Colette Allègre à Montigny lès Metz - Bel article de Georges MASSON ( in Républicain lorrain ) pour "Mon dieu comme vous avez changé..."

Publié le par Claire (C.A.-L.)

Texte publié le 05/05/2012 à 05:00 trouvé sur :

 http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2012/05/05/colette-allegre-ouvre-son-album-de-souvenirs 

Pour ceux qui n'ont pas le temps de "cliquer"

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Puisse Georges Masson ne pas m'en tenir grief...

  Pas moins de cinq représentations au Château de Courcelles de Sarah ou le cri de la langouste n’ont pas effarouché Colette Allègre qui a retrouvé un tonus d’enfer dans cette pièce en duo (avec Philippe Grégoire) et mise en espace par Richard Bance. Un rôle fétiche où la comédienne, tout comme en octobre 2010, se met dans la peau de cette icône du théâtre que fut Sarah Bernhardt. Et, comme pour imaginer un parallèle au personnage de la célèbre tragédienne,

Colette Allègre a joué l’alternance en construisant un monologue où elle distille les phases de sa vie, de ses bonheurs et de ses peines. Et là, à hauteur de quatre représentations. Notre reine de la scène a la pêche, comme on dit communément, pour ses 77 ans ! Un chiffre bien vu, paraît-il, des devins. Comme une biographie parlée, elle cale sa narration sur une heure vingt qui passe vite, bien que son titre soit plutôt long. Dans Mon Dieu, que vous avez changé ! Mais quel âge avez-vous ?, on n’a plus les éloquentes tirades de la pièce de John Murell adaptée par Georges Wilson, et qui étaient l’archétype d’une leçon de théâtre comme on n’en rencontre plus, mais des confidences parfois inattendues, avec, toujours, le sourire interrogateur, le regard émerveillé, le dialogue subtil dans lequel elle excelle, la nuance du verbe et la fermeté de ses propres répliques.

                                                              Humour et philosophie souriante

On y retrouve donc, mais moins expansive, cette maïeutique du questionnement. Vêtue aux couleurs doux pastel, elle lance tout d’abord un coup de griffe aux politiques qui s’époumonent à tout va. Elle n’en fera pas un fromage, pas plus qu’un meeting. Mais elle nous distille une mirifique utopie en imaginant, au rebours des palabres électoraux, une sorte de ministère des gens heureux et qui s’aiment. Croira-t-on à cette douce Thébaïde dont on aura du mal, en ces temps de crise, à en voir la concrétisation ? En pénétrant, par contre, dans l’album de ses souvenirs, elle distillera, avec tout son amour des mots et des formules, poétiques et bien chantournés, les étapes de ses rencontres, fera l’éloge de la vieillesse, dira combien elle aime les grands auteurs dont elle murmurera quelques vers, des chanteurs dont elle fredonnera quelques airs. Elle a parfois une vision béatifique des choses et des gens dont elle vante les qualités, mais relève leurs travers sur lesquels elle ne porte pas le mépris mais la discrète ironie. Elle a une dent contre les metteurs en scène qui rajoutent des didascalies qui n’existent pas dans les textes. Et de citer le Tartuffe de Molière dont deux des personnages nus copulaient sur une table sous laquelle l’amant se cachait… pour des raisons subliminales sans doute mais que le pékin ne décrypte pas ! Passe aussi en revue quelques comédiens célèbres avec lesquels elle a joué, égrenant ses étapes avec ce ton de la philosophie souriante et cet humour discret, en terminant sur cet aphorisme du poète Henri Michaux glissé dans les plis de son cœur : « Tenter d’être le musicien de sa vie ».

Georges MASSON.                                                                                             

                      "Mon dieu comme vous avez changé...

            et vous avez encore de la mémoire à votre âge !"


de et par Colette Allègre

 

                             

Publié dans autour du théâtre

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annie 04/05/2012 11:42

L'idée de départ est alléchante, tu me diras ce que tu penses du spectacle...
Bonne journée !