

[...] [savoir]  traverser le nihilisme en le poussant à bout...[...]interroger notre nouvelle modestie, notre très récente prudence démocratique et “ postmoderne ”.

Comment Nietzsche pourrait-il être lu sur les campus américains où règne la “ correction ” que l’on sait ? Nietzsche peut-il être aujourd’hui simplement entendu ? ... Et si cette gêne n’était autre que  la honte qui est la nôtre d’avoir à transiger avec ce personnage, “ le dernier homme ”, que nous laissons, dans nos pires moments, prendre possession de nous ?

“ La honte d’être un homme, écrit Gilles Deleuze, nous ne l’éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Levi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité d’existence qui hante les démocraties, devant la propagation de ces modes d’existence et de pensée-pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. L’ignominie des possibilités de vie qui nous sont offertes apparaît du dedans. Nous ne nous sentons pas hors de notre époque, au contraire nous ne cessons de passer avec elle des compromis honteux. Ce sentiment de honte est un des plus puissants motifs de la philosophie. Nous ne sommes pas responsables des victimes, mais devant les victimes. Et il n’y a pas d’autre moyen que de faire l’animal (grogner, fouir, ricaner, se convulser) pour échapper à l’ignoble : la pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate ” ...

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(Rappel :  Ionesco Rhinocéros:  l'argument :

(Tragédie) [...] Nous assistons à la transformation mentale de toute une collectivité : les valeurs anciennes se dégradent. sont bouleversées, d'autres naissent et s'imposent. Un homme assiste impuissant à la transformation de son monde contre laquelle il ne peut rien, il ne sait plus s'il a raison ou non, il débat sans espoir, il est le dernier de son espèce. II est perdu.

La dernière scène présente alors un monologue de Bérenger, hésitant, déchiré jusqu'à un ultime sursaut de résistance qui fait de lui " le dernier homme "...Les personnages humains ont peu à peu disparu. Une société qui va en s'unifiant,car gagnée par le désordre, la folie contagieuse. Le dernier acte  souligne la solitude du " résistant " qui voit, inexorablement, ses derniers compagnons l'abandonner.

 

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 ...Devenir philosophe pour échapper à l’emprise du dernier homme en nous : version moderne de l’antique désir de sagesse...( à suivre sur le site du Portique)

Par Claire (C.A.-L.) - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 06:45

Guy Massat, « Artémis d’Éphèse, déesse de la castration », cinquième séance du séminaire « Psychanalyse et Mythologie » au Cercle psychanalytique de Paris, le jeudi 22 février 2007.

Artémis c’est donc la coupure la plus élevée c’est-à-dire celle qui produit le langage, la richesse, l’expansion, la division créatrice.

Artémis d’Éphèse est d’Éphèse, ville célèbre pour avoir donné Héraclite,

il décrit  la dérive de l'humanité à travers sa violence aveugle qu'elle soit militaire, politique, financière et dénonce la perpétuation de la souffrance, dans une confusion où se côtoient indistinctement le meilleur et le pire, les découvertes médicales et les atrocités de la guerre, et toute autre forme d'injustice qui se répète au travers des siècles

                                                   http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite.|

 philosophe du devenir, le premier a avoir défendu le discours inconscient... 

...Topos, logos, topologie signifie ici que ce sont les mots qui créent les lieux, et non l’inverse. Le discours, le logos, est le devenir qui fait apparaître les lieux, comme l’a si bien enseigné Héraclite, le premier psychanalyste...
... Mais, résumons-nous : Il y a différentes castrations. Celles qui ne sont que des amputations : comme celle de Cronos et d’Atropos ; et celle qui est productrice, la castration créatrice d’abondance et de richesse, la castration du langage figurée par Artémis. C’est la coupure mobile entre signifiant et signifié, la castration du devenir à laquelle sont soumis les signifiants et les signifiés, les sons et les sens.

C’est cette castration qui dans l’inconscient réalise le terme du désir en nous faisant accéder à la jouissance. Jouissance qui n’est pas suivie de culpabilité parce qu’elle nous laisse vierge au sens mythologique.

