Archives d'octobre 2010 - ma découverte d'Erwin Trum (1929 - 2001)

Publié le par Claire

En octobre 2010, une rencontre Poésie- Pontiffroy-Metz en l'honneur de Philippe Marchal, créteur de la revue Travers,  est annoncée  par Alain Helissen :Philippe Marchal sera accompagné de quelques amis : Michel Sirey, Stéphane Koziak, Tatiana Kecojevic, Sonia Iannone et Claude Billon. André Faber jouera quelques airs de ruine-babines (harmonica).  Il sera bu « cul sec » un poème de Joël Gross à la santé d’Erwin Trum."

Et c'est ainsi que

j'ai pour la première fois entendu parler d' Erwin Trum, ce peintre franco-allemand, né à Munich en 1928, mort à Nîmes en 2001. C'est à Metz qu'il a commencé à peindre en 1958 Dix ans plus tard, en 1968 " il rompt un temps avec la peinture, détruit une grande partie de ses œuvres et se consacre à la littérature et à l'écriture(...)"

Et puis

 le texte  de Joël Gross m'a donné envie d'en savoir plus sur Erwin Trum : merci à lui !

Pour vous aussi en savoir davantage sur lui et sur son oeuvre, consultez son site http://erwin.trum.monsite-orange.fr/index.html . Voici, en plus du texte en lien avec le texte de Christian Bizeul,  2  extraits de chroniques journalistiques : 

celle de François Ernenwein ( La Croix,  Mai 2005)

  Erwin Trumqui aurait dit : « Pfff, mes tableaux finiront chez Emmaüs, et moi au cimetière de l’Est» (à Metz).

"... a appartenu au club des vivants, tellement habité par ce désir de vie qu’il refusait d’enfermer une partie du monde dans un sujet et un cadre. Il cherchait simplement, humblement, dans chacune de ses toiles à rendre compte du chaos général qui l’inquiétait tant. Tentatives obstinées pour lui donner un début de forme, manière aussi pour lui d’organiser un peu sa révolte. Mais la question du sens l’habitait peu. Il refusait, pour s’y être frotté durement, les grands systèmes d’explication du monde. Son œuvre est le récit, assez pur, d’une destinée très humaine, la sienne."

 

et trois ans plus tôt, celle de Richard Sourgne ( Le Républicain Lorrain, Février 2002). 

"Voici un art d’une beauté à la fois hiératique et explosive ; une peinture conciliant ce qu’on croyait inconciliable ; le grouillement et la pose, l’ordre et le chaos, le figuratif et l’abstrait, l’ancien et le moderne. Ces impressions que nous livrent nos sens, Trum les a dépassées, fondues, rendues vaines, comme pour dire qu’au fond tout cela n’a guère d’importance, et que la vérité est ailleurs : non pas dans les tableaux, mais dans le regard de celui qui les a peints. Que nous montrent ces toiles ? A première vue, des sujets épiques, mythiques ou sacrés : batailles, fêtes navales, combats de titans, cartes du tendre pour pastorales, postulants pour odyssées, scènes religieuses… Mais si on s’approche, ce figuratif à l’ancienne se brouille et s’efface. Ne restent que des geysers de bleus, éruptions de rouges, cascades de jaunes, glissements d’ocres et de bruns. Ce qu’on prenait pour des scènes de genre un rien figées, se révèle plein de torsions, d’éclatements, d’évaporations brutales, d’une barbarie des couleurs qui fait disparaître l’impression première. On dirait que Trum a fait la synthèse de tout ce qui a été peint par le passé, en y ajoutant son commentaire personnel : en injectant l’ironie dans les sujets les plus graves, le doute dans les évidences les plus nettes. Les quelques lignes accompagnant ses œuvres renforcent cette interprétation.
Tout est relatif, tout est autre chose, rien ne compte sinon ce que l’homme est capable de projeter sur le monde, et dans le cas du peintre, rien sauf ce jeu avec les couleurs et les formes.
Erwin était grand, autant qu’il m’en souvienne. C’est ainsi que je me le représente devant ses toiles : grand comme un arbre foudroyé, le cerveau ouvert laissant s’épancher des couleurs et des rêves, des fulgurances et des visions…"

 

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