// Didi-Huberman : " Je vois ce que je vois " ? http://www.crdp.ac-grenoble.fr/artsculture/domaines/jour_archi/felixfaure.htm

Publié le par Claire (C.A.-L.)

EXTRAITS d'un texte de  Jacques FELIX FAURE ( école d'architecture de Strasbourg ) 2002

 

(voir aussi pour rejoindre Didi-Huberman, un excellent article de  Isabelle DAVY, "What you see is what you say"

                   http://www2.univ-paris8.fr/dela/etranger/pages/5/davy.html )

                                          

                                          " Je vois ce que je vois " ? 

" Die " Le cube de Tony Smith 1.83 x 1.83 x1.83 m, œuvre de 1962,

                        peut introduire notre réflexion.

Smith est né en 1912 la même année que Pollock et Rothko dans il fut l'un des plus proches amis.

Une forme très simple, tellement simple qu'on l'oublie pour commencer à percevoir d'autre choses…

Ce cube n'est qu'un cube, une forme sans anecdote. 

Mais on a aussitôt envie d'ajouter : il est massif, il est en acier et il a la taille d'un homme.

 Puis si on précise notre regard, on voit que chaque face à sa particularité et que notre regard s'y arrête. 

Déjà on voit que l'on ne peut le réduire à sa seule géométrie.

Porte-t-il pour autant à la croyance ? 

S'agit-il de voir dans le mystère de cet objet quelque chose de l'ordre du religieux ?

 Pourtant il est en acier, matériaux industriel, qui ne porte en lui rien de tel. 

Sa taille n'est ni celle d'un monument, ni celle d'un objet. Il n'est ni archaïque, ni design.

 Il dépasse l'opposition entre le géométrique et l'humain.

Peut-être, pose-t-il de manière brutal le problème de la forme et de l'homme ?

Comme si cette forme nous disait que l'homme n'est pas là, absent : DIE.

Ou peut-être nous évoque t-il la mort ?

On sent que l'on est loin du simple regard, tout notre être est concerné, ce qui est devant nous vient en nous et ce qui en nous passe dedans.

Je suis soudain tellement concerné par ce cube géométrique ! comme si c'était lui qui nous regardait, comme si je l'habitais et qu'il m'habitait…

A travers cet objet qui est là, se produit un travail intérieur et virtuel de la mémoire de tout ce qui n'est pas là.

Le visible et l'invisible… Les œuvres d'art nous permettraient-elles d'avoir accès à l'inévidence des choses non pas de façon théorique mais de manière sensuelle ?

 

Publié dans citations. Notes.

Commenter cet article