travaux préparatoires au monologue de Pénélope

Publié le par Claire

Ulysse à Versailles ( jardins du château ) cliché C. A.-L.

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Pénélope : monde fixe et efficace

dressée : mémoire individuelle vs kleos mémoire collective qu'Ulysse obtiendra s'il résiste à toutes les tentations à l'oubli et s'il revient

Tu tisses un ouvrage divin. L'esprit est plus fort que la mort. Se raidir contre l'oubli; faire que le passé ne soit plus le passé

Par la quenouille je suis intervenue. Je reste une femme

Ds les îles de Circé et de Calypso ont vit l'âge d'or, sans vieillir

Pénélope femme complète femme épouse mère digne compagne

La nouvelle forme d'héroïsme de l'Odyssée

La femme statuts divers

Calypso;

 Nausicaa

 Circé sa puissance créatrice alliée à ton intelligence. Lui montre le chemin de l'Hadès. Elle le laisse cependant  partir, elle pleure beaucoup.  Je sais que tu ne portes pas Circé dans ton coeur, celle qui a avili tes compagnons. Tu étais prévenu contre ses agissements. Heureusement pour toi. Tu as réussi à la quitter. Tu as ainsi retrouvé foi en tes capacités.

 Les Sirènes elles offrent le partage du savoir, la connaissance du chant douceur et appétit cruel sur leur île mort brute sans sépulture plus aucune trace chez les vivants; chant harmonieux séducteur qui fait figure de discours sur la mort. Savoir qui anticipe le décès mais danger d'oublier qu'il s'agit de sa mort. Connaissance trompeuse.

 Arèté reine forte et respectée des Phéaciens

Euryclée nourrice

Melantho servante corrompue; 

 Athéna protectrice d'Ulysse et des siens

Hélène repentie Quand de tes compagnons, les meilleurs et les plus forts disais-tu sont enlevés par Skylla et répètent ton nom pour la dernière fois avant d'être emportés. Ils te tendaient les mains et Skylla les dévorait. Ton nom, au cours de ton retour n'était plus prononcé que par des dieux, des nymphes, des mourants ou des morts. Je t'appelais, moi, en silence et c'est ainsi que je tenais entre mes mains le fil de ta vie Dans ces terres entourées par la mer, à la liquidité magique, tu as affronté l'oubli, très loin de chez toi. Ces dix ans de ton retour ne t'ont pas paru longs. Pendant ce temps que tu ne voyais pas passer, on te cherchait, on t'attendait. Le désir de te revoir s'exacerbait de jour en jour. suspendu au fil de mon désir, à nouveau maintenant que tu ne peux plus parler, que tu ne peux plus raconter. que tu n'as plus de souvenirs; plus de passé.

Ce n'es pas une toile d'araignée que j'ai tissée pour toi au centre de laquelle, tapie j'aurais ourdi ta mort, au retour...pour te punir de n'être pas mort sur un champ de bataille ou de n'être pas revenu assez vite. Revient-on de la guerre ? Est-ce possible ?

Ce lieu temps impensable et indicible

Les bras de toutes ces femmes, je parle surtout de Circé, de Calypso qui t'a gardé 7 ans auraient pu, cherchaient même à te détruire par l'oubli qu'elles t'auraient généreusement accordé pour l'éternité.

Avec Nausicaa tu aurais pu tout recommencer. Tu aurais été comme avec moi son premier homme. D'ailleurs dans son île tu avais changé d'apparence. Que tu étais beau. Solaire...On m'a dit.

Et là ta langue s'est déliée et dans cette île -là tu as parlé, raconté. Tu es devenu l'aède de tes propres aventures. Elle t'a fait renaître à ton histoire. Tu l'as quittée.

Tu es revenu vers moi qui étais intouchable, reliée à toi par un fil invisible j'ai moi aussi affronté mille dangers. J'ai rusé. Brouillé les pistes. menti. Toute vie à Itaque s'est paralysée. Les hommes autour de moi se sont révélés dans toute leur violence. Itaque sans toi m'était impossible à supporter. Dans une solitude absolue, je détenais un secret qui m'avait rendue inviolable, inatteignable, sous le regard protecteur des dieux. J'ai fermé ma porte, mon coeur. Mes prétendants ont vécu l'enfer du présent qui s'éternise, ankylosés, en proie à la déroute des souvenirs. Le temps ne passait plus. Nuit qui bascule, piquée d'étoiles fixes.

