Extraits de "L'art contre les masses": la création décalée de Gérard CONIO

Publié le par Claire

                    Esthétiques et idéologie de la modernité

Les querelles des anciens et des modernes  qui viennent réactiver périodiquement la vie culturelle sont donc à la fois vaines et indispensables.

Loin d'évincer les "classiques", les modèles, l'esthétique moderne,
par l'usage de la parodie, de la déconstruction, les a intronisés, les a constitués en pôles de référence.

Toute la création du XXème s. a été aimantée par le regard sur le passé.

                                         L'ère des ruptures

Comme les événements de l'histoire les idées que l'on sème derrière soi s'éclairent sous le regard rétrospectif.
Elles se déchiffrent comme un palimpseste sous la loupe du temps et dévoilent leur organisation secrète à l'auteur ébahi, devenu le témoin lucide et impuissant de sa propre vie.
Le dévoilement de l'histoire se confond avec le dévoilement de soi-même et on découvre sous la moire des illusions passées la trame qui constitue l'essence de la création.
A ce point de retour sur soi, la vie dite réelle disparaît presque sous cette autre vie, la vie des idées, la vie des textes dont le sens n'apparaît clairement que lorsqu'il est décalé, dans sa splendide inutilité....


La création décalée met en jeu les vertus productives de l'intervalle, l'intervalle entre soi et soi, entre le présent et le passé, qui en émigrant des arts du temps, la musique puis le cinéma, vers les arts de l'espace, la peinture et l'architecture, a fécondé à travers le montage et le collage la relation entre le monde du dedans et le monde du dehors, déconstruit la représentation et transformé notre relation à notre environnement.
(à suivre)

Publié dans citations. Notes.

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