Celui qui est passé par cette castration est délivré de son complexe d’inhibition et peut assurer véritablement l’acte sexuel. C’est ce qu’enseigne Lacan et Artémis. Il n’y a de castration que par effets de langage. C’est ce que Lacan appelle « le plus de jouir ». Puisque le sujet se trouve sans cesse renvoyé d’un signifiant à un autre signifiant, il ne peut se situer réellement que dans la coupure entre les signifiants. Et par là il se révèle être un « être sans essence » dans un devenir heureux. Le mythe d’Artémis et la pensée d’Héraclite, prônent donc la castration vivifiante du langage qui nous réconcilie avec la jouissance créatrice du devenir.

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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 13:28

 

 

 

                                    fin-2011-002.JPG

 

 

 

                                                                       Préface : première partie.
                                                                              "Aimer GOETHE ?"

GOETHE  s'inscrit dans un système que ns ne partageons plus, depuis 150 ans.
En quelques mots,
                                          GOETHE est hostile aux romantiques, or, ce sont eux qui l'ont "emporté".


                                                Nous vivons dans le monde des valeurs romantiques.


                   Une esthétique et une éthique de l'extrême et de la limite se sont imposées,

                 alors qu'il n'y a pas pour Goethe de valeurs supérieures à la modération et à l'équilibre.

                                    Il reproche à ses contemporains  romantiques de
"pousser à bout, jusqu'à l'impossible, le laid, l'horrible, les cruautés, les bassesses et toute la bande des infamies, voilà leur satanique travail.".
----------
                "En général, je préfère les histoires aux raisonnements" dit un personnage de Goethe.
                                                     Retour au mythos au détriment du logos.

                           Il récuse la séparation entre la pensée et l'action ( qui selon lui est le propre de la philo)
"que ma pensée ne me sépare pas des objets...que ma contemplation soit elle-même pensée, ma pensée contemplation".
Il se plaît à dire "Toutes mes poésies sont des poésies de circonstances" càd qu'elles partent d'1 fait particulier.
  Et le général est dans le particulier et ne doit être que là.

                                                                Formule audacieuse :

" le plus élevé serait : comprendre que les faits sont déjà théorie. les bleus du ciel nous révèlent la loi fondamentale du chromatisme. Qu'on ne cherche rien derrière les phénomènes; ils sont déjà eux-mêmes de la théorie." ( Maximes, 575)

                                                    Goethe est lui-même la théorie :
                                                                           Il dit :

" Ma formation était pour moi une affaire sérieuse, j'ai travaillé sans relâche à faire de moi une plus noble créature".
Du même coup, il efface donc la frontière entre les oeuvres d'art et sa vie, entre les produits et la production.

                                                                          Il écrit à Schiller :

" Je ne rentrerai pas avant de m'en être donné jusqu'à satiété de l'empirisme quotidien, puisque l'absolu nous est interdit..."
Il vit dans les objets, les êtres, les actions : " Je ne suis vraiment apte à penser qu'en agissant".

A Schiller, le même jour, il envoie une lettre consacrée à des affaires littéraires et " un plat de carottes".

"Oui, vous avez bien lu, dit TODOROV, je m'aperçois soudain que je peux aimer GOETHE, à cause de cette continuité posée entre les  pensées exprimées par la lettre et les carottes cuites envoyées en cadeau.
Imagine-t-on KANT ou HEGEL, envoyer à un ami un opuscule philosophique, accompagné pour le cas où l'ami le trouverait plutôt faible, d'un plat de choucroute ?".
( à suivre)

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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 17:29

Notes  sur Philippe Jaccottet (né en 1925). 

Revendication de l' ignorance cpdt ni naïveté, ni innocence :
« nous ne sommes plus en un temps où l'on puisse feindre l'innocence : le savoir est là, plus envahissant que jamais . ».

Mais  ignorance positive, raison d'être de la poésie inaptitude fondamentale de la créature
à connaître la mort,
l'absolu,
l'au-delà,
l'infini,

=>nécessaire humilité du poète qui veut la  juste mesure de ce qu'il est
et de ce qu'il peut accomplir dans le langage pour dire la  
précarité de l'homme « qui avance dans la poussière », il « n'a que son souffle pour tout bien, pour toute force qu'un langage peu certain » .