Dévoilée, j'ai fini par terminer ma toile. Et grâce aux dieux, ce fut le moment de ton retour. Il y eut rencontre du mensonge du jour et de l'attente de la nuit. Je t'ai recréé dans le secret. Cet ouvrage que je défaisais la nuit, c'était pour mieux être à toi. Je renouvelais chaque nuit mon engagement inconditionnel. vais à terminer cette histoire commencée 20 ans auparavant et nous nous sommes rejoints pour toujours.

Maintenant Qui te connait encore, Ulysse ? Quelques lecteurs érudits, lecteurs d'Homère. Tu connais le sort réservé aux héros des temps de paix. Tu ne peux plus raconter. Plus personne ne t'écoute. D'ailleurs tu ne te souviens plus. le passé pour toi non plus n'existe plus. Tu ne parles plus.Le temps ne s'étire plus.Ta gloire est passée de mode Me reconnais-tu ?

J'ai cru à ce moment-là qu'en plus d'avoir perdu mon époux j'allais perdre aussi mon fils, innocent. Il a bien fallu que je te donne un coup de pouce. Oh! je n'ai pas été la seule. La tâche aurait été insurmontable. On s'y est mises à plusieurspour que le champ de bataille ne soit pas le seul lieu d'accomplissement du guerrier.

Ce que j'ai craint que tu ne connaisses aussi et que tu aspires à cet instant glorieux qui t'aurait fait passer après un coup d'éclat dans le monde des dieux. Il a fallu lutter. Nous nous sommes associées. Les déesses, les nymphes et moi. nous nous sommes passé le relais. Survivre et revenir meilleur qu"'avant, fortifié par les épreuves et les tentations surmontées. Toutes, de Circé à la belle et jeune Nausicaa, elles ont tisséleur vie à la tienne, ont voulu partager avec toi leur vie mais ont fini par te laisser partir, par te laisser revenir vers moi qui t'appelais comme une corne de brume et il me plaît ici de les citer encore.

Je n'oublie pas Athéna, tu sais, je l'honore chaque jour. Pendant tes 20 ans d'absence et après ton retour pendant ces 40 ans que nous avons passé ensemble. C'est elle qui s'est débrouillée pour que tu sois présent à Itaque, juste au bon moment. En pleine santé. En pleine force. J'ai connu des moments de doute et de peur. Mais elle est venu à mon secours pour que je puisse connaître aussi la douceur du sommeil.

Elle m'a insufflé la confiance et la ruse.Je me suis remise sous sa protection. Comme une vierge, avant ses noces, je me suis mise à tisser. J'ai donné le change, prétextant le tissage d'un linceul pour ton père Laërte. J'ai honoré ta maison. J'ai refusé catégoriquement de revenir dans le circuit tracé de la femme sans homme. Tu es revenu toi qui avais côtoyé les nymphes.

Celles dont je préfère évoquer le nom, avec le temps sont celles qui ont été amoureuses de toi. Elles t'ont permis de retrouver ton chemin. Je ne peux pas leur en vouloir. Certes, elles ont tout fait pour te garder. Elles t'ont tenté comme des nymphes ou des déesses savent le faire. Heureusement, tu étais homme, simplement homme J'éviterai d'évoquer Circé. je sais que tu ne l'aimes pas trop

Je savais, je te le répète que tu reviendrais, mais le temps était si long. Je n'ai cependant jamis lâché le fil qui nous unissait. A la guerre un héros meurt. Celui qui revient est un peu suspect. Il a failli. C'est pour cela aussi que les dieux t'ont chahuté un peu...Tu ne réagis pas, c'est bien sûr une litote. Poséidon te haïssait.Revenons à ces femmes

Un homme sur les mers, si attendrissant dans ses combats inégaux à l'issu tragique certaine, arrêté, avec ses compagnons, pour des pauses plus ou moins longues dans des îles. 



 





 

Publié dans autour du théâtre

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