Ce que nous voyons...Georges DIDI-HUBERMAN

Publié le par Claire

                                    Les Editions de Minuit Ce que ns voyons, ce qui nous regarde


     "Sentir l'aura d'une chose, c'est lui conférer le pouvoir de lever les yeux  "

                 C'est là une des sources même de la poésie. (Walter BENJAMIN)


Non pas hallucination, mais regard oeuvré par le temps, qui laisserait à l'apparition le temps de se déployer comme pensée, au temps de  redevenir du temps. " On entend par  aura d'un  objet offert à l'intuition,    l'ensemble des images qui, surgies de la mémoire involontaire, tendent à se grouper autour de lui."

Auratique serait l'objet dont l'apparition déploie,

au-delà de sa propre visibilité,

"ses images" en constellations qui s'imposent à nous comme autant de figures associées.


C'est ainsi que s'entrelacent dans l'aura la toute puissance du regard et celle d'une  mémoire qui se parcourt comme on se perd dans "une forêt de symboles"


C'est tout le trésor  du symbolique- son arborescence structurale,

...Quand  le travail du symbolique parvient à tisser cette trame tout-à-coup singulière,  à partir d'un objet visible, il le fait littéralement apparaître comme un élément visuel unique et il le transforme...car il se rend capable d'appeler un lointain dans la forme proche.


Freud
             Lieu paradoxal de l'esthétique : lieu de "ce qui suscite l'angoisse en général".

Lieu où ce que nous voyions fait signe au-delà du principe de plaisir.

C'est le lieu où voir c'est perdre et où l'objet de la perte sans recours nous regarde.

L'objet est devant nous comme s'il ns surplombait et c'est pourquoi il nous tient en respect devant  sa loi visuelle. Il nous tire vers l'obsession, présent, témoin et dominant tout à la fois. Il se donne à nous comme s'il devait fatalement survivre à notre regard et à nous-même. Nous voir mourir en quelque sorte.
Entre mémoire et propension du désir; la répétition > le revenant (hantise/retour inquiétant des images)
>double; l'objet inversé contre la disparition du moi, mais qui signifie cette disparition (mort) quand il nous apparaît et nous regarde.
Double = inhumanité d'1 forme autonome "vivante" de sa propre vie d'objet pur, efficace jusqu'au diabolique.

Visualité comme apparition étrange, unique de quelque chose"qui devait rester secret, dans l'ombre et qui en est sorti"

Menace de la perte, de l'absence. La désorientation se manifeste, quand naît une limite qui s'efface, qui vacille  entre réalité matérielle et psychique.
Joyce : " fermer les yeux pour voir"


la porte ultime image dialectique pour clore-ou laisser ouverte- cette fable du regard.

Le cube de Tony Smith est à la fois obstacle et trouée visuelle;

Porte devant nous pour que nous ne franchissions pas son seuil, pour que nous craignions de le franchir, que nous différions sans cesse la décision de faire le pas.

Là se suspend notre regard entre le désir de passer, de toucher au but et le deuil interminable de n'avoir jamais pu toucher au but.

Publié dans citations. Notes.

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personne en particulier 13/09/2010 19:13


Pourquoi écrire en texto ?
du coup j'ai pas envie de lire.
Et pourtant Dieu sais que le sujet m'intéresse...


Claire 14/09/2010 06:47



Dommage, pour vous, sans nom.


Mais vous avez une solution et Dieu sait que c'est la meilleure, puisque le sujet, dîtes-vous, vous intéresse,


...celui de vous reporter aux oeuvres complètes de Georges DIDI-HUBERMAN.