Partager l'article ! sur Philippe Jaccottet par Jean-Michel MAULPOIX cf Site (TLP) Toute la poésie, communauté poétique internationale: Notes sur Philippe Ja ...
Notes sur Philippe Jaccottet (né en 1925).
Revendication de l' ignorance cpdt ni naïveté, ni innocence :
« nous ne sommes plus en un temps où l'on puisse feindre l'innocence : le savoir est là, plus envahissant que jamais . ».
Mais ignorance positive, raison d'être de la poésie inaptitude fondamentale de la créature
à connaître la mort,
l'absolu,
l'au-delà,
l'infini,
=>nécessaire humilité du poète qui veut la juste mesure de ce qu'il est
et de ce qu'il peut accomplir dans le langage pour dire la précarité de l'homme « qui avance dans la poussière », il « n'a que son souffle pour tout
bien, pour toute force qu'un langage peu certain » .
Effacement, retrait, désir de justesse." que l'effacement soit ma façon de resplendir »
Présence d'une voix qui s'interroge tout haut sur elle-même et ce qu'elle peut dire:
« Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante
avec cette voix sourde et pure un si beau chant ?
»
===> Recherche d'1 langue transparente qui noue l'homme au monde dans un lien de simplicité et
d'étrangeté.
Modèle : Le haïku "poésie sans
images, une poésie qui ne fit qu'établir des rapports, sans aucun recours à un autre monde, ni à une quelconque explication."
La principale vertu de cette langue de verre serait de laisser passer la lumière et d'offrir un accès furtif au sens qui se dérobe.
Des mots comme « clairière », « verger », « paroi », vont ainsi dessiner dans la poésie française des
années 50 une sorte de géographie aléatoire de l'Etre et du sens. Ils se trouvent essentialisés. Ils construisent un paysage préservé,
aux antipodes de la cité.
La langue poétique ressemble à ce dont elle parle, et devient à son tour telle un archipel de sites surdéterminés, de lieux de résistance. Comme si la modernité avait besoin de dresser, en
face de l'éphémère et du contingent dont elle est la conscience et la voix, des points de référence où le sentiment de l'éternité viendrait se loger sans occulter pour autant la précarité de
la créature qui l'éprouve .
"Je crois bien qu'en tout verger, l'on peut voir la demeure parfaite: un lieu dont l'ordonnance est souple, les murs poreux, la toiture légère; une salle si bien agencée pour le mariage de l'ombre et de la lumière que tout mariage humain devrait s'y fêter, plutôt qu'en ces tombes que sont devenues tant d'églises."
Pour lui, la tâche ultime de la poésie consiste à transcrire une expérience singulière qui porte en elle-même sa nécessité. A la façon des Rêveries du promeneur solitaire, il en décrit soigneusement le cadre et les circonstances. Il confie à l'écriture le soin de répercuter des échos dont le monde sensible est la source et dont l'homme est à la fois le témoin et le lieu de résonance.