Effacement, retrait, désir de justesse." que l'effacement soit ma façon de resplendir »  

Présence d'une voix qui s'interroge tout haut sur elle-même et ce qu'elle peut dire:

« Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante

avec cette voix sourde et pure un si beau chant ? »



  • Pour Philippe Jaccottet  : Les surréalistes ont abusé d' images, de trouvailles verbales reliant les choses plus ou moins bizarrement "qui peut, à bon marché, faire croire qu'on a découvert les secrètes structures du monde, alors qu'on a simplement tiré le maximum d'effets de l'imprecision d'une expression"




    ===> Recherche d'1 langue transparente  qui noue l'homme au monde dans un lien de simplicité et d'étrangeté.

    Modèle :
    Le haïku "poésie sans images, une poésie qui ne fit qu'établir des rapports, sans aucun recours à un autre monde, ni à une quelconque explication."


    La principale vertu de cette langue de verre serait de laisser passer la lumière et d'offrir un accès furtif au sens qui se dérobe.

     

  • La poésie devient donc une espèce de morale précaire en action. façon de se tenir et de se déplacer dans le monde sans l'appui d'aucune croyance.

     Elle veut être le lieu où l'homme prend vis-à-vis de l'infini la mesure de sa finitude. Contre la gnose néo-platonicienne qui fait payer la plénitude promise au prix du refus du corps mortel.
  • La recherche de la présence a pour corollaire une interrogation sur le lieu, voire sur ce qu'Yves Bonnefoy appelle le "vrai lieu". Celui-ci n'est pas une abstraction, mais un fragment de territoire concret où se produit soudain une espèce de révélation profane.

    Le "vrai lieu" est celui où l'infini tout à coup "se déclare" et se donne à lire dans le fini. Il ne représente donc, à vrai dire, qu'un "moment consumé". On voit alors la poésie tenter de parvenir à un nouveau sentiment de l'universel qui, selon les mots de Bonnefoy dans Les Tombeaux de Ravenne
    "
    n'est pas cette certitude abstraite qui pour être partout la même ne vaut vraiment nulle part. L'universel a son lieu. L'universel est en chaque lieu dans le regard qu'on en prend, l'usage qu'on en peut faire." La véritable immortalité, ajoute-t-il, est simplement "de l'éternel que l'on goûte", et non pas "la guérison de la mort". Il rapatrie au sein du monde sensible et de la conscience humaine lucide ce dont la religion se nourrissait naguère.
  • Des mots comme « clairière », « verger », « paroi », vont ainsi dessiner dans la poésie française des années 50 une sorte de géographie aléatoire de l'Etre et du sens. Ils se trouvent essentialisés. Ils construisent un paysage préservé, aux antipodes de la cité.

    La langue poétique ressemble à ce dont elle parle, et devient à son tour telle un archipel de sites surdéterminés, de lieux de résistance. Comme si la modernité avait besoin de dresser, en face de l'éphémère et du contingent dont elle est la conscience et la voix, des points de référence où le sentiment de l'éternité viendrait se loger sans occulter pour autant la précarité de la créature qui l'éprouve .

 

  • Chez Philippe JACCOTTET, le lieu poétique par excellence, celui qui fait office de modèle, serait le verger :

    "Je crois bien qu'en tout verger, l'on peut voir la demeure parfaite: un lieu dont l'ordonnance est souple, les murs poreux, la toiture légère; une salle si bien agencée pour le mariage de l'ombre et de la lumière que tout mariage humain devrait s'y fêter, plutôt qu'en ces tombes que sont devenues tant d'églises."

 Pour lui, la tâche ultime de la poésie consiste à transcrire une expérience singulière qui porte en elle-même sa nécessité. A la façon des Rêveries du promeneur solitaire, il en décrit soigneusement le cadre et les circonstances. Il confie à l'écriture le soin de répercuter des échos dont le monde sensible est la source et dont l'homme est à la fois le témoin et le lieu de résonance. 

Par Claire - Publié dans : citations. Notes. - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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