Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 08:30

La signification réelle de la fable reste controversée jusqu’à aujourd’hui. Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique tandis que Keynes mit en avant la défense de l’utilité de la dépense.
Parue dans un premier temps en 1705 
sous la forme d’un poème intitulé La Ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gensThe Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest en anglais,
la première version ne fut guère remarquée.
Rééditée en 1714 avec un commentaire extensif en prose, elle est bientôt devenue célèbre pour son attaque supposée des vertus chrétiennes.

La Fable des abeilles, développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l’égoïsme. Il avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts. 1

Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles,
et que les vices privés contribuent au bien public
tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire.

Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.

Les vices des particuliers sont les éléments nécessaires du bien-être et de la grandeur d’une société. L’Angleterre y est comparée à une ruche corrompue mais prospère et qui se plaint pourtant du manque de vertu. 
Jupiter leur ayant accordé ce qu’ils réclamaient, la conséquence est une perte rapide de prospérité, bien que la ruche nouvellement vertueuse ne s’en préoccupe pas, car le triomphe de la vertu coûte la vie à des milliers d’abeilles.

Mandeville est largement considéré comme un économiste et un philosophe sérieux. Il a publié en 1729 une deuxième édition de la Fable des abeilles, avec des dialogues étendus exposant ses vues économiques. Ses idées au sujet de la division du travail s’inspirent de celles de William Petty. Ces positions ont violemment choqué l’opinion de son époque et ont été combattues par la plupart de ses contemporains[5].

L’idée selon laquelle les « vices privés font le bien public » a inspiré nombre d’auteurs dont Adam Smith2 ou Ayn Rand dans la Vertu d’égoïsme.

Néanmoins, la théorie de Mandeville est bien plus forte, il soutient qu'une société ne peut avoir en même temps morale et prospérité et que le vice, entendu en tant que recherche de son intérêt propre, est la condition de la prospérité.

Par Claire - Communauté : lectures "critiques"d'ouvrages
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