EXTRAITS http://calenda.revues.org/nouvelle8401.html Théâtre : le monologue contre le drame ? Publié par Sylvain Lesage

Publié le par Claire

Le monologue contre le drame ? Université d’Artois, Arras,  12-13-14 mars 2008
Coordonné par Françoise Heulot-Petit
Equipe d’accueil « Textes et cultures », axe « Praxis et esthétique », Université d’Artois.
 
Le monologue est souvent considéré dans la réflexion critique sur le drame comme une forme par défaut, une tentation à laquelle il ne faut pas succomber.
 
 Le dialogue est l’élément constitutif du drame, la base solide du conflit intersubjectif.
 La théorisation classique du drame voit
en partie
le monologue comme une tentation du lyrisme ou de l’épique, qu’il faut éviter au nom de la vraisemblance et de la pureté générique.
Il est donc récusé, sauf à être investi de fonctions précises de préparation, de commentaire ou d’explicitation de l’action dramatique dialoguée.
 Pourtant, le monologue prend progressivement, et surtout à partir de la fin du XIXème siècle, une place plus importante au sein du drame.
 Quand les dialogues se vident de leurs contenus dialogiques, les personnages s’enferment dans des monologues parallèles, qui parfois se croisent de manière presque arbitraire.
 Le monologue contamine l'échange intersubjectif et renvoie chacun à son ressassement solitaire d’un passé et d’une histoire personnelle.
 Dans la dramaturgie contemporaine, le personnage raconte encore et se raconte mais la dimension lyrique ronge l'épique et le récit s’effrite.
 Le drame subsiste mais transformé, la parole prend en compte une structure musicalisée.
L’autre tentation du monologue est portée par la tension interne qu’il propose à l’auteur , depuis le théâtre antique et les monologues du Moyen-âge jusqu’aux dramaturgies contemporaines.
Parole d’une seule coulée qui se déverse, parole polyphonique, le monologue fait entendre des mots pris en charge par une seule instance énonciative qui peut se faire plurielle dès lors qu’elle convoque d’autres paroles passées.
 Cette relation à l’autre introduit un mouvement et
conserve la dimension dramatique suscitée par la présence effective de l’autre -le public-
ou la simulation de la présence (par un système d’adresses).
       L’action perdure grâce à la lutte instaurée dans la parole.
 Dans la pièce monologuée contemporaine, cette lutte s’inscrit entre soi et l’autre en soi.
                 Ce dédoublement constitue un conflit porteur de tensions.
 Face à la révélation qui peut devenir provocation, le public éprouve sa place.
Ainsi, qu’il soit un moment isolé dans une pièce dialoguée ou un long temps de parole dans une pièce monologuée,
le monologue est une prise de parole individuelle dans le lieu apparemment vide de la scène.
  Cette solitude est le temps d’une mise à nu qui donne à voir une forme d’identité. Mais le monologue questionne tout aussitôt l’autre, celui auquel le solitaire s’adresse
. Le monologue reste soliloque, parole pour soi ou devient dialogue avec Dieu, avec l’autre absent, ou avec l’autre en soi, repoussant les frontières de l’altérité
. La représentation de la solitude se fait donc un lieu d’observation de l’articulation du moi et du monde.
L’objet de ce colloque est d’interroger les constituants du monologue à travers les siècles (du théâtre antique au théâtre contemporain), de mieux saisir à la fois les enjeux d’une forme (le monologue dans le drame et le drame dans le monologue) mais aussi de cerner quelle perception du personnage se dégage de cette parole individuelle, quel rapport à l’autre se dessine et quelle place est accordée au spectateur dans cette forme de confrontation.
Les analyses pourront porter sur les dramaturgies françaises et étrangères. Les propositions s’attachant au théâtre jeune public sont également les bienvenues.  

Publié dans autour du théâtre

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