A CONSULTER http://pierre.verny.free.fr/index.htm ainsi que http://pierre.verny.free.fr/boites/pb02.htm

Publié le par Claire

                Encore une découverte le photographe Pierre VERNY

 

faite grâce à la préparation de la soirée poésie "Hommage à Kléber Drouhin"

 

Pierre Verny
photographe

Né en 1931 à Sainte-Austreberthe (Pas de Calais), ouvrier sidérurgiste d'entretien à Sollac pendant plus d'un quart de siècle (1954-1981), Pierre Verny, que la crise de la sidérurgie Lorraine a libéré du travail purement alimentaire, photographie depuis 1976 le paysage industriel de la région.

Son objectif a fixé la plupart des grèves et manifestations organisées dans la secteur de Thionville et dans la vallée de la Fensch. De 1985 à 1992, il participe à l'aménagement du site de Sainte-Neige (Neufchef Hayange) où a été reconstituée une mine de Fer. Depuis le début des années 1990, il se consacre à une recherche plus personnelle, sur le portrait, ainsi que sur la matière et les formes dans le paysage de l'estuaire de la Gironde.


   

 

 

                                                                  TEXTE de  François Perche, écrivain ****

                                                                                   

                                                           L'usine abandonnée de Pierre Verny

 

Le regard de Pierre Verny est tout de pudeur retenue.

La clarté y émerge de l'ombre, simplement.

Ce qu'il nous montre à voir c'est un constat,

et en même temps un paysage d'affection.

La lumière se fait impalpablement

à cette poussière palpable du temps.

Elle recueille la vie laissée en suspens.

C'est la vie, et on ne sait plus que c'est la vie.

Ce sont des traces, entrées dans la mémoire,

des signes recueillis avec pudeur.

Ce sont des indices,

suggérés par son regard lumineux d'enfant,

la suggestion merveilleuse de la continuité du monde,

même après sa disparition.

Pierre Verny est entré dans l'usine abandonnée

sur la pointe des pieds,

sans effraction, comme la lumière.

Avec son regard, il ne cerne pas les objets,

mais les absorbe.

C'est très profond ce que nous ressentons.

Avec son regard, il entre dans le silence,

le fait vibrer de sa propre présence,

tranquille et calme.

Pierre Verny, c'est ce qui reste du langage

avant les mots.

Ce que nous avons dans notre propre regard,

c'est l'inaltérable.

L'usine a été rasée,

mais les objets sont là, infiniment.

Leur présence, au delà de l'abandon,

dans leur solitude tremblante d'émotion.

Le silence.

Ce n'est pas le silence, c'est la main.

C'est la main de l'ouvrier,

qu'il fait naître derrière la réalité apparente de ces objets,

qu'il a installée dans son regard.

La main de l'ouvrier qui écrit la fin de l'histoire.

 

  François Perche***http://www.sgdl-auteurs.org/francois-perche/index.php/pages/Biographie

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