Partager l'article ! Bribes lacunatoires : notes éparses, élaguées, en-formées, lors du colloque de Metz des 19 et 20 mars 2008, sur le vers libre: COLLOQUE INTER ...
COLLOQUE INTERNATIONAL :
« Le vers libre, de 1886 à 1914 :
naissance, discours et réception »
Organisé par le Centre Ecritures – Metz
Sous la direction de
Catherine Boschian-Campaner
Voici où trouver les actes du colloque :
Les textes réunis dans ces actes s'attachent à l'émergence du vers libre, avec ses présumés précurseurs, Mallarmé, Laforgue, Verlaine et Rimbaud, et des pionniers tels que Vielé-Griffin, Krysinska et Louÿs.
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Le rythme est le mouvement même de la pensée.
Le rythme est le geste, la marche ou l’allure de l'image de l'idée dont le poète s'empare.
Les mots traduisant, eux, la couleur, le parfum, la sonorité de cette image.
Le rythme est dynamique ou statique.
Toute forme pour être forme a des limites. La poésie est faite d'unités syntaxico-rythmiques
Le rythme claudélien, élan mesuré de l’âme correspond à un nombre, toujours le même qui nous obsède et nous entraîne, comme un tout compact contenu et clos, emplissant sans repos la durée entière de notre souffle où il nous faut reprendre haleine. Le verset là finit, conclut le mouvement même de la pensée.
C'est une danse poétique enlacée à une combinaison numérique.
Contagion. Enivrant entraînement.
Religieux. Eternité. Etirement.
Apogée. Ressenti personnel exacerbé.
"Elle court comme un cheval tout nu./Je la vois s’affolant brisant tout se brisant elle-même". In Le Partage de midi.
Chute tonale. Dilatation du rythme et de la pensée. Harmonie pénétrante
Le vers libre tend à l’identité du vers et de la pensée
L’élément unique le couple d’une brève et d’une longue, est la traduction de la pulsation qui ne cesse de compter le temps, dans notre poitrine. Modulation palpitante de gonflements et de détentes.
« Prose banale = longues successions de syllabes faibles ou répartition fantaisiste des accents »
Accent tonique est peu marqué, en français. S'il est posé sur tous les mots, il fait violence à la langue.
Accent d’impulsion ou oratoire y supplée en donnant le mouvement initial du vers ou de la strophe;
Accent de groupe ou sur le mot final.
Accent et césure sont comme inséparables.
Rime à concevoir comme soulignement, exaltation de l'accent tonique.
Quand l'accent est sur l'enjambement ou sur le rejet, on entend moins le mot qui ferme le vers précèdent.
Forte tension
Utopie du vers libre (selon Mallarmé) qui prétend enfermer en l’expression la matière même des objets
« chant sans faille ni rupture ».
Rêve idéaliste « réunir des choses étrangères ». Réunification originelle édénique et cratylique.
De Baudelaire à Reverdy et Breton, par Proust : saisir par l’oreille les rapports les plus éloignés.
Au centre du symbolisme : regret de l’unité.
Mythe du cri original sonore et mythique.
Le verset est une forme-miroir. C'est l' en-vers du vers libre. (En-droit, lui.)
Le verset : Zone – tampon entre prose et vers libre.
« Le verset est la stance de l’abstrait »
Rimbaud parle du « grand vers harassé ».
Une écriture capable de se dissoudre et de se resserrer….Une fluente et grise monotonie. Eternelle mélopée, falote. Mise en vibration de la chute parfaite ralentie et élégiaque
Pierre QUILLARD (1892)
« tout livre de littérature libre et désintéressé qui ne demande aucun secours aux « bons sentiments » coutumiers de la classe bourgeoise, implique un acte de mépris et de révolte à l’égard de la société contemporaine. » DIEUZAYDE
Parole poétique : symbole retenu sur son corps. Ne passe plus dans le récit
Symbole : apparition lacunaire simultanément audible par le visible et l’invisible.
Incarner : produire une image pour un regard. Image qui défigure l’imitationet loge au cœur du visible l’empreinte d’une faille.
VIELE-GRIFFIN, poète symboliste français, né aux Etats-Unis ( Virginie) le 26 avril 1864 et mort le 11 décembre 1937 en Touraine. Avec Gustave Kahn, il fut l'un des théoriciens du vers libre.
« le talent devra resplendir ailleurs que dans les traditionnelles et illusoires »difficultés vaincues » de la poésie rhétoricienne.
« L’art ne s’apprend pas seulement, il se recrée sans cesse/ il ne vit pas de tradition, mais d’évolution »