Théâtre Notes prises in "Le Langage s'entend"...cf Michel GUERIN, "De la tragédie grecque à la doctrine chrétienne"

Publié le par Claire

                 "De la tragédie grecque à la doctrine chrétienne" Michet GUERIN


         La pensée aristotélicienne (paradigme mimétique) a connu une longue carrière.
Loin de déstabiliser le modèle, la pensée chrétienne ( augustinienne surtout) l'a conforté : en "surdéterminant" l'action par le verbe.


              Le drame chrétien prolonge la tragédie attique mais la modifie.

La tragédie est représentation d'une action. la doctrine chrétienne fait de la vie humaine un drame, dont la structure doit s'approcher d'une  imitation de la vie du Christ.


Le Seigneur est le maître des signes. Il règle leur relation aux réalités, programme leur vocation à s'abolir dans la réalité vraie (ipsa veritas) qu'ils symbolisent.
Ni la mimesis grecque, liée à la praxis,
ni l'imitation chrétienne, guidée par le véritable amour, caritas, révélé dans la démesure immotivée par le mystère de l'incarnation, ne contestent que les visibles, audibles et intelligibles  sont EPARS, SEPARES, "AUTRES".


Si une interprétation est nécessaire, c'est à cause de cette dissémination des signes au départ dont la cause est la  condition de l'homme qui est chair...

Le pathos et l'éros brouillent le logos, et leurs mouvements l'emportent sur l'entendement  (parfois l'homme conspire à son malheur alors même qu'il recherche le bonheur.)
Le principe "beatum esse velle" est légitime mais la voie est mauvaise, parce que

le BIEN que l'amour convoite est vain et illusoire : la cupiditas = faux amour, amour abusé, par lui-même.

Caritas#cupiditas; impasse de la cupiditas qui mime la voie royale de la caritas.


L'interprétation est brouillée par l'horizon de passion sur lequel elle bute parasitée par ses effets pathétiques et corporels.

Cf Pascal : l'homme est égaré dans le dédale de ses propres contrariétés; il interprète les signes de travers.

La souffrance nous cloue sur la planche de la passivité basique, en partage à tous, elle éloigne de l'exutoire d'un dire.


Les signes se dispensent dans le désordre(+/- opaques). Le désordre est en même temps  pondéré par l'ordre de l'action et ce pâtir subsiste jusque dans l'agir car il est impossible de se décharger de son corps, à la fois handicap et instrument.
Les signes ayant un avenir d'action ( ou d'intellection = les symboles ) passent par le corps, les sens, non sans entrer en collusion (par osmose) avec des signes qui trahissent le passé immédiat du corps, sa voix à lui, ( les symptômes).

Action symbolique (je veux dire...) et passion symptômatique ( mon visage marque la douleur que j'aimerais dissimuler) sont en concurrence. = courts-circuits de sens.
Donc hétérogénéité totale des signes ( par la parole, l'écriture, le geste , le spectacle) + s'ajoute , (en les parasitant), l'incohérence des signes pratique, (multiplicité hétéroclite)
ET défi pour l'interprétation, le  domaine psychologique où règne l'inconscient :  principe d'ordre du désordre.
             THEATRE : point ou espace de résolution du sens par lui-même contrarié.

Dimension de trouble, de dispersion première ( panique sémiotique) double bind de l'homme débordé de toutes parts par ses signes.
                                        Ubris ( grec) et excès de mal ( chrétien)
Theoria et theatrôn, se retrouvent dans l'expérience fondamentale religieuse chrétienne.

Ils postulent un  lieu où les anamorphoses et les déformations imposées par le corps et sa sensorialité plurivoque finissent par composer une image cohérente.
L'interprétation, dès qu'elle s'assure de l'assiette fournissant le point de vue, fonctionne comme un  rassemblement de signes éparpillés

et simultanément, comme une remise à leur place.


Ils sont secondaires : ce ne sont que des signes : s'ils servent en second, c'est parfait, mais s'ils se complaisent à leur spectacle, alors, ils répandent le vide, la vanité, le mensonge et l'oppression...( et donc, ils véhiculent quelque chose d'autre, de l'ordre d'une  forme de désespérance...)

Publié dans autour du théâtre

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