D.ERIBON sur N. ELIAS...

Publié le par Claire

titre : pour Elias, l'individu n'existe jamais autrement que dans son essentiel et constitutif rapport aux autres. Il n'y a pas de formes a priori et universelles de l'entendement, il n'y a pas de sujet libre et autonome : il n'y a que des situations historiques et sociales dans lesquelles les hommes sont insérés.
La société, c'est comme une danse de pavane ou de quadrille : essayez d'isoler les gestes de l'un des danseurs, ils paraîtront vides de signification. C'est l'ensemble qui donne un sens aux mouvements de chacun. C'est la configuration. Ou plutôt les configurations, selon le niveau où l'on veut placer l'analyse : ce peut être la ville, le groupe familial, la nation, etc.
Il serait sans doute injuste de réduire à quelques thèses abstraites une pensée aussi riche, appuyée sur tant de démonstrations limpides et concrètes.
Mais il faut aussi insister sur un autre point l'oeuvre d'Elias est un coffre à trésors, qui contient bien des clés pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Elle distille au fil des pages mille et un aperçus sur la question du racisme et de l'intégration, sur la structure des états nationaux, ou encore sur la revendication des droits de
l'homme.
A une époque où semble renaître la vieille philosophie des professeurs qu'il a tant combattue, dans laquelle le ressassement éternel des textes de Kant remplace la réflexion créatrice, chacun verra au prisme de ces deux joyaux qui paraissent aujourd'hui ce que penser veut dire.
DIDIER ÉRIBON
« Norbert Elias par lui-même »,Fayard,190 p

Publié dans citations. Notes.

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