Remontée d'un article de 2012 sur Pierre Boulez dont on vient d'apprendre la mort " "Dérive" de Pierre BOULEZ, exprime bien le principe de germination..." Greffe / Transplantation / Prolifération.

Publié le par Claire

Plus qu’aucun autre titre, "Dérive" exprime bien le principe de germination qui caractérise la pensée musicale de Pierre Boulez.
Reprenant souvent un fragment d’œuvre ancienne qu’il greffe pour donner « naissance à une autre plante ». "Je prends quelque fois un fragment d’une œuvre aboutie, explique Pierre Boulez, mais un fragment qui n’a pas été utilisé, ou que ne l’a été que très sommairement,
et je le greffe, pour qu’il donne naissance à une autre plante.
Ce sont des pièces qui sont des sortes entre des œuvres plus longues, et souvent, je m’y concentre sur un problème donné."
La composition musicale qui a toujours été celle de Pierre Boulez,
par transplantation,
refontes
et développements successifs ou parallèles
(ce que le compositeur désigne volontiers sous le terme général de « prolifération »).
L’œuvre révèle deux parties. La première, marquée « très lent, immuable », déroule un tapis harmonique insensiblement mouvant, orné des délicates volutes formées par des groupes incessants de petites notes.
De cette perpétuelle ondulation sonore émergent à distance irrégulière des notes d’appui qui offrent à l’oreille un pôle momentané et dessinent une ligne mélodique longuement étirée.
Dans la seconde partie, qui présente un élargissement progressif du tempo auquel succède un resserrement ramenant au tempo initial, la mélodie prend le pas sur l’harmonie.
              Dévoilement de l'étrangeté. La conscience du temps en musique contemporaine
                      L'ambiance est donnée par le poème ''L'origine de la parole " d'Yves Bonnefoy.
La lumière était si intense ! Réverbérée de partout, refluant des dalles et des murs, des voûtes même, des palmes, elle décolorait les êtres, les choses, brûlait leur ombre : rien donc en ce qui existait là, périssait là, n'indiquait plus qu'il y avait de la matière sous l'apparence, n'en accusait plus le hasard, on eût dit le présent sans fin, l'espace sans ici ni ailleurs, les essences seules à être dans leur ample bruissement clair d'air qui monte en vibrant au-dessus d'un feu.
Et je comprenais que l'été est le langage. Que les mots naissent de l'été 

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