Parmi les nombreux surréalistes pendant la période de l'entre-deux-guerres, certains se sont manifestés en montrant leur révolte face à la "Grande Tuerie".
Cette révolte s'est retrouvée notamment dans l'écriture (poésie, littérature...).
Certaines formes d'écriture telles que l'écriture
automatique, le courant électrique utilisé par A. Artaud en tant que forme révolutionnaire.
Son but était clair: que la poésie redevienne action, et action magique, ce qui impliquait de la part du poète qu'il se fasse "voyant" afin de "changer la vie".
Ce sont d'ailleurs ces mots d'ordre qui furent ensuite à la base de l'entreprise surréaliste: Desnos écrivant sous forme d'hypnose, Soupault et Breton s'enfermant pour lâcher un jet mêlé
d'écriture automatique lesChamps magnétiques, toutes les variantes du cadavre
exquisfurent autant de moyens d'atteindre à une certaine voyance. Quant aux innombrables actions quotidiennes absurdes auxquelles ils se livrèrent en assénant après Lautréamont que la
poésie devait être faite par tous et non par un, elles exprimaient elles aussi leur volonté de "changer la vie".
De sa révolution dans l'écriture en témoigne d'abord sa typographie personnelle:
Artaud ne respecte pas les paragraphes mais fait se succéder des éclairs sur la page,
soulignant systématiquement certains mots,
une,
deux
ou même trois fois,
marquant de subites montées d'intensité.
Il ne construit pas d'oeuvre: il enchaîne les fragments
et passe de la poésie au théâtre,
du théâtre au cinéma
et du cinéma à la peinture
comme si tous ces arts n'étaient pas pris séparément mais traversés par une seule pulsation électrique qui jamais ne s'arrête ni ne se fixe, se répandant rageusement dans l'infinité des
possibles.
Son style, sa violence, sa fluidité nerveuse, ses fulgurances, tout chez lui a la puissance, la rapidité et la magie de l'électricité.
Et comme l'électricité, sa pensée aimante de nouveau les pôles opposés qu'on avait séparés: le corps et l'esprit, la culture et la vie, le réel et le rêve, la mort et le vivant.
" Des rêves ce sont les couronnes
des nuits des heures monotones
Que vous donnez à ceux qui meurent.
de ne croire qu'à ce qui demeure" écrivait Philippe Soupault.




